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Les chansons des rues et des bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Henri Martin
    
Les chansons des rues et des bois

Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J’ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S’il faut qu’on pleure ou qu’on danse,
Si les nids jasent entre eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C’est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C’est au mouvement d’oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C’est qu’à travers l’horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?
C’est l’air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m’occupe,
Jeanne ? C’est que j’aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

(Victor Hugo)

 

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En latin en chinois en letton (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
En latin en chinois en letton
à mille voix à l’unisson
en rime ou sans raison
de trente-six façons
je vais te dire
te dire que je t’aime.

Guirlandes et flonflons
serpentins et lampions
flûtes et accordéon
de trente-six façons
je vais te dire
te dire que je t’aime.

De trente-six façons
et même un peu plus
parce que
quand on aime
on ne compte pas
oh non
on ne compte pas.

Alors commençons :

je t’aime comme ci
et comme ça

salsifis
et rutabaga

salé poivré
très épicé

grillé doré
ou crudités

salade de fruits
pizza raviolis

ananas et poule au riz
sans oublier

trois cuillerées
de crème fouettée

Ah oui
l’amour me donne
de l’appétit

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Le Sonneur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Le Sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l’air pur et profond du matin
Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire
Un angélus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas! de la nuit désireuse,
J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d’avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration

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Il Suffira D’un Signe (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2019




Il Suffira D’un Signe

Il suffira d’un signe, un matin
Un matin tout tranquille et serein
Quelque chose d’infime, c’est certain
C’est écrit dans nos livres, en latin

Déchirées nos guenilles de vauriens
Les fers à nos chevilles loin bien loin
Tu ris mais sois tranquille un matin
J’aurai tout ce qui brille dans mes mains

Regarde ma vie tu la vois face à face
Dis moi ton avis que veux-tu que j’y fasse
Nous n’avons plus que ça au bout de notre impasse
Le moment viendra tout changera de place

Et tu verras que les filles oh oui tu verras bien
Auront les yeux qui brillent ce matin
Plus de faim de fatigue des festins
De miel et de vanille et de vin

Il suffira d’un signe…

L’acier qui nous mutile du satin !
Nos blessures inutiles au lointain
Nous ferons de nos grilles des chemins
Nous changerons nos villes en jardins

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

 

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Quoi qu’on en dise (Patricia Castex-Menier)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration
    
Quoi
qu’on en dise,

on
se promène toujours un peu

sur
les chemins du langage :

roses
encore plus roses

dans
leurs noms de divas,

fleurettes
drapées dans leur latin,

et
colvert en col blanc.

(Patricia Castex-Menier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Jardins Publics
Traduction:
Editions: Aspect

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Pour m’endormir (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



    

Pour m’endormir, je mets
le masque du sommeil : un léger voile
que je tisse avec les événements du jour
et les mots dont je perds le fil en m’endormant.
Une toile aussi fine que celle de l’araignée
où restent au matin des lambeaux de rêves :
des images prises au piège, les discours décousus
d’un somnambule qui se réveille.

Le masque du cauchemar est un masque de fer
et de bois dur. La corne et l’ivoire,
c’était pour les dieux qui parlaient latin
et les grands mammifères dont on faisait
des trophées. Les bibelots nous suffisent:
la jungle des images a remplacé les grandes battues.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Jeune homme irrité (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Agim Sulaj 55 [1280x768]

Jeune homme irrité

Jeune homme irrité sur un banc d’école,
Dont le coeur encor n’a chaud qu’au soleil,
Vous refusez donc l’encre et la parole
À celles qui font le foyer vermeil ?
Savant, mais aigri par vos lassitudes,
Un peu furieux de nos chants d’oiseaux,
Vous nous couronnez de railleurs roseaux !
Vous serez plus jeune après vos études :
Quand vous sourirez,
Vous nous comprendrez.

Vous portez si haut la férule altière,
Qu’un géant ploierait sous son docte poids.
Vous faites baisser notre humble paupière,
Et nous flagellez à briser nos doigts.
Où prenez-vous donc de si dures armes ?
Qu’ils étaient méchants vos maîtres latins !
Mais l’amour viendra : roi de vos destins,
Il vous changera par beaucoup de larmes :
Quand vous pleurerez,
Vous nous comprendrez !

Ce beau rêve à deux, vous voudrez l’écrire.
On est éloquent dès qu’on aime bien ;
Mais si vous aimez qui ne sait pas lire,
L’amante à l’amant ne répondra rien.
Laissez donc grandir quelque jeune flamme
Allumant pour vous ses vagues rayons ;
Laissez-lui toucher plumes et crayons ;
L’esprit, vous verrez, fait du jour à l’âme :
Quand vous aimerez,
Vous nous comprendrez !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Agim Sulaj

 

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J’ai descendu dans mon jardin (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



J’ai descendu dans mon jardin

J’ai descendu dans mon jardin, (bis)
Pour y cueillir du romarin.

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Pour y cueillir du romarin, (bis)
J’n’en avais pas cueilli trois brins;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

J’n’en avais pas cueilli trois brins, (bis)
Qu’un rossignol vint sur ma main;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Qu’un rossignol vint sur ma main, (bis)
Il me dit trois mots en latin;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Il me dit trois mots en latin, (bis)
Que les hommes ne valent rien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Que les hommes ne valent rien, (bis)
Et les garçons encor bien moins;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Et les garçons encor bien moins, (bis)
Des dames il ne me dit rien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

*

Des dames il ne me dit rien, (bis)
Mais des d’moisell’s beaucoup de bien;

Gentil coqu’licot, mesdames
Gentil coqu’licot nouveau.

(Anonyme)

Illustration: Céline Decubber

 

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Le vieux tilleul du chemin (Gustave Nadaud)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Quand de ses branches élancées
Les mille fleurs parfument l’air,
Par nous elles sont ramassées;
Les remèdes coûtent si cher!
Nous n’avons pas dans le village
De savant qui parle en latin;
Le médecin qui nous soulage,
C’est le vieux tilleul du chemin.

(Gustave Nadaud)

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