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Posts Tagged ‘légère’

A une valseuse (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Liz McKay  -ImpressioniArtistiche-7 [1280x768]

A une valseuse

Pendant que vous valsez, belle, gaie et légère
Dans les bras du premier venu,
Et que vous acceptez l’étreinte passagère
D’un étranger, d’un inconnu,

Vous la femme si bonne et la vierge si pure
Ignorant tout du sombre mal,
Vous subissez, modeste et douce, la souillure
Des désirs qu’avive le bal.

Et sans en rien savoir, livrée à la cadence,
Vous ne sentez pas que des bras
Vous possèdent bien plus que n’exige la danse;
Vous valsez et ne pensez pas.

Mais moi qui vous adore et tremble de le dire,
Qui vous aime comme de loin,
Qui connais la vertu de votre cher sourire,
Hélas ! moi qui ne danse point,

Je ne mérite pas cette faveur insigne
De presser vos petits doigts blancs,
Et je n’ai pas le droit, moi l’ami trop indigne,
Qu’a le dernier de vos galants…

Valsez, charmante fée aux jolis pieds agiles,
Qu’on se repasse tour à tour
Comme ces fins bijoux délicats et fragiles
Qu’on admire et qu’on aime… un jour !

(Albert Lozeau)

Illustration: Liz McKay

 

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Locutions des Pierrots (VII) (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (5)

Locutions des Pierrots VII

Coeur de profil, petite âme douillette,
Tu veux te tremper un matin en moi,
Comme on trempe, en levant le petit doigt,
Dans son café au lait une mouillette !

Et mon amour, si blanc, si vert, si grand,
Si tournoyant ! ainsi ne te suggère
Que pas-de-deux, silhouettes légères
A enlever sur ce solide écran !

Adieu. – Qu’est-ce encor ? Allons bon, tu pleures !
Aussi pourquoi ces grands airs de vouloir,
Quand mon Étoile t’ouvre son peignoir,
D’Hélas, chercher midi flambant à d’autres heures !

(Jules Laforgue)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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L’Olivier (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

L’Olivier

L’arbre est maintenant tout pénétré de lumière
Sauf dans une touffe plus serrée en son milieu.
C’est comme une fête légère et changeante
De sa couleur incertaine jouée
Entre son feuillage et l’air qui la baigne :
Un fin gris de verts pétris par le bleu du ciel.
L’oeil s’épuise à démêler de la lumière
Ce qui serait la couleur de l’olivier.

(James Sacré)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Légère et sans visage (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Légère et sans visage,
la profondeur d’en haut s’appuie sur toi. L’indifférent
visage contenu dans la nuit prête au tien de l’espace.

***

Leicht und gesichtlos
lehnt sich von oben Tiefe dir an. Das gelöste
nachtenthaltne Gesicht giebt dem deinigen Raum.

(Rainer Maria Rilke)

 

Illustration: Pablo Picasso

 

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Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas.
Et même, sans amour, je me sens plus légère.
Dans les hauteurs du ciel un vent souffle ample et pur
Et mes pensées ignorent la souillure.

La servante Insomnie a quitté mon chevet,
Je ne me morfonds plus près de la cendre grise,
Et sur la tour l’aiguille courbe de l’horloge
Ne me fait plus l’effet d’une flèche qui tue.

Donc le passé sur moi perd son pouvoir.
La délivrance est proche. Je pardonne
En regardant la lumière qui joue
Sur le lierre mouillé par le printemps.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Solitude (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Solitude

On m’a jeté tant de pierres,
Que plus aucune ne m’effraie,
Le piège s’est fait haute tour,
Haute parmi les hautes tours.
Je remercie ceux qui l’ont construite,
Qu’ils cessent de s’inquiéter, de s’attrister.
De tous les côtés je vois l’aube plus tôt.
Et le dernier rayon du soleil triomphe ici.
Souvent dans les fenêtres de mes chambres
Entrent les vents des mers du nord,
Et le pigeon mange dans mes mains du grain…
Cette page que je n’ai pas finie,
La main brune de la Muse,
Divinement calme et légère,
Y inscrira le dernier mot.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Pierre Puvis de Chavannes

 

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Coule, légère, ô vie qu’on ne sent point (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (2)

Coule, légère, ô vie qu’on ne sent point,
ruisseau au mouvant silence,
glissant sous des arbres oublieux !
Coule, caressante, âme que nul ne connaît,
murmure que nul ne peut voir derrière les longues branches inclinées !
Coule, inutile, coule sans raison,
conscience qui ne l’est de rien,
vague lueur brillant au loin,
au creux des feuilles,
conscience dont nul ne sait d’où elle vient ni où elle va !
Coule, et laisse-moi oublier !

(Fernando Pessoa)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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MADRIGAL (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



MADRIGAL

Du temps qu’on l’aimait lasse d’elle-même
Elle avait juré d’être cet amour
Elle en fut le charme et lui le poème
La terre est légère aux serments d’un jour

Le vent pleurait les oiseaux de passage
Berçant les mers sur ses ailes de sel
Je prends l’étoile avec un beau nuage
Quand la page blanche a bu tout le ciel

Dans l’air qui fleurit de l’entendre rire
Marche un vieux cheval couleur de chemin
Connais à son pas la mort qui m’inspire
Et qui vient sans moi demander sa main

(Joë Bousquet)

 

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Pour m’amuser (Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Pour m’amuser
J’avais pris maman sur mon dos
Elle était si légère
Que j’ai pleuré
Je n’ai pas pu avancer

(Takuboku)

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