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Poésie

Posts Tagged ‘larme’

DISGRACE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Goyō Hashiguchi
    
DISGRACE
Inconnu

Mon âme est comme dissoute,
tant j’ai laissé couler de larmes, sur ma couverture de gaze ;
et la cruelle insomnie ne me laisse pas rêver.

Malgré la nuit avancée, une musique et des chants,
retentissent dans un pavillon, proche du mien.
Mon teint n’est pas fané encore…

Pourquoi donc l’Empereur ne m’aime-t-il plus ?…
Ainsi, jusqu’au jour, douloureusement,
je m’interroge, assise auprès du brasero…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon
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VOLUPTÉ (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
VOLUPTÉ

Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous laissèrent évanouies dans les roses.
La sueur chaude coulait comme des larmes, de nos aisselles sur nos seins.
Une volupté accablante empourprait nos têtes renversées.

Quatre colombes captives, baignées dans quatre parfums, voletèrent au-dessus de nous en silence.
De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondée d’essence d’iris.

Ô lassitude! je reposai ma joue sur le ventre d’une jeune fille qui s’enveloppa de fraîcheur avec ma chevelure humide.
L’odeur de sa peau safranée enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.

Je dormis, mais un rêve épuisant m’éveilla : l’iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait éperdument au loin.
Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s’élevait peu à peu vers la lune, dans l’air.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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IMPATIENCE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Odilon Redon
    
IMPATIENCE

Je me jetai dans ses bras en pleurant,
et longtemps elle sentit couler mes larmes chaudes sur son épaule,
avant que ma douleur me laissât parler :

« Hélas Ah! je ne suis qu’une enfant; les jeunes hommes ne me regardent pas.
Quand aurai-je comme toi des seins de jeune fille
qui gonflent la robe et tentent le baiser ?

« Nul n’a les yeux curieux si ma tunique glisse ;
nul ne ramasse une fleur qui tombe de mes cheveux ;
nul ne dit qu’il me tuera si ma bouche se donne à un autre. »

Elle m’a répondu tendrement :
« Bilitis, petite vierge, tu cries comme une chatte à la lune et tu t’agites sans raison.
Les filles les plus impatientes ne sont pas les plus tôt choisies. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ÉTREINTE ÉPERDUE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
L’ÉTREINTE ÉPERDUE

Aime-moi, non pas avec des sourires, des flûtes ou des fleurs tressées,
mais avec ton coeur et tes larmes, comme je t’aime avec ma poitrine et mes gémissements.

Quand tes seins s’alternent à mes seins, quand je sens ta vie contre ma vie, quand tes genoux se dressent derrière moi,
alors ma bouche haletante ne sait même plus joindre la tienne.

Étreins-moi comme je t’étreins ! Vois, la lampe vient de mourir, nous roulons dans la nuit;
mais je presse ton corps mouvant et j’entends ta plainte perpétuelle…

Gémis ! gémis ! gémis ! ô femme ! Éros nous traîne dans la douleur.
Tu souffrirais moins sur ce lit pour mettre un enfant au monde que pour accoucher de ton amour.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA COLOMBE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
LA COLOMBE

Depuis longtemps déjà je suis belle; le jour vient où je ne serai plus femme.
Et alors je connaîtrai les souvenirs déchirants,
les brûlantes envies solitaires et les larmes dans les mains.

Si la vie est un long songe, à quoi bon lui résister?
Maintenant, quatre et cinq fois la nuit je veux la jouissance amoureuse,
et quand mes flancs sont épuisés je m’endors où mon corps retombe.

Au matin, j’ouvre les paupières et je frissonne dans mes cheveux.
Une colombe est sur ma fenêtre; je lui demande en quel mois nous sommes.
Elle me dit : « C’est le mois où les femmes sont en amour. »

Ah ! Quel que soit le mois, la colombe dit vrai, Kypris!
Et je jette mes deux bras autour de mon amant,
et avec de grands tremblements j’étire jusqu’au pied du lit mes jambes encore engourdies.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MORT VÉRITABLE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration
    
LA MORT VÉRITABLE

Aphrodita! déesse impitoyable,
tu as voulu que sur moi aussi la jeunesse heureuse aux beaux cheveux
s’évanouît en quelques jours.
Que ne suis-je morte tout à fait !

Je me suis regardée dans mon miroir : je n’ai plus ni sourire ni larmes.
O doux visage qu’aimait Mnasidika, je ne puis croire que tu fus le mien !

Se peut-il que tout soit fini !
Je n’ai pas encore vécu cinq fois huit années, il me semble que je suis née d’hier,
et déjà voici qu’il faut dire : On ne m’aimera plus.

Toute ma chevelure coupée,
je l’ai tordue dans ma ceinture et je te l’offre, Kypris éternelle !
Je ne cesserai pas de t’adorer.
Ceci est le dernier vers de la pieuse Bilitis

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il restera de toi… (anonyme?)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Il restera de toi
ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert
En d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d’autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

(anonyme)

 

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Retour (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018




Retour

Ce fut un jour de peine,
Quand jadis je fis mes adieux :
D’angoisse encore plus vive
Le jour où ensuite je revins.
Les espoirs du voyage
Anéantis d’un seul coup!
Ô heure malheureuse!
Ô jour funeste!

j’ai beaucoup pleuré
Sur la tombe de mon père,
des larmes amères
Sont tombées sur la dalle.
La chère maison paternelle
M’est apparue si vide et si triste
Que j’ai dû la quitter bien souvent
Pour gagner la forêt obscure.

Dans son espace ombragé
J’ai oublié toute douleur.
Par de doux rêves
La paix est revenue dans mon coeur.
Le doux éclat des jeunes fleurs,
Les roses et l’ébat des alouettes
Ont éclairé mon sommeil
A l’ombre d’un hêtre.

(Friedrich Nietsche)

Illustration

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Je n’ai jamais eu de larmes que pour toi (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Je n’ai jamais eu de larmes que pour toi,
ô Amour inconnu.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Ô mon idole, où est ton temple ? (Djellâl-Eddîn-Roûmî)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
« Je demandais : ô mon idole, où est ton temple ? »

Elle me répondit :
« Dans les débris de ton coeur ruiné.
Je suis le soleil : mes rayons pénètrent dans tes décombres,
ô passionné, que ton palais s’écroule !»

Et encore :
« En ta présence, je ne dors pas à cause de tes charmes.
Sans ta présence, je ne dors pas à cause de mes larmes.
Ô Dieu ! en ces nuits je veille… »

(Djellâl-Eddîn-Roûmî)

 

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