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Poésie

Posts Tagged ‘lente’

Pour écouter les choses lentes (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



pour écouter les choses lentes
l’homme abandonne ses lunettes
sur la table ferme les yeux
et renonce à invoquer Dieu

il est tout entier dans l’attente
du seul instant miraculeux
le pur silence où la musique
des vieux objets se laisse entendre

et s’élève roseau si tendre
dans la poussière famélique
et familière de la chambre

et tournoie comme un air de bal
que le feutre du temps dépose
dans la mémoire, pieux bocal

l’homme abandonne ses lunettes
sur le sable ferme les yeux
et renonce à prier le diable
trop étranger aux choses lentes

autour de lui sont les mouettes
crieuses comme à la marée
les harengères patoisantes
aux mains noires et lumineuses

les enfants désertent la plage
le soir vient (et le vent du large)
l’homme attend son regard aveugle

est l’image de son attente
il attend que les choses lentes
de la nuit naissent dans son coeur

(Jean-Claude Pirotte)

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On a peu de temps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



on a peu de temps

dans l’eau lente puis stagnante
on prend sans voir
une figure d’arbre mort
d’oiseau figé

ainsi même des désirs
ou des rêves demeurés rêves
il ne reste vite
qu’un peu de sable clair
ou bien de vase

***

en continu les jours
on tente de s’enraciner
plus loin à l’intérieur
dans quelques visages
quelques poèmes qui durent
au travers de la masse
des actes des sommeils

***

à la longue
on apprend à vivre
de peu
et à tenir
dans ce long combat sans adversaire
sur qui s’appuyer
mémoire
épaisseur mouvante
enlisement
quand dehors
vite
c’est l’affolement matinal et présent du ciel

***

mémoire vaine
les êtres deviennent flous
puis noms retenus sans visage
et puis nuages qui filent
ou bien terre

on continue
avec ceux qui vivent
parce qu’il n’y a rien d’autre

(Antoine Emaz)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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AUX CHOSES LENTES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




AUX CHOSES LENTES

Blasons, prenons le temps de vous bien déchiffrer
prenons le temps de tout compter
et de lire l’écriture fine
que modela la belle inconnue
un jour qu’elle était pâle et nue.
Dans un monde touffu se mêlent
les frissons de la maladie
les armes de la médisance
le visage du laboureur
l’éclat de l’amour inconnu
et les yeux bleus du travailleur
celui au front couvert de signes
s’appuyant au bras de sa fille
portant le poids de sa beauté
traquée à l’abri du corset
femme au regard rejoignant
la douceur d’une feuille qui tremble.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Songe (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



 

Songe

Sur mes seins, mes mains endormies,
Lasses des jeux et des fuseaux,
Mes blanches mains, mes mains amies
Semblent dormir au fond des eaux.

Loin des peines tristes et vaines,
En ce trône de ma beauté,
Calmes, lentes et frêles reines,
Mes mains songent de royauté.

Et seule dans mes tresses blondes,
Et mes yeux clos comme jadis,
Je suis l’enfant qui tient des mondes,
Et la vierge qui tient des lys.

Sur mes seins, mes mains endormies,
Lasses des jeux et des fuseaux,
Mes blanches mains, mes mains amies
Semblent dormir au fond des eaux.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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La paix d’un soir d’aquariums (Jacques Jouet)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



La paix d’un soir
d’aquariums
et de ciels infinis sans interdits de l’intelligence
à suivre l’errance oblique et lente
d’un hippocampe
d’un hippogriffe ou d’une hypothèse
comptant non sans de brusques sautes.

(Jacques Jouet)

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Toute la plaine… (Lucien Noullez)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



Toute la plaine…

Toute la plaine est posée là
comme une laine sur la mort.

Puis lente elle s’effacerait
ne laisserait ici que l’algue du geste

et la mémoire vibrerait encore un moment
dans la blancheur un très petit moment

l’ultime instant cardiaque.

(Lucien Noullez)

Illustration

 

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Je suis l’Arbre (Jeanne Marvig)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Je suis l’Arbre: un tronc droit substantiel et dur,
La lente ascension d’un assemblage pur
De fibres, de rayons, de silence et de sève,
Je suis l’Arbre,une force invincible qui rêve,
La colonne du temple où sans faste et sans bruit
Le firmament s’unit aux mousses dans la nuit.
Je suis l’Arbre porteur de vie et de lumière,
L’eau puisée au cœur sombre et poreux de la terre
Qui rejoint dans l’orgueil du feuillage nombreux
Cette eau vive échappée aux prunelles des dieux.

(Jeanne Marvig)


Merci à J.François Laffont
ici

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J’autorise cette lente pluie d’avril (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2016



 

J’autorise cette
Lente pluie d’avril à tremper
Le lit des violettes.

***

I give permission
For this slow spring rain to soak
The violet beds.

(Richard Wright)

 

 

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La Passante d’Été (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



La Passante d’Été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse,
Celle que l’on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit
Saluée par de beaux messieurs d’autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
Elle exploite la tendre alternative:
S’effaçant un instant à la trop brusque lumière,

Elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.

(Rilke)


Illustration

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Dans cette lente nuit se perpétue le baiser (Lina Lachgar)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



 

Dans cette lente nuit
Se perpétue le baiser
La ferveur est toujours en moi
Tout ce que je fais réfléchit ton absence
Tout est sauvé
Tu restes liée au souffle que je respire
Ne nous hâtons plus
Le lierre a toute l’éternité

(Lina Lachgar)

Illustration: Gustav Klimt

 

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