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Poésie

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Emmène-moi (Boulevard des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    

Emmène-moi

Je suis comme un grain de sable
Perdu dans l’océan
J’ai perdu mon cartable
J’ai perdu mes parents

Je suis comme l’eau des courants
Fatigué d’ignorer
Si je coule dans le vent
Si je fais que passer

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme une poussière
Si je m’envole un matin
Je retourne à la terre
Je m’en vais et je viens

Je suis comme l’eau des fontaines
Impuissant et lassé
Poussé par ce système
Qui poursuit sans cesser

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme les autres en fait
Je ne saurai jamais
Si je poursuis la quête
Si j’ai laissé tomber

Je suis comme rempli d’espoir
Ce matin je renais
Emmène-moi près du phare
Allons jusqu’aux rochers

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

(Boulevard des Airs)

(Florent Dasque / Jean Baptiste Labe / Jean Noel Dasque / Jeremie Plante / Melissa Doya / Pierre Emmanuel Aurousset / Sylvain Duthu)

 

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Du même pas (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Du même pas

Un soir, hors de la fête,
Tu m’as fait escorte.
La vie nulle part ne s’achève
Mais vient le temps des marées.

Le vent lasse les peines
Demain souffle aux portes,
Rien n’est jamais perdu
De ce qui fut aimé.

(Andrée Chedid)

 

 

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LA FORTUNE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

LA FORTUNE

Si tous les crayons
Que l’on vend à Paris
Écrivaient des chansons
Comme Monsieur Lully
Et si toutes les plumes
Avaient Verlaine au bec
Et chacun sa chacune
On ne vivrait plus qu’avec
La fortune
Quelques tunes
Deux bouquets, trois chansons et la lune
Si tu rêves
Ta vie brève
Passera comme passent les rêves.
la fortune
Quelques tunes
Et de quoi s’en aller dans la lune
Si tout passe
Si tout casse
Si tout lasse
Passe passe

Si tous les vauriens
Qui ne valent rien à Paris
Ne valaient qu’un refrain
De Villon ou de qui
Et si toutes les épines
Avaient la rose avec
Et chacun sa chacune
On ne vivrait plus qu’avec
La fortune
Quelques tunes
Deux saluts trois au revoir et la lune
Si tu chantes
Ta vie lente
Filera comme une étoile filante
La fortune
Quelques tunes
Et de quoi faire briller cette lune
Cette lune
Qui s’allume
Et consume
L’infortune

(Léo Ferré)


 

 

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LE CHANSONNIER (extrait) (Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021



Pétrarque
    
LE CHANSONNIER (extrait)

Comme un pauvre vieillard quitte, pâle et chenu,
Le doux lieu où il a tout son âge accompli,
Laissant en désarroi une tendre famille
Qui voit qu’elle a perdu un père bien-aimé,

Et ensuite s’en va, en traînant son vieux corps
Tout au long des journées extrêmes de sa vie,
S’aide de son vouloir autant qu’il peut le faire,
Épuisé par les ans et du chemin lassé,

Et vient à Rome, obéissant à son désir
De pouvoir contempler l’image de Celui
Qu’il espère là-haut revoir encore au ciel,

Ah! de même aujourd’hui je vais parfois cherchant,
Autant que je le peux, ô dame, chez les autres,
La forme vraie de vous, objet de mon désir.

***

Movesi il vecchierel canuto et biancho
Del dolce loco ov’à sua età fornita
Et da la famigliuola sbigottita
Che vede il caro padre venir manco;

Indi trahendo poi l’antiquo franco
Per l’externe giornate di sua vita,
Quanto piú pò, col buon voler s’aita,
Rotto dagli anni, et dal camino stanco;

Et viene a Roma, seguendo’1 desio,
Per mirar la sembianza di colui
Ch’ancor lassú nel ciel vedere spera:

Cosi, lasso, talor vo cerchand’io,
Donna, quanto è possibile, in altrui
La disïata vostra forma vera.

(Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Il ne manque à l’amour que la durée (René de Chateaubriand)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2021



Illustration: Henri Matisse    
    

[…]
il ne manque à l’amour que la durée
pour être à la fois l’Éden avant la chute
et l’Hosanna sans fin.

Faites que la beauté reste,
que la jeunesse demeure,
que le cœur ne se puisse lasser,
et vous reproduirez le ciel.

L’amour est si bien la félicité souveraine
qu’il est poursuivi de la chimère d’être toujours ;
il ne veut prononcer que des serments irrévocables ;
au défaut de ses joies, il cherche à éterniser ses douleurs;

ange tombé, il parle encore le langage
qu’il parlait au séjour incorruptible;
son espérance est de ne cesser jamais;

dans sa double nature et dans sa double illusion ici-bas,
il prétend se perpétuer par d’immortelles pensées
et par des générations intarissables.
[…]
(René de Chateaubriand)

 

Recueil: Mémoires d’outre-tombe
Traduction:
Editions:

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Mon père, quelle tristesse ! (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



    

Mon père, quelle tristesse !
Aujourd’hui encore lassé de lire le journal,
je me suis amusé avec les fourmis du jardin.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Mes désirs ne sont point lassés (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2020



Illustration: Zinovy Shersher
    
Mes désirs ne sont point lassés.
Donne-moi tes baisers, maîtresse!
Je n’en aurai jamais assez.
J’en veux boire jusqu’à l’ivresse.

Donne-moi tes baisers! Encor!
Je veux boire à ta bouche rose.
Tu me dis, et j’en suis d’accord,
Que c’est toujours la même chose;

Mais c’est toujours nouveau pourtant!
Je suis un buveur peu sévère,
De ceux qui boivent tant et tant
Qu’ils se noient au fond de leur verre.

Folle, il faut te griser aussi.
Laisse-toi donc faire, et sois ivre !
Donne tes baisers, comme si
Tu n’avais plus qu’un jour à vivre.

(Jean Richepin)

 

 

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Il pleut, il pleut bergère (Philippe Fabre d’Eglantine)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020




Il pleut, il pleut bergère
Presse tes blancs moutons
Allons sous ma chaumière
Bergère vite allons
J’entends sous le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit
Voici, venir l’orage,
voici l’éclair qui luit

Entends tu le tonnerre ?
Il roule en approchant
Prends un abri bergère,
à ma droite en marchant
Je vois notre cabane
Et tiens voici venir
Ma mère et ma soeur Anne
qui vont l’étable ouvrir

Bonsoir, bonsoir ma mère
Ma soeur Anne bonsoir
J’amène ma bergère
Près de nous pour ce soir
Va te sécher, ma mie
Auprès de nos tisons
Soeur, fais lui compagnie
Entrez petits moutons

Soignons bien, oh ma mère,
Son tant joli troupeau
Donnez plus de litière
A son petit agneau
C’est fait allons près d’elle
Eh bien donc te voilà
En corset qu’elle est belle
Ma mère voyez la

Soupons, prends cette chaise
Tu seras près de moi
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage,
Il a lassé tes pas

Eh bien voilà ta couche,
Dors-y bien jusqu’au jour,
Laisse moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour
Ne rougis pas bergère,
Ma mère et moi demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main

(Philippe Fabre d’Eglantine)

Illustration

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CONSEILS AU POÈTE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Josh Fancher
    
CONSEILS AU POÈTE

Sois comme l’eau
celle de la source et celle des nuages
tu peux être irisé ou même incolore
mais que rien ne t’arrête
pas même le temps
Il n’y a pas de chemins trop longs
ni de mers trop lointaines
Ne crains ni le vent
ni encore moins le chaud ou le froid
Apprends à chanter
sans jamais te lasser
murmure et glisse-toi
ou arrache et bouscule
Bondis ou jaillis

Sois l’eau qui dort
qui court qui joue
l’eau qui purifie
l’eau douce et pure
puisqu’elle est la purification
puisqu’elle est la vie pour les vivants
et la mort pour les naufragés

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI

Quoi! toujours toi, quand rien de moi ne t’aime,
De ma personne indétrônable roi,
Ô monotone et tenace moi-même,
Gui parasite au sein d’un meilleur Moi!
Traînant partout tes humeurs inégales,
Tes muscles mous et tes nerfs anxieux,
Et ton cœur sec et tes sens vicieux,
Tes viles soifs, tes grossières fringales,
Quoi! toujours toi!

Quoi! toujours toi, toujours avide et vide,
Tenté d’agir, vautré sur le tapis,
Bouffi mais creux, arrogant mais pavide,
Menteur, jaloux, glouton, paillard et pis!
Jusques à quand faut-il que je t’endure,
Plat compagnon à mes pas attaché,
Fâcheux démon en mon ange caché,
Suppôt d’orgueil, d’envie et de luxure?
Quoi! toujours toi!

J’ai beau vouloir te noyer dans les veilles,
Dans le travail, le plaisir et le vin :
Sous mon habit toujours tu te réveilles
Aussi présent, aussi banal et vain.
Hôte indiscret, en moi tu fais demeure;
Toujours chassé tu ramènes toujours
Tes bas désirs et tes pauvres amours,
Et pas un être en qui te perdre une heure…
Quoi! toujours toi!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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