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Poésie

Posts Tagged ‘lave’

Comme la lave (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



Comme la lave
Rampe sous la terre,
Se rassemble,
Arrive à l’ouverture,
Se donne,
Fait la place
A d’autres laves.

(Guillevic)

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EXIL (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




EXIL

Cette manie de me savoir un ange,
sans âge,
sans mort où me vivre,
sans piété pour mon nom
ni pour mes os qui pleurent à la dérive.

Et qui n’a pas un amour ?
Et qui ne jouit pas parmi des coquelicots ?
Et qui ne possède pas un feu, une mort,
une peur, une chose horrible,
même avec des plumes,
même avec des sourires ?

Sinistre délire que d’aimer une ombre.
L’ombre ne meurt pas.
Et mon amour
n’embrasse que ce qui flue
comme lave de l’enfer :
une loge secrète,
fantômes en douce érection,
prêtres d’écume
et surtout anges,
anges radieux comme des couteaux
qui se lèvent dans la nuit
et dévastent l’espérance.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Paul Delvaux

 

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LE VOLCAN (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE VOLCAN

Adorables, les maisonnettes de vignerons sur les coteaux aux belles grappes.
Une chèvre étonnée regarde celui qui regarde le tableau.
Et les foulards multicolores d’un petit peuple heureux s’activent dans la vigne.
Voici le cratère qui laisse errer au ciel sa fine écriture de fumée.
Tout beau, tout beau, mais la principale présence est invisible :
c’est la terrible lave qui va déborder d’un instant et l’autre
et dévaster tout ce bonheur napolitain.

(Norge)


Illustration

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Tu ouvres les volets (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2018



Illustration: Pascal Franche
    
à ceux qui habitent la poésie

Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,
Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,
Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois,
Que fait résonner une très ancienne berceuse.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



L’HOMME EST DERRIÈRE SON REGARD…
A Charles Autrand,

L’homme est derrière son regard
Comme derrière une vitrine
Lavée à grande eau par le jour.

Lui-même est en-deçà, très loin
Il pourrait durer aussi bien
Les yeux clos sur le monde ancien.

Mais il lui faut, sauf à hurler
D’épouvante dans son linceul
Coller son front contre la vitre

Dont l’inaltérable fraîcheur
Le persuade : il est caillot
Dans les bronches du paysage.

Et l’homme broute, à longueur d’homme,
Sans faim, pour ne pas avoir peur,
Des rues, des pays, des automnes.

(Jean Rousselot)

Illustration: Martin Jarrie

 

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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SOUFRE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



SOUFRE

Enfant du feu surgi aux évents de la terre.
Soleil froid des fournaises. En toi se lit encore
la geste des cratères où la terre mua
ses laves en cristaux fauves : ton destin.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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CHRYSOLITHE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



CHRYSOLITHE

Le soleil s’est couché. Vert automne des laves.
Sèves et rêves mêlés du temps qui refleurit.
Déposés sur le glauque des ères. Herpe figée
des mers en feu qui ont tari.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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AGATE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



AGATE

Sur les yeux clos des ères, les cernes de la terre.
Remords du feu. Pleurs et fleurs des silices aux
calices des laves. Méandres de la mémoire éteinte
des volcans. Ocelles. Ocelles irisés. Du temps
qui nous regarde.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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