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Poésie

Posts Tagged ‘latin’

Quoi qu’on en dise (Patricia Castex-Menier)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration
    
Quoi
qu’on en dise,

on
se promène toujours un peu

sur
les chemins du langage :

roses
encore plus roses

dans
leurs noms de divas,

fleurettes
drapées dans leur latin,

et
colvert en col blanc.

(Patricia Castex-Menier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Jardins Publics
Traduction:
Editions: Aspect

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Pour m’endormir (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



    

Pour m’endormir, je mets
le masque du sommeil : un léger voile
que je tisse avec les événements du jour
et les mots dont je perds le fil en m’endormant.
Une toile aussi fine que celle de l’araignée
où restent au matin des lambeaux de rêves :
des images prises au piège, les discours décousus
d’un somnambule qui se réveille.

Le masque du cauchemar est un masque de fer
et de bois dur. La corne et l’ivoire,
c’était pour les dieux qui parlaient latin
et les grands mammifères dont on faisait
des trophées. Les bibelots nous suffisent:
la jungle des images a remplacé les grandes battues.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Jeune homme irrité (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Agim Sulaj 55 [1280x768]

Jeune homme irrité

Jeune homme irrité sur un banc d’école,
Dont le coeur encor n’a chaud qu’au soleil,
Vous refusez donc l’encre et la parole
À celles qui font le foyer vermeil ?
Savant, mais aigri par vos lassitudes,
Un peu furieux de nos chants d’oiseaux,
Vous nous couronnez de railleurs roseaux !
Vous serez plus jeune après vos études :
Quand vous sourirez,
Vous nous comprendrez.

Vous portez si haut la férule altière,
Qu’un géant ploierait sous son docte poids.
Vous faites baisser notre humble paupière,
Et nous flagellez à briser nos doigts.
Où prenez-vous donc de si dures armes ?
Qu’ils étaient méchants vos maîtres latins !
Mais l’amour viendra : roi de vos destins,
Il vous changera par beaucoup de larmes :
Quand vous pleurerez,
Vous nous comprendrez !

Ce beau rêve à deux, vous voudrez l’écrire.
On est éloquent dès qu’on aime bien ;
Mais si vous aimez qui ne sait pas lire,
L’amante à l’amant ne répondra rien.
Laissez donc grandir quelque jeune flamme
Allumant pour vous ses vagues rayons ;
Laissez-lui toucher plumes et crayons ;
L’esprit, vous verrez, fait du jour à l’âme :
Quand vous aimerez,
Vous nous comprendrez !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Agim Sulaj

 

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J’ai descendu dans mon jardin (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



J’ai descendu dans mon jardin

J’ai descendu dans mon jardin, (bis)
Pour y cueillir du romarin.

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Pour y cueillir du romarin, (bis)
J’n’en avais pas cueilli trois brins;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

J’n’en avais pas cueilli trois brins, (bis)
Qu’un rossignol vint sur ma main;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Qu’un rossignol vint sur ma main, (bis)
Il me dit trois mots en latin;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Il me dit trois mots en latin, (bis)
Que les hommes ne valent rien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Que les hommes ne valent rien, (bis)
Et les garçons encor bien moins;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Et les garçons encor bien moins, (bis)
Des dames il ne me dit rien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Des dames il ne me dit rien, (bis)
Mais des d’moisell’s beaucoup de bien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

(Anonyme)

Illustration: Céline Decubber

 

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Le vieux tilleul du chemin (Gustave Nadaud)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Quand de ses branches élancées
Les mille fleurs parfument l’air,
Par nous elles sont ramassées;
Les remèdes coûtent si cher!
Nous n’avons pas dans le village
De savant qui parle en latin;
Le médecin qui nous soulage,
C’est le vieux tilleul du chemin.

(Gustave Nadaud)

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Hirondelle qui pars aux Indes (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



Hirondelle qui pars aux Indes
Pourquoi me suivre si longtemps;
Pars sans me plaindre
Et bon vent

Que la rose t’accueille
dans la douceur d’un matin bleu;
Oublie le pays lointain où il pleut
Et cet homme en larmes qui reste seul

(Tristan Klingsor)

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Ce qui sera, quand ce sera, voilà dès lors ce qui est (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



Si je savais que demain je vais mourir
Et que le printemps est pour après-demain,
Je mourrais content, de ce qu’il soit pour après-demain.
Si tel est son temps, quand devrait-il venir sinon en son temps?
J’aime que tout soit réel et que tout soit exact;
Et j’aime ça parce qu’il en serait ainsi, même si je n’aimais pas ça.
C’est pourquoi, si je meurs à présent, je meurs content,
Parce que tout est réel, parce que tout est exact.

Vous pouvez prier en latin sur mon cercueil si ça vous chante.
Si ça vous chante, vous pouvez danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour le moment
où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand ce sera, voilà dès lors ce qui est.

(Fernando Pessoa)

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Petit lapin (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Comert Dogru 2

 

Petit lapin

A tous tes jeux de devinettes
quelquefois je perds mon latin
hier tu étais alouette
et aujourd’hui petit lapin

Tu es dragon ou tu es reine
au pays des vieux continents
et je ne te suis qu’à grand-peine
si tu te fais prêtre anglican

Mais moi aussi je te devine
quand tu mets tes bras à mon cou
que tu deviens fauve et câline
de la houle dans tes yeux fous

Et nous nous enfouissons dans des comas de laine

(Louis Calaferte)

Illustration: Comert Dogru

 

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PROCESSIONS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



PROCESSIONS

Blanches processions, si blanches, si gothiques,
Dans ma Flandre natale, au temps des Fêtes-Dieu !
Blanches comme on en voit, sous un ciel calme et bleu
Emplir de leur lenteur les lointains des triptyques.

Si lentes, dans le bruit des cloches s’animant,
Le bruit des carillons et des cloches bénies
Qui semblaient tout au loin répondre aux litanies
Et mener le cortège au fond du firmament.

Si lentes à marcher sur les herbes coupées
Qui revivaient un peu sous le vent approchant
Des cantiques latins dont le grave plain-chant
Mélancolisait l’air avec ses mélopées.

Si lentes ! on voyait dans les beaux soirs tombants
Des étendards brodés de roses symboliques,
Et les châsses d’argent où dorment des reliques,
Et des agneaux pascals pavoisés de rubans.

Puis s’avançaient, parmi le frisson des bannières,bannières
Tous les enfants de choeur, dans leur rouge attirail,
Aux cheveux de missel, aux robes de vitrail,
Comme dans un parfum d’indulgences plénières.

Des Madones, le coeur traversé de couteaux,
Avec leurs manteaux bleus, aux yeux de pierreries,
Émergeaient au milieu des longues théories
Et souriaient debout sur leurs grands piédestaux.

Des groupes recueillis de pâles orphelines,
Tristes, portaient des lis comme les âmes d’or
De leurs parents défunts qui reviendraient encor
Pour frémir dans leurs mains dévotes et câlines.

Là, l’Église Souffrante en voiles violets
Puis les martyrs chrétiens portant de grandes palmes
Avec les bienheureux du Paradis si calmes
Qui glissent sous leurs doigts les grains des chapelets

L’Église Triomphante est soudain apparue
En rose, tout en rose, en tulle rose et clair,
Couleur de renouveau fleuri, couleur de chair,
Comme un lever d’aurore incendiant la rue.

Puis voici les abbés en dalmatiques d’or,
Les chanoines songeurs dans leurs camails d’hermine,
Tout un cortège grave et lent qui s’achemine
Dans le silence doux du beau jour qui s’endort.

Et tout là-bas, parmi les bleuâtres traînées
Du liturgique encens qui parfumait le soir,
Devant le baldaquin où luisait l’ostensoir,
Les encensoirs volaient, mouettes enchaînées !

Et l’évêque, debout sur le peuple chrétien,
Crosse en main, mitre en tête, élargissait ses gestes,
Comme un semeur jetant, pour les moissons célestes,
Les graines du Seigneur dont il était gardien.

II
Ainsi mon Ame ! Ainsi mon Enfance perdue
Mes amours, mes désirs avaient leurs reposoirs,
Leurs convois blancs marchant dans un bruit d’encensoirs
Et leur dais d’argent neuf pour la Vierge attendue.

Mais la procession n’a chanté qu’un moment
Et mon Ame n’a plus dans le noir de ses rues
Qu’une foule grouillante et d’absurdes cohues
De rêves qui s’en vont mélancoliquement !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Pellerin

 

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