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Poésie

Posts Tagged ‘larme’

Il était une fois (Cathy Delanssay)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




    
Il était une fois un roi dont la plus jeune fille, lorsqu’il faisait très chaud,
aimait se rafraîchir au bord d’une fontaine cachée dans les bois.
Là, elle s’amusait avec son jouet préféré, une magnifique balle en or,
qu’elle lançait et rattrapait sans jamais se lasser.

Un jour, la balle lui échappa et plouf ! tomba dans l’eau de la fontaine,
qui était si profonde qu’on n’en voyait pas le fond.
Aussitôt, la jeune fille se mit à pleurer des torrents de larmes.

Une affreuse grenouille sortit alors la tête de l’eau.
« Je crois pouvoir t’aider, coassa l’animal.
Mais que me donneras-tu si je rapporte ton jouet ?

– Tout ce que tu voudras ! s’écria la princesse.
Mes habits, mes bijoux, et même ma couronne

Je ne veux ni tes habits, ni tes bijoux, ni ta couronne !
répondit la grenouille.
Je veux seulement être ton amie et pouvoir m’asseoir à ta table,
manger dans ta petite assiette,
boire dans ton petit verre et dormir dans ton petit lit.

(Cathy Delanssay)

 

Recueil: Le Roi Grenouille
Traduction:
Editions: Lito

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Que comprendre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



    
que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Je suis dans le rire (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



je suis dans le rire
qui va de lèvre en lèvre
moi les caresses
sur tous les seins
moi les larmes
de tous les yeux
sans rien comprendre
je serre la vie
dans mes bras

(Henri Meschonnic)


Illustration

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Voici que le silence a les seules paroles (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



    

Voici que le silence a les seules paroles
Qu’on puisse, près de vous, dire sans vous blesser ;
Laissons pleuvoir sur vous les larmes des corolles ;
Il ne faut que sourire à ce qui doit passer.

À l’heure où fatigués nous déposons nos rôles,
Au même lit secret les dormeurs vont glisser ;
Par chaque doigt tremblant des herbes qui nous frôlent,
Vous pouvez me bénir et moi vous caresser.

C’est à votre douceur que mon sentier m’amène.
De ce sol lentement imprégné d’âme humaine,
L’oubli, lent jardinier, extirpe les remords.

L’impérissable amour erre de veine en veine ;
Je ne veux pas troubler par une plainte vaine
L’éternel rendez-vous de la terre et des morts.

(Marguerite Yourcenar)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Les Charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: La Flûte enchantée

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Point de retour sans aller (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration
    
Point de retour sans aller

Le fleuve de larmes et de sang
S’évapore en brume légère
Se condense en nuages flottants
Retombe en pluie fertile,
Tout le perdu est repris
Source et mer sont retrouvailles

Point d’aller sans retour

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Retrouvailles fugitives (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration:  Gustave Wertheimer
    
Retrouvailles fugitives

Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.

Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil

Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

 

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HESPÉRUS (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Edward Burne-Jones
    
HESPÉRUS

Hespérus le jour s’est enfui
La rosée tombe silencieuse
Sur mainte fleur perle une larme
Et la vie du ciel est en toi

Hespérus, le soir qui descend
Nous enveloppe de douceur
On dirait qu’un enfant respire
Quand le jour rencontre le soir

Hespérus la fleur qui se ferme
Sur le sol humide s’endort
Comme pleut sans bruit la rosée
Et qu’alentour le ciel respire

Hespérus, ta lueur clignotante
Rayonne dans le bleu du ciel
Et dit au voyageur en route
La terre sera pardonnée

***

HESPERUS

Hesperus the day is gone
Soft falls the silent dew
A tear is now on many a flower
And heaven lives in you

Hesperus the evening mild
Falls round us soft and sweet
Tis like the breathings of a child
When day and evening meet

Hesperus the closing flower
Sleeps on the dewy ground
While dews fall in a silent shower
And heaven breathes around

Hesperus thy twinkling ray
Beams in the blue of heaven
And tells the traveller on his way
That earth shall be forgiven

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Entre nos voix la nuit viendra dormir enfin (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
entre nos voix
la nuit viendra dormir enfin
tes mains seront presque aussi claires
que des larmes
d’un pas tout juste un peu plus jeune
nous irons consoler les rues inconsolables
nous traduirons en gestes invisibles
l’adieu du vent
nous jetterons des fleurs depuis les ponts
dans l’eau hâtive

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Après les remparts dans le quartier de l’Océan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Après les remparts
dans le quartier de l’Océan
vivait Khalti Samar

À son grand désespoir
son mari ce mécréant
ne buvait que du café noir

«Pourquoi boire du thé?
disait-il d’un air critique
Son goût est beaucoup trop sucré
et il amollit la logique

Prenez n’importe quelle démente
donnez-lui un thé à la menthe
et elle vous contera des histoires
que vous écouterez jusqu’au soir!

Qu’Allah me protège du merveilleux
qui s’insinue même dans les coeurs
des plus malingres et des plus vieux
pour leur faire croire au bonheur!

Faut-il que je cède au rêve
de mon épouse Samar la douce
et que pour son tajine aux fèves
le savoir je repousse ?

Faut-il que je rie ?
Faut-il que je pleure?
Faut-il que j’aille voir le cadi
pour lui parler sans candeur ?

Ah! Samar la grâce de tes yeux
est un tel baume une telle richesse
Tu ne sais pas ma sécheresse
quand tu allumes tes feux

Je suis chandelle entre tes mains
assoiffé de ta lumière
Je veux vivre entre tes seins
jusqu’à ma larme dernière»

Ainsi parlait le mari de Khalti Samar
quand elle lui versait du café noir

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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En revenant du puits (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
En revenant du puits
vois ce que j’ai cueilli
un joli brin
de romarin

Ne dis pas que je t’ai trahi
À chaque jour sa peine suffit
Et mets ta main
sur mon blanc sein

Sur ta joue la larme essuie
Nos jours ne sont pas de suie
Mange le pain
cuit à dessein

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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