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Poésie

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Instructions pour lire mes poèmes (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020




    
Instructions pour lire mes poèmes

pour lire mes poèmes tu dois
être seule au calme dans le presque noir

chaque poème il faut le lire à voix douce lentement
tu dois bien respecter les pauses
que le poète a indiquées
il fait son métier de poème le poème
il ne faut pas l’en empêcher
il accomplit sa destinée
alors si écoute bien si
au détour d’un mot d’une rime ou d’un rien
tu perçois quelque chose en toi
qui bouge
une couleur rouge
quelque chose qui fait un peu mal
aussi un petit peu de bien
ne touche à rien n’arrête pas
le poème fait son travail
c’est tout à fait normal
tu peux retourner en arrière
relire plusieurs fois les mots
le poème est à toi aussi
car c’est pour toi qu’on l’a écrit
tu as le droit d’y revenir d’y poser tes silences à toi
mais mais si tu sens qu’il faudrait t’arrêter
parce que ça te remue fort déjà
et qu’il se passe quelque chose à l’intérieur
cette chose dont tu ne voulais pas
il faut pourtant continuer encore et encore et encore
tant pis pour l’eau qui mouille ta joue
laisse lui faire son métier au poème
parce qu’il veut tellement tellement que tu l’aimes
le poème

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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PAS ENCORE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Abel-Dominique Boyé
    
PAS ENCORE

Souvenir d’un après-midi d’août
dont je ne me souvenais pas
Je rêve un rêve déjà rêvé
puis oublié il y a longtemps

Je dormais sur l’herbe d’été
dans la prairie près de la rivière
Un grand rideau de peupliers
chuchotait sa langue de feuilles
et ses ombres bien alignées

Je rêvais d’une jeune femme
qui de l’autre côté de l’eau
sur l’ancien chemin de halage
marchait dans les herbes hautes

Elle traverse la passerelle d’écluse
et vient lentement à ma rencontre
Elle me sourit et dit à voix basse
« Il est trop tôt pour que ce soit nous »

C’était toi toi l’inconnue
la pas encore reconnue
toi qui n’est pas encore ma vie
mais qui viens vers moi en avance
dans un rêve ancien oublié

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Exil (Bengt Berg)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



 

Illustration: Akbar Behkalam
    
Exil

Dans la ville étrangère au langage incompréhensible
tu marches par des rues inconnues;
tu ne connais même pas le nom de la rivière
dont l’eau coule sous la voûte en pierres
du pont.

Tu es là,
tout seul, dans ton ombre
qui chemine lentement sur l’asphalte
comme une mélodie venue de loin
d’un instrument désaccordé.

Mais tout à coup
un petit oiseau te découvre,
rencontre ton regard
de ses yeux couleur poivre,
avant de disparaître dans la pénombre.

***

Exil

I den främmande staden med det obegripliga språket
vandrar du längs de obekanta gatorna;
inte ens flodens vatten
som rinner in under brons stenvalv
vet du namnet på

Och du står där åter
alldeles ensam i din egen skugga
som sakta sipprar ut över asfalten
som en avlägsen melodi
ur ett ostämt instrument

Men så plötsligt
får en liten fågel syn på dig,
möter din blick
med sina pepparkornsfärgade ögon
innan den försvinner
in i skymningen

***

Exil

În orașul străin cu grai neînțeles
rătăcind pe necunoscutele-i străzi;
nici măcar apei din râul
ce curge sub arcul de piatră al punții
numele nu i-l cunoști.

Și iată-te, stând
singur cu tine, în umbra-ți stingheră
ce-ncet se prelinge pe-asfalt
ca un cântec venit de departe
emis de un fluier ce sună strident.

Dar brusc te zărește
o pasăre mică,
privirea ți-o-ntoarce
cu ochi de piper,
zburând mai apoi spre lumina din zori.

***

***

Exilio

En la ciudad extranjera, con un lenguaje incomprensible,
caminas por calles desconocidas;
ni siquiera del río cuyas aguas corren
bajo el arco de piedra del puente
conoces el nombre

Y allí estás, totalmente sólo
en tu propia sombra
que lentamente se desliza por el asfalto,
como la lejana melodía
de un instrumento desafinado.

Pero súbitamente
un pajarito te descubre,
y se encuentran con tu mirada
sus ojos color pimienta,
antes de desaparecer en el atardecer.

***

ΕΞΟΡΙΑ

Στην ξένη πόλη με την άγνωστη γλώσσα
περπατάς σ’ άγνωστους δρόμους
μήτε και το νερό του ποταμού
που ρέει κάτω απ’ την αψίδα της γέφυρας
που δεν γνωρίζεις τ’ όνομα της.

Kι εκεί στέκεσαι, ολομόναχη
στον ίσκιο σου δίπλα
που αργά κυλά στην άσφαλτο
σαν μακρινή μουσική
από ακούρδιστο όργανο.

Και ξάφνου σε βλέπει το πουλί
με τα πιπεράτα μάτια του
προτού πετάξει μέσα στην αυγή.

***

***

Exil

In de vreemde stad met een onbegrijpelijke taal
loop je langs onbekende straten;
je kent zelfs de naam van de rivier niet
waarvan onder het stenen gewelf van de brug
het water vloeit

En daar sta je dan
helemaal alleen, in je eigen schaduw
die langzaam op het asfalt sijpelt,
zoals een melodie in de verte
van een ontstemd instrument.

Maar plotseling
word je door een kleine vogel ontdekt,
ontmoet hij jouw blik
met zijn peperkleurige ogen,
alvorens hij in het deemster verdwijnt.

***

EXILE

In the foreign city with an incomprehensible language
you are walking along unfamiliar streets;
not even the water of the river
which flows under the stone arch of the bridge
you know not the name of

And there you are, standing
totally alone, in your own shadow
which slowly trickles out onto the asphalt
like a distant melody
from an instrument that is out of tune.

But suddenly
a little bird notices you,
meets your gaze
with its pepper-coloured eyes,
before it disappears into the dusk.

***

流亡者
在这异邦城市里
带着一种听不懂的语言
你沿着陌生的街道彳亍;
连石拱桥下流淌的
这河里的水
你都不知其名姓
——而你在那儿, 孓然一身
伫立, 在自己的影子里
你的身影慢慢流到柏油路上
像不成调的长笛
滑出的一节遥远的旋律
但突然
一只小鸟注意上你,
用它那胡椒色眼睛
迎接你的目光,
然后消失在黎明里。

***

追放

外国の町で
ことばも解らず
君は、見知らぬ通りを歩いている
石造りのアーチ橋の下、流れる
川には水はなく
君は、その名を知らない
―そこで、君は、立ち止まり
全く一人きり、自分の影のなか
アスファルトの道をゆっくりと装う
遙か遠い旋律のように
微かな音色のフルートから
しかし、不意に
一羽の小鳥が君に気づき
君の眼差しと出会う
胡椒色の眼で
夜明けに消えゆく前に

***

Wygnanie

W obcym mieście o mowie niezrozumiałej
wędrujesz po ulicach nieznanych;
nawet nie znasz imienia
wody wartko płynącej
pod kamiennym łukiem mostu

I znów tam stoisz
zupełnie sam we własnym cieniu,
który powoli spływa na asfalt
jak odległa melodia
rozstrojonego instrumentu.

Wtem nagle
ptaszek spogląda na ciebie
spotyka twoje spojrzenie
oczyma w kolorze pieprzu,
zanim zniknie
w półmroku.

(Bengt Berg)

 

Recueil: ITHACA 616
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Suédois / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Arabe / Espagnol Rafael Carcelén / Grec Manolis Aligizakis / Indi Jyotirmaya Thakur / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Sudeep Sen / Chinois William Zhou / Japonais Kae Morii / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /
Editions: POINT

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LES CANAUX D’AMSTERDAM (Duo Duo)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



 

Illustration: Jan Korthals
    
LES CANAUX D’AMSTERDAM

Une ville en novembre à la tombée de la nuit :
rien que les canaux d’Amsterdam
soudain
les oranges sur l’arbre près de chez moi frissonnent
au vent d’automne.
je ferme la fenêtre, mais en vain
la rivière coule en amont en vain
le soleil s’est levé, serti de perles
rien n’y fait
des nuées de pigeons tombent en virevoltant telle la limaille de fer
des rues sans jeunes garçons semblent soudain vides
après la pluie d’automne
ces toits, où se traînent partout des limaces
– ma patrie
passe lentement sur les canaux d’Amsterdam….

***

《阿姆斯特丹的河流》

十一月入夜的城市
惟有阿姆斯特丹的河流
突然
我家树上的桔子
在秋风中晃动
我关上窗户,也没有用
河流倒流,也没有用
那镶满珍珠的太阳,升起来了
也没有用
鸽群像铁屑散落
没有男孩子的街道突然显得空阔
秋雨过后
那爬满蜗牛的屋顶
--我的祖国

***

THE CANALS OF AMSTERDAM

A city in November at nightfall:
There are only the canals of Amsterdam
Suddenly,
The oranges on the tree at my house
Quiver in the autumn wind
I shut the window, it’s useless
The river flows backwards, to no avail
The sun, inlaid with pearls, has risen
It doesn’t help.
Flocks of pigeons whirl down like iron filings
Streets, devoid of boys, suddenly look empty.
After the autumn rains,
those roofs full of crawling snails
—my homeland
slowly pass over the canals of Amsterdam…

***

CANALELE DIN AMSTERDAM

Noiembrie, oraș în seară:
Prin Amsterdam numai canale.
Și dintr-odată
Vântul toamnei clatină pomul cu portocale din curtea mea
Încolo și-ncoace le leagănă.
Închid fereastra, nu mă ajută oricum.
Curge râul înapoi pe zadarnicul drum
Și-n perle bătut soarele suie
Inutil
Schije metalice stoluri străpung, cad porumbei.
Fără copii străzile par dintr-odată pustii.
După ploaia de toamnă
De melci pătura-i plină,
─ patria mea
Pe canale din Amsterdam trece lină…

***

ΚΑΝΑΛΙΑ ΤΟΥ ΑΜΣΤΕΡΝΤΑΜ
Πόλη τ’ απόσπερο, Νοέμβριος.
Εκεί τα κανάλια του Άμστερνταμ.
Ξαφνικά
Τα πορτοκάλλια στο δέντρο
του σπιτιού μου σιγοτρέμουν
στο φθινοπωρινό αγέρα
κλείνω το παράθυρο, ανώφελο
ο ποταμός κυλά αντίθετα, κι ο ήλιος,
μαργαριτάρια στολισμένος, υψώνεται.
Ανώφελο.
Κοπάδια περιστέρια ορμούν κάθετα
σαν σιδερένια αερικά, δρόμοι
από παιδιά ερημωμένοι που
ξάφνου μοιάζουν ορφανοί.
Μετά τη φθινοπωρινή βροχή
οι οροφές γεμίζουν σαλιγκάρια.
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

I CANALI DI AMSTERDAM

Una città all’imbrunire, a novembre:
solo rimangono i canali di Amsterdam
All’imprevviso
Le arance sull’albero della mia casa
tremano nel vento d’autunno
chiudo la finestra, inutile
il fiume scorre all’incontrario, senza scopo
è sorto il sole, intarsiato di perle
invano.
Stormi di piccioni vorticano come limatura d’acciaio
le strade, vuote di ragazzi, all’improvviso appaiono deserte
Dopo le piogge d’autunno
i tetti sono pieni di lumache che strisciano
─ la mia terra nativa…

***

DE AMSTERDAMSE GRACHTEN

een stad in november bij het vallen van de nacht:
niets dan de Amsterdamse grachten
plotseling
gaan de sinaasappelen aan de boom bij mij thuis
in de herfstwind heen en weer
ik sluit het raam, maar dat helpt niet
de grachten stromen terug, maar dat helpt niet
de zon is ingelegd met parels opgegaan
maar dat helpt niet
vluchten duiven dwarrelen als ijzervijlsel neer
straten zonder jongentjes lijken plotseling leeg
na de regen in de herfst
het dak waar overal slakken op rondkruipen
─ mijn vaderland
over de Amsterdamse grachten vaart het traag voorbij…

***

DIE KANÄLE VON AMSTERDAM

Eine Stadt im November bei Einbruch der Dunkelheit:
Nichts anderes als die Kanäle von Amsterdam.
Plötzlich
Bewegen sich die Orangen am Baum vor meinem Haus
Im Herbstwind hin und her
Ich schließe das Fenster, es hilft nicht.
Der Fluss fließt rückwärts, umsonst
Die Sonne, mit Perlen besetzt, ist aufgegangen.
Umsonst
Wie Eisenspäne wirbeln Taubenschwärme vorbei
Die Straßen, ohne Kinder, sehen plötzlich leer aus.
Nach den Herbstregen
Der Asphalt voller Schnecken,
─ Meine Heimat
Langsam zieht sie vorbei, auf den Kanälen von Amsterdam…

***

LOS CANALES DE AMSTERDAM

Noviembre, una ciudad al caer la noche
los canales de Amsterdam
al instante
en el viento otoñal se mecen
las naranjas del arbol de mi casa
en vano cierro la ventana
en vano cambian su curso los canales
ensartado de perlas sale el sol
en vano
cual limaduras de hierro caen las palomas
sin niños, las calles de repente se ensanchan
tras la lluvia otoñal
los caracoles invaden los tejados
─ mi patria
se desliza lentamente por los canales de Amsterdam

***

OS CANAIS DE AMSTERDAM

Novembro, uma cidade ao cair da noite
os canais de Amsterdam
no instante
no vento outonal se embalam
laranjas nas plantas da minha casa
em vão encerro as janelas
em vão mudam seus cursos os canais
num colar de pérolas sai o sol
em vão
iguais a limalhas de ferro caem as pombas
sem crianças, de repente, os caminhos se alargam
depois da chuva de outono
os caracóis invadem os telhados
– a minha pátria
desliza lentamente nos canais de Amsterdam

(Duo Duo)

 

Recueil: ITHACA 606
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Chinois / Anglais Anna Keiko – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Néerlandais Maghiel van Crevel / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Editions: POINT

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Sans humains (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



 

    
Sans humains

Château de nuées ensorcelé dans lequel nous dérivons…
Qui sait si nous n’avons pas déjà traversé ainsi
de nombreux cieux les yeux vitreux ?
Nous, bannis dans le temps
et expulsés de l’espace,
nous, aéronautes de la nuit sans fond.

Qui sait si nous n’avons pas déjà volé autour de Dieu
et, parce que nous tirions nos flèches d’écume sans le voir
en continuant de projeter notre semence
pour nous perpétuer en des lignées humaines toujours
plus obscures,
maintenant ne dérivons coupables ?

Qui sait si, depuis longtemps déjà, lentement nous ne mourons ?
Le bal de nuages avec nous aspire à s’élever toujours plus haut.
L’air raréfié aujourd’hui engourdit déjà nos mains,
et quand la voix se brisera et que notre souffle s’arrêtera… ?

Le sortilège se maintient-il dans les derniers instants ?

***

Menschenlos

Verwunschnes Wolkenschloß, in dem wir treiben…
Wer weiß, ob wir nicht schon durch viele Himmel
so ziehen mit verglasten Augen?
Wir, in die Zeit verbannt
und aus dem Raum gestoßen,
wir, Flieger durch die Nacht und Bodenlose.

Wer weiß, ob wir nicht schon um Gott geflogen,
weil wir pfeilschnell schäumten, ohne ihn zu sehen
und unsre Samen weiterschleuderten,
um in noch dunkleren Geschlechtern fortzuleben,
jetzt schuldhaft treiben?

Wer weiß, ob wir nicht lange, lang schon sterben?
Der Wolkenball mit uns strebt immer höyer.
Die dünne Luft lähmt heute schon die Hände.
Und wenn die Stimme bricht und unser Atem steht?

Bleibt die Verwunschenheit für letzte Augenblicke?

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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OBLIGATION RECTANGULAIRE (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
OBLIGATION RECTANGULAIRE

J’ai un rectangle à remplir. De dessous il a l’air d’un rectangle, mais vu de
côté il est invisible, parce que c’est une idée. Je pince ses côtés et ils
vibrent, mais comme tout le reste. Un concert remonte ta route, et toute
une feuille de rire s’arrache de la surface pour s’envoler comme ce
rectangle le ferait s’il avait de l’énergie. Mais il n’en a pas, jusqu’au moment
où ma tête se change en bois et s’échauffe à l’intérieur. Alors le rectangle
se met à luire et fredonner. Soudain des « bulles d’hilarité » se répandent
dans tout le système, les quatre côtés du rectangle se séparent et dérivent
dans plusieurs directions, tournant sur eux-mêmes et basculant lentement
dans le noir. Je suis bien content d’en être débarrassé.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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Le vieil orme (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Lentement
Disparaît
Le vieil orme
Dans le noir de la nuit

(Abbas Kiarostami)

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IL Y A QUELQUES MORTS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



Henri Lebasque nu-sur-tapis-rouge-date-inconnue-henri-lebasque [800x600] 

IL Y A QUELQUES MORTS…

Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
C’est pour te l’annoncer que je viens justement,
Là, sur leur catafalque, — accablante journée
Les corps décomposés pourrissent lentement.

Les vivants errent, vont, décomposés aussi
Leur corps, toute leur chair est moite, transpirée ;
Cela sent le cadavre, ô douce bien-aimée,
Et ce jour, ton sein même a l’air plus amolli.

Verse sur les tapis des parfums enivrants,
Je veux te recouvrir de roses embaumées ;
Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
Les corps décomposés pourrissent lentement.

(George Bacovia)

 Illustration: Henri Lebasque 

 

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CONFIDENCES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Alexander Daniloff

CONFIDENCES

Les cœurs bavardent, les cœurs se disent
Tu bats trop fort…
— Toi, tu bats trop lentement.
— J’ai battu si vite, si vite !
— Et moi pas assez encore…
Tout m’appelle,
Tout m’attire, m’entraine,
Les femmes, les larmes, les livres,
Les villes, les fleuves, le ciel.

(André Spire)

Illustration: Alexander Daniloff

 

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