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Poésie

Posts Tagged ‘laurier’

MATINS JOYEUX (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



MATINS JOYEUX

Oh ! les anciens matins de bonheur infini,
De joie inexplicable ! Oh ! les matins tout roses
Où l’on ouvrait son âme à des bonheurs sans causes
Comme à des oiseaux fous qui se trompent de nid.

Oh ! les matins pieux dans le mois de Marie!
On imaginait voir, au loin se prolongeant,
Des floraisons d’azur et des ruisseaux d’argent
Faisant de l’avenir une chose fleurie.

Parmi des encensoirs, des flambeaux, des gradins,
Souriait la Madone en de naïfs jardins,
Tandis que nous servions la messe en robe rouge.

Et nous rêvions alors du jour proche et joyeux
Où nous allions sentir le frôlement qui bouge,
Des premiers lauriers verts dans nos jeunes cheveux !..

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Par le laurier du Sud, l’origan de Lota (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Par le laurier du Sud, l’origan de Lota,
petite reine de mes os, je te couronne,
et qu’elle soit toujours à toi, cette couronne
née de la terre et de la feuille du baumier.
Amour, nous arrivons de nos provinces vertes,
nous en tenons la terre à notre sang mêlée,
nous allons par la ville, ainsi que beaucoup d’autres,
un peu perdus, craignant qu’on ferme le marché.
Ma bien-aimée, ton ombre a l’odeur de la prune,
la source de tes yeux est cachée dans le Sud,
ton coeur est une colombe de tirelire,
ton corps a le poli qu’ont les pierres dans l’eau,
la rosée couvre les grappes de tes baisers,
d’être à côté de toi, je vis avec la terre.

***

Con laureles del Sur y orégano de Lota
te corono, pequeña monarca de mis huesos,
y no puede faltarte esa corona
que elabora la tierra con bálsamo y follaje.
Eres, como el que te ama, de las provincias verdes :
de allá trajimos barro que nos corre en la sangre,
en la ciudad andamos, como tantos, perdidos,
temerosos de que cierren el mercado.
Bienamada, tu sombra tiene olor a ciruela,
tus ojos escondieron en el Sur sus raíces,
tu corazón es una paloma de alcancía,
tu cuerpo es liso como las piedras en el agua,
tus besos son racimos con rocío,
y yo a tu lado vivo con la tierra.

(Pablo Neruda)

Illustration: André Patte

 

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LE SOMMEIL (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Ingrid Tusell  (29)

LE SOMMEIL

Penses-tu que ces fleurs, ces feuilles et ces fruits,
Et cet âpre laurier plus amer que la cendre,
Penses-tu que mes mains pour eux les aient cueillis?

Si j’ai mêlé tout bas à l’onde des fontaines
Les larmes que leur eau pleure encore aujourd’hui,
Crois-tu que j’ignorais combien elles sont vaines?

Si, debout, j’ai marché sur le sable changeant,
Était-ce pour marquer mon pas sur son arène,
Puisqu’il n’en reste rien quand a passé le vent?

Et pourtant j’ai voulu être un homme et me vivre
Et faire tour à tour ce que font les vivants;
J’ai noué la sandale à mon pied pour les suivre.

Amour, haine, colère, ivresse, j’ai voulu,
Par la flûte de buis comme au clairon de cuivre,
Entendre dans l’écho ce que je n’étais plus.

Si j’ai drapé mon corps de pourpres et de bures,
N’en savais-je pas moins que mon corps était nu
Et que ma chair n’était que sa cendre future?

Non, ce laurier sans joie et ces fruits sans désir,
Et la vaine rumeur dont toute vie est faite,
Non, tout cela, c’était pour pouvoir mieux dormir

L’ombre définitive et la nuit satisfaite!

(Henri De Régnier)

Illustration: Ingrid Tusell

 

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IL Y AVAIT DES FEMMES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Il y avait des femmes, grandes et maternelles.
Mystère de leurs jupes douces sur mes bras nus.
Et le soleil ! Les guêpes, prisonnières du couchant,
Glissaient parmi les peines anciennes de la vitre,
Traversaient le losange que chaque été reforme,
Immerge dans la crête transparente des bois.
Un fleuve qui éclate sans troubler mon sommeil
Et s’allonge sans bruit sur le plâtre. Des surprises
Dans les lauriers mouillés. Et puis de ferroviaires
Aventures, au petit jour, tandis que brûlent
Le dernier visage, la dernière porte.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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A l’ombre des lauriers (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Yuri Dubinin - (18) 

A l’ombre des lauriers et des cerisiers roses
Les tourtereaux rêveurs qu’endort le lourd midi
Roucoulent leur amour aux corolles mi-closes.

Et le long des degrés de porphyre des cours
Tintent les cordes d’or des lentes mandolines
Sous les doigts indolents d’un choeur de troubadours.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

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Alors nous n’irons plus au bois (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Remedios Varo Uranga o

Alors nous n’irons plus au bois aux lauriers coupés
Ton âme que voilà ne sait plus voltiger
ne sait plus voltiger ton âme

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Il savait des choses (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 orange   l

Il savait des choses dont la nuit seule apprivoise le langage
et il les semait dans sa nation attentive silencieuse
hâve occulte qui était son raisin et sa farine
Et ces choses étaient l’orange juteuse pour l’heure
jachère pour la clameur de la gorge taciturne
et pour la soif de sa nation qui le voulait homme roi
Le laurier de longue verdeur ne frémissait pas de sa connaissance
et de sa requête debout et de son geste multitude et immobilité
Quand la mémoire l’avait rejeté ce qu’il savait demeurait
Et il le savait dans sa peau et devant sa peau
Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
comme une goutte ailée de miel
pour se poser sur la bouche épouse

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Dennis Wojtkiewicz

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Dis-moi (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



eucalyptus arc-en-ciel [800x600]

Dis-moi si l’eucalyptus endurcit
Ton écorce si la pierre écoute
Toujours le vent si le sable retient
Nos demeures dans l’ardent souvenir
L’attente des eaux entremêle absence
Et retour des mirages Sur les bords ravinés
Se dessèchent les ans comme figuiers avares

Ami des crues las des rives monotones
Noué dans le lit des lauriers amers
Tu cries aux vallées ingrates à pleine gorge
J’emporte vos échos chants bravant l’orage
Noces de feu dans les ciels sauvages
Cette palmeraie née de mes entrailles
Debout entre mes yeux et la mer

(Tahar Bekri)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

 

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Rivage (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Rivage

Ô soeur détournons-nous de ces champs onduleux !
Leur sauvage vouloir et leur grondement noir
N’accueillent que l’oiseau aux ailes agitées
Et ne reflètent que l’éclat chaste des cieux.
Nous nous sommes mentis trop devant la clarté.

Aux verts étangs des fleurs et des mousses s’étalent
Herbes • feuilles • sarments • voguant abondamment :
La vêprée y consacre un autel éternel !
Les cygnes se montrant au détour d’un canal
Sont • mystique et nuptial • un convoi solennel.

Le désir nous emporte au loin du pâle Nord :
Sur ta lèvre en feu jaillissent d’étranges calices –
Et quand ton corps en neige et fleurs va s’écouler
Tous les arbustes vont bruire dans des accords
Et devenir laurier thé et aloé.

***

Strand

O lenken wir hinweg von wellenauen!
Die • wenn auch wild im wollen und mit düsterm rollen
Nur dulden scheuer möwen schwingenschlag
Und stet des keuschen himmels farben schauen.
Wir heuchelten zu lang schon vor dem tag.

Zu weihern grün mit moor und blumenspuren
Wo gras und laub und ranken wirr und üppig schwanken
Und ewger abend einen altar weiht!
Die schwäne die da aus der buchtung fuhren
Geheimnisreich • sind unser brautgeleit.

Die lust entführt uns aus dem fahlen norden:
Wo deine lippen glühen fremde kelche blühen —
Und fliesst dein leib dahin wie blütenschnee
Dann rauschen alle stauden in akkorden
Und werden lorbeer tee und aloe.

(Stefan George)


Illustration: David Caspar Friedrich

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N’aies d’autres dieux devant moi (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Nicolas Poussin veau d'or p

Les murs ne tombent pas
[37]

N’aies d’autres dieux devant moi ;
pas sur la mer

nous ne supplierons Triton ou Dauphin,
pas sur la terre

nous n’élèverons de visage ravi ni de mains jointes
devant le laurier ou le chêne,

pas dans le ciel
nous n’invoquerons séparément

Orion ou Sirius
ou les admirateurs de l’Ourse,

pas dans les hautes sphères de l’air
d’Algorab, Regulus ou Deneb

nous ne demanderons
de l’aide — ou alors, le ferons-nous ?

***

Thou shalt have none other gods but me;
not on the sea

shall we entreat Triton or Dolphin,
not on the land

shall we lift rapt face and clasp hands
before laurel or oak-tree,

not in the sky
shall we invoke separately

Orion or Sirius
or the followers of the Bear,

not in the higher air
of Algorab, Regulus or Deneb

shall we cry
for help—or shall we?

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Nicolas Poussin

 

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