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Poésie

Posts Tagged ‘lentement’

Le vieil orme (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Lentement
Disparaît
Le vieil orme
Dans le noir de la nuit

(Abbas Kiarostami)

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IL Y A QUELQUES MORTS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



Henri Lebasque nu-sur-tapis-rouge-date-inconnue-henri-lebasque [800x600] 

IL Y A QUELQUES MORTS…

Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
C’est pour te l’annoncer que je viens justement,
Là, sur leur catafalque, — accablante journée
Les corps décomposés pourrissent lentement.

Les vivants errent, vont, décomposés aussi
Leur corps, toute leur chair est moite, transpirée ;
Cela sent le cadavre, ô douce bien-aimée,
Et ce jour, ton sein même a l’air plus amolli.

Verse sur les tapis des parfums enivrants,
Je veux te recouvrir de roses embaumées ;
Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
Les corps décomposés pourrissent lentement.

(George Bacovia)

 Illustration: Henri Lebasque 

 

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CONFIDENCES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Alexander Daniloff

CONFIDENCES

Les cœurs bavardent, les cœurs se disent
Tu bats trop fort…
— Toi, tu bats trop lentement.
— J’ai battu si vite, si vite !
— Et moi pas assez encore…
Tout m’appelle,
Tout m’attire, m’entraine,
Les femmes, les larmes, les livres,
Les villes, les fleuves, le ciel.

(André Spire)

Illustration: Alexander Daniloff

 

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Le palais (Wang Po)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Le palais n’est plus visité que le matin par les vapeurs du rivage
et le soir par la pluie qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement
en se mirant dans les eaux limpides.
Combien d’automnes ont déjà passé sur ce palais ?…
Le jeune roi qui l’habitait a contemplé comme nous ce grand fleuve
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Po)

 

 

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Si j’étais … (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



 

Illustration
    
Si j’étais …

Si j’étais une étoile
je t’attendrais la nuit à ta fenêtre.

Si j’étais un nuage l’été
j’adoucirais le soleil au-dessus de toi.

Si j’étais le vent
je soufflerais doucement sur ton visage quand tu transpires.

Si j’étais un oiseau
je chanterais pour toi jour et nuit.

Mais je ne suis qu’une fourmi
qui voudrait voler tel un aigle
pour te voir du ciel et me poser près de toi.

Si j’étais…

***

IF I were …

If I were a star
I would wait for you at your window at night

If I were a cloud in summer
I would soften the sun above you.

If I were the wind,
I would gently blow your face when you sweat.

If I were a bird
I would sing for you by day and by night

But I am but an ant
longing to fly like an eagle
seeing you from the sky and settle close to you

If I were…

***

倘若我是星星
在黑夜守候您窗前。

倘若我是一片云,夏日
遮挡你头顶上的阳光。

倘若我是阳光
愿在寒冬温暧你。

倘若我是一阵风,
愿在你流汗时轻轻吹拂你的脸。

倘若

我是一只鸟
日夜为你歌唱

可我,只是一只蚂蚁,

我渴望像雄鹰展翅高飞,
翱翔蓝天,凝望你,靠近你

倘若我是…

(Anna Keiko)

 

Recueil:
Traduction: Elisabeth Gerlache
Editions:

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LA VIE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
LA VIE

Comme une fleur éphémère
comme une poignée de neige
qui brille un instant au soleil
et fond
lentement pénètre
se mélange
et se reconvertit
en terre.

(Germain Droogenbroodt)

 

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Tous mes adieux sont faits (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Illustration: Ryszard Miłek
    
Tous mes adieux sont faits. Tant de départs
m’ont lentement formé dès mon enfance.
Mais je reviens encor, je recommence,
ce franc retour libère mon regard.

Ce qui me reste, c’est de le remplir,
et ma joie toujours impénitente
d’avoir aimé des choses ressemblantes
à ces absences qui nous font agir.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Le Désir de peindre (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite,
comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit.
Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante.

En elle le noir abonde: et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond.
Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère,
et son regard illumine comme l’éclair:
c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir,
si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.
Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence;
non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée,
mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent;
non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs,
mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée,
que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie.
Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse,
qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

(Charles Baudelaire)

 

 

 

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Il meurt lentement… (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans ses yeux
et réparent les coeurs blessés.

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux.

(Pablo Neruda)


Illustration: Gilbert Garcin

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LE PRISONNIER (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



LE PRISONNIER

Les idées de Victor étaient comme des briques :
égales, pesantes, aux arêtes vives.
Il se mit à l’ouvrage et bâtit une tour superbe.
Mais la porte fut oubliée.
L’infortuné Victor enfermé par ses briques,
ne trouva plus d’issue
et périt lentement dans sa prison d’idées.

(Norge)

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