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Poésie

Posts Tagged ‘larmes’

Devine qui te tient ? (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Lors je songeai comme Théocrite chantait
Les douces années, chères et désirées,
Qui chacune semble d’une main gracieuse,
Porter un don aux mortels, jeunes ou vieux.
Et, comme je rêvais dans sa langue antique,
Je vis, peu à peu à travers mes larmes,
Les douces, tristes, mélancoliques années
De ma vie, qui tour à tour ont jeté
Une ombre sur moi. Soudain, je sentis
En pleurant, qu’une forme mystique bougeait
Derrière moi, et me tirait par les cheveux,
Et d’une voix impérieuse dit, comme je luttais…
« Devine qui te tient ? » – « La Mort », dis-je. Mais
La réponse d’argent tinta : « Non, l’Amour. »

(Elizabeth Browning)

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Citerne tarie (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



Citerne tarie

Lâche j’ai vu partir l’Art ma dernière idole,
Le Beau ne m’étreint plus d’un immortel. transport,
Je sens que j’ai perdu, car avec l’Art s’envole
Cette extase où parfois le vieux désir s’endort.

Trente siècles d’ennui pèsent sur mon épaule
Et concentrent en moi leurs sanglots, leurs remords.
Nos mains ont désappris le travail qui console.
Pas un jour où, poltron, je ne songe à la mort.

Sourd à l’illusion qui tient les multitudes,
Je me traîne énervé d’immenses lassitudes,
Tout est fini pour moi, je n’espère plus rien.

Tu bats toujours pourtant, coeur pourri, misérable!
Ah! si j’étais au moins, comme autrefois, capable
De ces larmes d’enfant qui nous font tant de bien!

(Jules Laforgue)


Illustration: Gilbert Garcin

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N’écoute pas battre ton cœur: c’est une étrange peine (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage

M’enchante, et ton rire pareil
Au vif éclat des armes ;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n’est ombre vaine.
La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton cœur:
C’est une étrange peine.

(Paul-Jean Toulet)


Illustration: PIERRE-YVES VIGNERON

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Le vin nouveau (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le vin nouveau

Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne
, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.

(Hédi Kaddour)

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La seule liberté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018


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La seule liberté, le seul état de liberté
que j’ai éprouvé sans réserve,
c’est dans la poésie que je l’ai atteint,
dans mes larmes et dans l’éclat
de quelques êtres venus à moi
de trois lointains,
celui de l’amour me multipliant.

(René Char)

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Depuis maintes années (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Depuis maintes années cent fois je fus
brisé, vaincu, puis blessé et tué
par toi, de ma faute ; or, le chef chenu,
vais-je encor me fier à tes sottes promesses ?

Que de fois as-tu lié, que de fois dénoué
mes pauvres membres, et tant piqué mon flanc
qu’à peine en moi-même je puis rentrer,
baignant ma poitrine d’un flot de larmes.

Je te parle, Amour, de toi je me plains,
libéré de tes leurres : à quelle fin
prendre l’arc cruel et tirer en vain?
C’est honte d’offrir à la scie, aux vers
un bois calciné, ou courir après
qui a perdu la souplesse et l’élan.

Mes yeux ont ouvert l’huis à mon venin,
quand aux âpres dards livrèrent passage.
Nid et refuge ai offert aux doux regards
en ma mémoire, que rien n’effacera.

Endure est mon coeur, et mon sein soufflet
pour forger les soupirs dont tu me brûles.

(Michel-Ange)

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Derrière les larmes de l’enfant (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



Derrière les larmes de l’enfant
même le cerisier en fleur
ne sourit plus.

(Jean-Hugues Malineau)


Illustration: Jill Greenberg

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Cet enfant de jadis (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



Cet enfant de jadis, qu’enfant moi-même,
Un jour je fis pleurer d’effroi,
S’en souvient-il?
Vit-il encore?
Ou si l’unique trace de ses larmes
Est dans mon coeur?

(Charles Vildrac)


Illustration

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Tombé le vent (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Tombé
le
vent,
j’ai vu
dans l’eau
ta bouche mouillée de larmes.

(Jean Joubert)

Illustration: William Bouguereau

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Le froid (Philistin Panger)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Le froid

Et le vent? violent, glacial, dans le sang.
Ressens-tu aussi, ce froid saisissant?
Fuir, courir, agir pour lutter,
il est bien trop tard, il t’a rattrapé !

Et la pluie? violente, glaciale, sur la peau.
là, tu ressens sur toi couler cette eau
glissante, pénétrante, et infinie,
ton corps tout entier se flétrit.

Et la peur? violente, glaciale dans le ventre,
tu la ressens parfois lorsqu’elle entre.
Protéger, abriter, cacher pour oublier,
la peur est là, bien enfermée.

Et la peine? violente, glaciale dans le cœur.
Tu saignes, tu gémis, quelle douleur,
hurlante, déchirante, et jamais ne finie.
Ton âme cherche toujours une autre vie.

Et les larmes? violentes, brûlantes dans les yeux.
je ne me souviens plus de ce que je veux.
Effondré, écroulé, enterré, je me meurs,
Les paupières lourdes comme des heures.

(Philistin Panger)


Illustration

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