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Posts Tagged ‘(Léa Goldberg)’

Les étoiles (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Les étoiles

Les étoiles sont très belles –
Des clochettes au cou du ciel
les étoiles sont très belles
même la nuit,
nuit de mon chagrin

(Léa Goldberg)

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Vingt ans après (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Vingt ans après

A
Vingt ans — et comme on dit souvent
«Oui, le monde a bien changé depuis»
Mais ce sentiment n’est pas comme le vin vieux :
Il n’a pas pris de force avec le temps.

Non, crois-moi, ce ne sont pas tes cheveux blancs..
Peut-être est-ce ton regard sans gêne, indifférent,
Où gisent encore les rouleaux cachés de notre vie
Et ce qui, dans le monde, «a bien changé depuis ».

Deux êtres humains, deux parfaits étrangers
De chaque côté d’un abîme de désastres.
Même sur la tombe de nos chers disparus
Nous ne prononcerons plus la même prière.

B
Deux dizaines d’années
Des légions de blanches journées,
Deux dizaines d’années
Devenues un désert dévasté.

Tais-toi, pour l’amour de Dieu!
Comment savoir à qui la faute?
Comme toujours : tu es fautif
Je suis fautive.

Oui entre nous gît le temps,
Les années qui perdent leur sang,
Le cher disparu, le temps,
Que son âme repose…

Et nous, des deux côtés
Comme ennemis après la bataille,
Nos morts sur le champ de bataille
Et pas d’expiation.

(Léa Goldberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: F. Kaufmann
Editions: Gallimard

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Le hamsin de nissan (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



 

Illustration: Jean Goujon
    
Le hamsin de nissan

Je sais bien, ce jour rien n’a changé
Rien n’a eu lieu. Rien ne s’est passé.
Rien qui distingue d’autres jours, d’autres heures,
Signe ou marque, du pire ou du meilleur.

Pourtant le soleil a l’odeur du jasmin,
Pourtant la pierre frémit comme coeur battant,
Pourtant le couchant est couleur de l’orange,
Et le sable avance des lèvres caressantes.

Comment m’en souviendrai-je, anonyme, banal,
Comment conserverai-je sa grâce surgie soudain
Comment croirai-je qu’un de ces jours survint
Où je ne fis plus qu’un avec les éléments.

Où chaque arbre était une voile frissonnante
Où le silence avait le regard d’une enfant,
Où les larmes sentaient bon la nature en fleurs,
Où le nom de la ville ressemblait au nom de mon amour.

(Léa Goldberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: F. Kaufmann
Editions: Gallimard

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L’arbre chante au fleuve (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017




    
L’arbre chante au fleuve

Qui a porté mon automne doré,
Avec les feuilles mortes a ratissé mon sang,
Qui verra revenir mon printemps
Vers lui, au temps de l’année,

Mon frère le fleuve, qui se perd à jamais,
Différent et unique, chaque jour renouvelé,
Mon frère le flot qui glisse entre ses rives
Comme je coule du printemps à l’automne.

Car je suis le bourgeon et car je suis le fruit,
Je suis mon avenir et je suis mon passé,
Je suis le tronc stérile et esseulé,
Et tu es toi — mon temps et mon chant.

(Léa Goldberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: F. Kaufmann
Editions: Gallimard

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Les étoiles (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

Les étoiles

Les étoiles sont très belles –
Des clochettes au cou du ciel
les étoiles sont très belles
même la nuit,
nuit de mon chagrin

(Léa Goldberg)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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Vers moi-même (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016



 

Vers moi-même

Les années ont fardé mon visage
avec la mémoire des amours
et elles ont paré ma tête de tendres fils d’argent
jusqu’à m’embellir si fort.

Dans mes yeux se reflètent
les paysages.
Et les chemins que j’ai traversés
ont rendu droit mes pas
fatigués et beaux.

Si tu me voyais maintenant
tu ne reconnaîtrais plus les jours d’avant –
je vais vers moi-même
avec mon visage que tu recherchais en vain
quand je suis venue chez toi.

(Léa Goldberg)

Illustration: Victor Bauer

 

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