Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘léger’

Il y a dans la lumière des soirs d’automne (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021



Illustration: Vincent Van Gogh
    

Il y a dans la lumière des soirs d’automne
Un charme attendrissant, mystérieux…
La sinistre splendeur des arbres jaunes,
Le bruissement léger des feuillages en feu,
L’azur tranquille et enrobé de brume
Au-dessus d’une terre triste et abandonnée,
Et, comme le présage des tempêtes futures,
De temps en temps des rafales glacées…
Le déclin, l’usure, et partout nous voyons
Ce doux sourire de la flétrissure,
Que chez les hommes nous appelons
La divine pudeur de la souffrance.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR

Lorsque j’entends le soir
le concerto pour clarinette de Mozart,
le temps de la souffrance et de l’ennui s’achève,
soudain je nage dans la lumière dorée de mes quinze ans,
l’ombre de la vieillesse un instant se déchire,
nos deux corps flexibles se joignent
dans le torrent de nos cheveux emportés par le vent:
c’est le ciel de la tendresse que leur plaisir éclaire,
l’angoisse de vivre est devenue légère comme l’air

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

    

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dedans une neige légère (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Dedans une neige
légère est établi
l’ensemble des mondes.
Et, là-dedans, cette autre
neige éphémère qui tombe.

(Ryôkan)

***

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur l aile du vent (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021



Illustration  
    
Sur l aile du vent
Légère et lointaine
L’hirondelle

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

SOUS LE CRÉPUSCULE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Femme-Africaine

SOUS LE CRÉPUSCULE

sous le crépuscule horizontal s’avance
une jeune fille d’un certain pays

on la voit sur la pente verte s’élever
légère ses cheveux flottant dans les arbres

et sa marche et ses bras et sa robe glissent
furtifs entre les nuages et les herbes

qu’en est-il des vals des sommets ou des plaines
qu’elle repousse doucement vers la nuit

vers le regard d’une patience inféconde
l’inoubliable jeune fille du soir

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mouette (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



La mouette

Son aile effleure l’écume blanche d’un vent léger…
Entre lune et soleil,
juste entre sable et ciel,
abreuvée par l’air bleu, elle dessine l’été.

(Linda Bastide)


Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ami trahi m’appelle (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

L’ami trahi m’appelle
Du fond de mon coeur, et s’approche.
Je l’entends monter, dans mon sommeil.
Je crie au dernier pas qu’il fait :
Pourquoi me piétines-tu ?
Puis il s’endort, léger, sur ma poitrine.

***

L’amico tradito mi chiama
Dal fondo del cuore e s’avvicina.
Sento nel sonno che sale.
Io grido all’ultimo passo
Perché mi calpesti.
Poi mi dorme leggero sul petto.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: John Henry Fuseli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les mots ont un visage (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
Les mots ont un visage : ou de silence ou de sang.
Le cheval qui nous domine est tout juste une ombre.
Sans syllabes d’eau, il avance jusqu’à l’automne. Un
arbre étend ses branches. Les nuages demeurent.

Le cheval est une hypothèse, une
passion constante.
Dans le réseau de ses veines court un
sang temporel,
un arbre se déplace avec l’allégresse des feuilles.
Arbre et cheval deviennent un seul être réel.

Caressant l’arbre je sens la force tenace
de la tête du cheval, l’éternité du métal,
l’explosion de l’être. Et moi, feuille légère

dans l’ombre de cet être animal végétal, je
cherche la raison parfaite, l’humilité statique, la
force verticale d’être qui je suis, et l’air.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VENT S’EST APAISÉ (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2021




    

LE VENT S’EST APAISÉ
(Sur l’air « Printemps à Wouling »)
Le vent s’ est apaisé

et la terre exhale
le parfum des fleurs tombées.
Le soir descend,
mais je suis trop lasse
pour arranger mes cheveux.
A quoi bon, pour qui ?
Ses vêtements sont là,
mais lui n’est plus
et rien n’a plus de sens.
Je voudrais en parler,
mais je fonds en larmes.
Les gens disent
que sur le lac
le printemps est encore beau.
Moi aussi, je voudrais y aller
faire un tour dans une barque,
mais je crains
que la barque légère sur le lac
ne puisse pas porter
un chagrin aussi lourd.

(Li Qingzhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :