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Poésie

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Mes désirs ne sont point lassés (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2020



Illustration: Zinovy Shersher
    
Mes désirs ne sont point lassés.
Donne-moi tes baisers, maîtresse!
Je n’en aurai jamais assez.
J’en veux boire jusqu’à l’ivresse.

Donne-moi tes baisers! Encor!
Je veux boire à ta bouche rose.
Tu me dis, et j’en suis d’accord,
Que c’est toujours la même chose;

Mais c’est toujours nouveau pourtant!
Je suis un buveur peu sévère,
De ceux qui boivent tant et tant
Qu’ils se noient au fond de leur verre.

Folle, il faut te griser aussi.
Laisse-toi donc faire, et sois ivre !
Donne tes baisers, comme si
Tu n’avais plus qu’un jour à vivre.

(Jean Richepin)

 

 

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Il pleut, il pleut bergère (Philippe Fabre d’Eglantine)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020




Il pleut, il pleut bergère
Presse tes blancs moutons
Allons sous ma chaumière
Bergère vite allons
J’entends sous le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit
Voici, venir l’orage,
voici l’éclair qui luit

Entends tu le tonnerre ?
Il roule en approchant
Prends un abri bergère,
à ma droite en marchant
Je vois notre cabane
Et tiens voici venir
Ma mère et ma soeur Anne
qui vont l’étable ouvrir

Bonsoir, bonsoir ma mère
Ma soeur Anne bonsoir
J’amène ma bergère
Près de nous pour ce soir
Va te sécher, ma mie
Auprès de nos tisons
Soeur, fais lui compagnie
Entrez petits moutons

Soignons bien, oh ma mère,
Son tant joli troupeau
Donnez plus de litière
A son petit agneau
C’est fait allons près d’elle
Eh bien donc te voilà
En corset qu’elle est belle
Ma mère voyez la

Soupons, prends cette chaise
Tu seras près de moi
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage,
Il a lassé tes pas

Eh bien voilà ta couche,
Dors-y bien jusqu’au jour,
Laisse moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour
Ne rougis pas bergère,
Ma mère et moi demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main

(Philippe Fabre d’Eglantine)

Illustration

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CONSEILS AU POÈTE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Josh Fancher
    
CONSEILS AU POÈTE

Sois comme l’eau
celle de la source et celle des nuages
tu peux être irisé ou même incolore
mais que rien ne t’arrête
pas même le temps
Il n’y a pas de chemins trop longs
ni de mers trop lointaines
Ne crains ni le vent
ni encore moins le chaud ou le froid
Apprends à chanter
sans jamais te lasser
murmure et glisse-toi
ou arrache et bouscule
Bondis ou jaillis

Sois l’eau qui dort
qui court qui joue
l’eau qui purifie
l’eau douce et pure
puisqu’elle est la purification
puisqu’elle est la vie pour les vivants
et la mort pour les naufragés

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI

Quoi! toujours toi, quand rien de moi ne t’aime,
De ma personne indétrônable roi,
Ô monotone et tenace moi-même,
Gui parasite au sein d’un meilleur Moi!
Traînant partout tes humeurs inégales,
Tes muscles mous et tes nerfs anxieux,
Et ton cœur sec et tes sens vicieux,
Tes viles soifs, tes grossières fringales,
Quoi! toujours toi!

Quoi! toujours toi, toujours avide et vide,
Tenté d’agir, vautré sur le tapis,
Bouffi mais creux, arrogant mais pavide,
Menteur, jaloux, glouton, paillard et pis!
Jusques à quand faut-il que je t’endure,
Plat compagnon à mes pas attaché,
Fâcheux démon en mon ange caché,
Suppôt d’orgueil, d’envie et de luxure?
Quoi! toujours toi!

J’ai beau vouloir te noyer dans les veilles,
Dans le travail, le plaisir et le vin :
Sous mon habit toujours tu te réveilles
Aussi présent, aussi banal et vain.
Hôte indiscret, en moi tu fais demeure;
Toujours chassé tu ramènes toujours
Tes bas désirs et tes pauvres amours,
Et pas un être en qui te perdre une heure…
Quoi! toujours toi!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Un port est un séjour charmant (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Un port est un séjour charmant
pour une âme fatiguée des luttes de la vie.
L’ampleur du ciel,
l’architecture mobile des nuages,
les colorations changeantes de la mer,
le scintillement des phares,
sont un prisme merveilleusement propre
à amuser les yeux sans jamais les lasser.
Les formes élancées des navires, au gréement compliqué,
auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses,
servent à entretenir dans l’âme le goût du rythme et de la beauté.
Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique
pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler,
couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle,
tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent,
de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

(Charles Baudelaire)

 

 

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Souvent, nous suivons à la trace des rêves (Claude Mourthé)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Ana Cruz 3

Souvent, nous suivons à la trace des rêves
qui, sans se lasser, nous entraînent
par les mêmes chemins.
Nous les croyons connus, parce qu’ils défient le temps.
Mais le promeneur angoissé est-il toujours le même

(Claude Mourthé)

Illustration: Ana Cruz

 

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Dans mon rêve parfois je te vois revenir (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



 

Bogdan Prystrom 00

Dans mon rêve parfois je te vois revenir
pour prendre auprès de moi ta place ;
je ne veux pas savoir qui t‘a dit de partir
ou quel amant soudain te lasse

Dans la paix revenue, les déchirures du Temps
n’offrent plus d’évasions à nos inconséquences
mon amour et ma vie retrouvent leur printemps
pour enfin refleurir délivrés des outrances

Mon corps las se réveille et renie son déclin
pour saisir à nouveau ce passé qui l’escorte,
ma voix tremble d’amour mais près de l’âtre éteint
Maraudeuse ! Ton ombre est morte !

(Pierre Béarn)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

 

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A L’ABSENTE (Georges Druilhet)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



A L’ABSENTE

Que n’es-tu près de moi, sous tes fins cheveux blonds !…
Nous qui parle pouvoir d’un coup d’œil nous troublons,
Nous, poètes pensifs qu’une parole enivre,
Avons besoin surtout de tendresse pour vivre.
Sans la femme et le guide amical de sa main,
Nous ne saurions risquer nos pas sur le chemin
Que la vie a tendu de perfides embûches…
— Oh ! lorsqu’en l’âtre clair et gai flambent les bûches,
Je voudrais te sentir ici, près des landiers ;
Ou, quand les vastes cieux semblent incendiés
Au couchant, j’aimerais te conduire à l’orée
Du bois où se diffuse une cendre dorée.
Le crépuscule est doux aux amants. Lorsque à deux
Ils marchent, en suivant un sentier hasardeux,
Leurs mains s’enlacent mieux ; les prunelles en flammes
Eclairent les secrets cochés au fond des âmes ;

Et l’amer sentiment qu’ici-bas tout finit.
Que la feuille s’envole avec l’herbe du nid,
A l’heure où la forêt, veuve d’ombre, abandonne
Sa parure éphémère aux souffles de l’automne,
Cette angoisse des cœurs, si prompte à les saisir
Qu’elle devrait glacer aux veines le désir,
Bien au contraire ajoute à sa toute-puissance…
— Rien ne lasse l’Amour, rien, pas même l’absence,
Tu le sais, puisque loin de toi je rêve encor
A ton visage pur nimbé de rayons d’or.

(Georges Druilhet)

 

 

 

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Julie Longchamp (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Julie Longchamp

Nous allions rêvant sous les chênes,
Ensemble, dans les bois touffus;
Par les soirs aux fraîches haleines
Sont les grands chênes chevelus.

A travers le temps et l’espace
Qui mêlent les flots et les jours,
Sans qu’aucune épreuve nous lasse,
Notre amitié dura toujours.

La voilà froide sous la terre,
Où tout tombe éternellement;
Ce coeur charmant est en poussière,
Esprit, bonté sont au néant.

(Louise Michel)


Illustration: Alexandre Séon

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Culture (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Culture

Elle en avait assez de le répandre
Son doux parfum, la fleur. Ça l’ennuyait
De se voir mettre sur la table.
Elle chercha à projeter une ombre
Plus vaste que dans le jardin.
Comme on l’oubliait, elle se lassa.

Mais moi je m’en suis aperçu.

(Attila Jozsef)

Illustration: Effroyablement Indispensables Jardins

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