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Poésie

Posts Tagged ‘(Léonard Cohen)’

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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Douceur du temps (Léonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



 

Douceur du temps

Comme le temps parait doux
quand il est trop tard

et qu’on n’a pas à suivre
des hanches qui ondulent

jusqu’au fond de notre
imagination moribonde

(Léonard Cohen)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Fameux Imperméable bleu (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Fameux Imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin décembre
Je t’écris maintenant juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime l’endroit où je vis
Il y a de la musique à Clinton Street durant la soirée.

J’ai entendu dire que tu as construit ta petite maison au fond du désert
Maintenant tu n’as plus de raison de vivre, j’espère que tu gardes des traces écrites.

Oui, et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître
As-tu seulement disparu ?
La dernière fois que nous t’avons vu tu semblais tellement plus vieux
Ton fameux imperméable bleu était déchiré à l’épaule
Tu es allé à la gare pour voir chaque train
Tu étais rentré à la maison seul sans Lili Marlène.

Et tu as considéré ma femme comme un épisode de ta vie
Et quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

Eh bien, je te vois, il y a une rose entre tes dents,
Un voleur gitan maigre de plus
Bien, je vois que Jane est réveillée —

Elle t’envoie ses amitiés.
Et que puis-je te dire, mon frère, mon assassin
Que puis-je éventuellement te dire ?
Je pense que tu me manques, je pense que je te pardonne
Je suis heureux que tu te trouves sur ma route.

Si jamais tu viens ici pour Jane ou pour moi
Ton ennemi dort, et sa femme est libre

Oui, et merci pour la gêne que tu as ôtée de ses yeux
Je pensais qu’elle était là pour de bon alors je n’avais jamais tenté.

Et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître.

***

Famous Blue Raincoat

It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold, but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening

I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of record

Yes, and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

Ah, the last time we saw you you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train, and
You came home without Lili Marlene

And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife

Well I see you there with the rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way

If you ever come by here, for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping, and his woman is free

Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried

And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear

(Leonard Cohen)

 

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HALLELUJAH (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
HALLELUJAH

J’ai entendu dire qu’il y avait un accord secret
Que David jouait et qui plaisait au Seigneur
Mais tu ne t’intéresses pas vraiment à la musique, n’est-ce pas
Ça faisait comme ça,
La quarte, la quinte
L’accord mineur tombe et le majeur monte
Le roi perplexe composant hallelujah

Hallelujah…

Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves
Tu l’as vue se baigner sur le toit
Sa beauté et le clair de lune t’ont renversé
Elle t’a attaché
à une chaise de cuisine
Elle a brisé ton trône, et t’a coupé les cheveux
Et de tes lèvres elle a tiré l’Hallelujah

Hallelujah…

Vous dites que j’utilise le Nom en vain
Mais je ne connais même pas le Nom
Mais si je le fait, bon vraiment, qu’est ce que ça peut te faire ?
Il y a un éclat de lumière
Dans chaque mot
Qu’importe que tu entendes
Le saint hallelujah ou le brisé

Hallelujah…

J’ai fait de mon mieux, ce n’était pas beaucoup
Je ne pouvais pas sentir, alors j’ai essayé d’effleurer
J’ai dit la vérité, je ne suis pas venue pour te duper
Et bien que
Tout est mal tourné
Je me tiendrai devant le seigneur de la chanson
Avec rien d’autre à mes lèvres qu’Hallelujah

Hallelujah…

***

HALLELUJAH

I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you?
It goes like this
The fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty in the moonlight overthrew you
She tied you to a kitchen chair
She broke your throne, and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Baby I have been here before
I know this room, I’ve walked this floor
I used to live alone before I knew you.
I’ve seen your flag on the marble arch
Love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

There was a time when you let me know
What’s really going on below
But now you never show it to me, do you?
And remember when I moved in you
The holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Maybe there’s a God above
But all I’ve ever learned from love
Was how to shoot at someone who outdrew you
It’s not a cry you can hear at night
It’s not somebody who has seen the light
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

You say I took the name in vain
I don’t even know the name
But if I did, well, really, what’s it to you?
There’s a blaze of light in every word
It doesn’t matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

I did my best, it wasn’t much
I couldn’t feel, so I tried to touch
I’ve told the truth, I didn’t come to fool you
And even though it all went wrong
I’ll stand before the Lord of Song
With nothing on my tongue but Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah

(Leonard Cohen)

 

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La vie enfumée (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
La vie enfumée

Je n’avais jamais vu tes yeux si grands
Je n’avais jamais vu ton appétit si complètement occupé
Ailleurs est ton festin d’amour
Je sais… il y a longtemps nous nous étions entendus pour garder ça léger
Alors marions-nous encore pour une autre nuit

C’est léger, assez léger
pour nous permettre de le faire
C’est assez léger pour nous permettre de le faire

Souviens-toi quand le paysage a commencé à s’effacer
Je t’ai tenue jusqu’à ce que tu apprenne à marcher dans les airs
Alors ne regarde pas en bas, il n’y a plus de sol
Il n’y a personne qui attend de toute façon
La vie enfumée est pratiquée partout

Alors ajuste ton coeur insatiable à ta guise
Apprends des feuilles d’automne
Qui ne perdent pas leur temps à attendre la neige
Ne dis pas avant que tu seras en retard
Il n’y a rien à cacher

C’est léger, assez léger
pour nous permettre de le faire
C’est assez léger pour nous permettre de le faire

Souviens-toi quand le paysage a commencé à s’effacer
Je t’ai tenue jusqu’à ce que tu apprenne à marcher dans les airs
Alors ne regarde pas en bas, il n’y a plus de sol
Il n’y a personne qui attend de toute façon
La vie enfumée est pratiquée partout

Reviens ici si le moment s’y prête
Tu peux chercher parmi tous mes meilleurs amis

C’est léger, assez léger
pour nous permettre de le faire
C’est assez léger pour nous permettre de le faire

***

THE SMOKEY LIFE

I’ve never seen your eyes so wide
I’ve never seen your appetite quite this occupied
Elsewhere is your feast of love
I know … where long ago we agreed to keep it light
So lets be married one more night

It’s light, light enough
To let it go
It’s light enough to let it go

Remember when the scenery started fading
I held you til you learned to walk on air
So don’t look down the ground is gone,
there’s no one waiting anyway
The Smoky Life is practiced
Everywhere

So set your restless heart at ease
Take a lesson from these Autumn leaves
They waste no time waiting for the snow
Don’t argue now you’ll be late
There is nothing to investigate

It’s light enough, light enough
To let it go
Light enough to let it go

Remember when the scenery started fading
I held you til you learned to walk on air
So don’t look down the ground is gone,
there’s no one waiting anyway
The Smoky Life is practiced everywhere

Come on back if the moment lends
You can look up all my very closest friends

Light, light enough
To let it go
It’s light enough to let it go

(Leonard Cohen)

 

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L’hôtel aux murs de papier (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
L’hôtel aux murs de papier

Les murs de cet hôtel sont épais comme du papier
La nuit dernière je t’ai entendue faire l’amour avec lui
La lutte bouche contre bouche, membre contre membre
Le grognement d’union quand il a joui

Je suis resté là avec mon oreille collée au mur
Je n’étais pas jaloux du tout
En fait un fardeau a quitté mon âme
J’ai entendu que cet amour était hors de mon contrôle
Un lourd fardeau s’est envolé de mon âme
J’ai entendu que cet amour était hors de mon contrôle

J’écoutais vos baisers à la porte
Je n’avais jamais entendu le monde si clairement avant
Tu as fait couler un bain et tu as commencé à chanter
Je me sentais si bien que je ne ressentais rien

Je suis resté là avec mon oreille collée au mur

Je ne peux pas attendre de te parler en face
Je ne peux pas attendre que tu prennes ma place
Tu es l’Ange Nu de Mon Coeur
Tu es l’Ange aux Jambes Ecartées
C’est écrit sur les murs de cet hôtel
Tu ne vas au Paradis qu’une fois que tu es allée en Enfer

Un lourd fardeau a quitté mon âme
J’ai entendu que cet amour était hors de mon contrôle

***

PAPER THIN HOTEL

The walls of this hotel are paper-thin
Last night I heard you making love to him
The struggle mouth to mouth and limb to limb
The grunt of unity when he came in

I stood there with my ear against the wall
I was not seized by jealousy at all
In fact a burden lifted from my soul
I heard that love was out of my control
A heavy burden lifted from my soul
I heard that love was out of my control

I listened to your kisses at the door
I never heard the world so clear before
You ran your bath and you began to sing
I felt so good I couldn’t feel a thing

I stood there with my ear against the wall …

And I can’t wait to tell you to your face
And I can’t wait for you to take my place
You are The Naked Angel In My Heart
You are The Woman With Her Legs Apart
It’s written on the walls of this hotel
You go to heaven once you’ve been to hell

A heavy burden lifted from my soul
I heard that love was out of my control

(Leonard Cohen)

 

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Souvenirs (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Illustration: Nik Helbig
    
Souvenirs

Frankie Laine chantait « Jezebel »
J’ai épinglé une Croix de Fer à mon revers
je suis allé vers la fille
la plus grande, la plus blonde
J’ai dit « Ecoute, tu ne me connais pas encore
mais ça ne saurait tarder;
alors veux-tu que je te voie
veux-tu que je te voie
veux-tu que je te voie toute nue ? »

Elle a dit « Danse avec moi
vers le coin sombre du lycée
Il se peut
que je te laisse faire presque tout
Je sais que tu as faim
j’entends ça dans ta voix
et l’on peut me toucher à beaucoup d’endroits
à toi de choisir.
Mais tu ne peux pas me voir
non, tu ne peux pas me voir
non, tu ne peux pas me voir toute nue. »

Nous dansons serrés
l’orchestre joue « Stardust »
Des ballons et des serpentins
tombent sur nous
Elle dit « Il te reste une minute
pour tomber amoureux. »
Dans des instants aussi solennels
J’ai mis ma confiance
et ma foi pour la voir,
ma foi pour la voir
ma foi pour la voir toute nue.

***

Memories

Frankie Lane, he was singing Jezebel
I pinned an Iron Cross to my lapel
I walked up to the tallest and the blondest girl
I said, Look, you don’t know me now but very soon you will
So won’t you let me see
I said « won’t you let me see »
I said « won’t you let me see
Your naked body? »

Just dance me to the dark side of the gym
Chances are I’ll let you do most anything
I know you’re hungry, I can hear it in your voice
And there are many parts of me to touch, you have your choice
Ah but no you cannot see
She said « no you cannot see »
She said « no you cannot see
My naked body »

So We’re dancing close, the band is playing Stardust
Balloons and paper streamers floating down on us
She says, You’ve got a minute left to fall in love
In solemn moments such as this I have put my trust
And all my faith to see
I said all my faith to see
I said all my faith to see
Her naked body

(Leonard Cohen)

 

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CHELSEA HOTEL NO. 2 (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
CHELSEA HOTEL NO. 2

Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
Tu parlais avec tant de courage et de douceur
tu me faisais une pipe sur le lit défait
pendant que les limousines attendaient dans la rue
C’était les raisons et c’était New York
on courrait après l’argent et la chair
Et cela s’appelait l’amour pour les ouvriers de la chanson
c’est probablement toujours le cas pour ceux qui restent

Ah mais tu es partie, n’est-ce pas, chérie
tu as juste tourné le dos à la foule
tu es partie, je ne t’ai jamais entendu dire
« Je te veux, je n’ai pas besoin de toi
Je te veux, je n’ai pas besoin de toi  »
et tout le baratin qui va avec

Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
tu étais célèbre, ton coeur était une légende
Tu m’as répété que tu préferais les beaux mecs
mais que tu ferai une exception pour moi
Et serrant le poing pour les autres comme nous
qui sont oppressés par les images de la beauté
tu t’es regardée et tu as dit « bah, peu importe
on est moches mais on a la musique »

Et puis tu es partie, n’est-ce pas, chérie

Je ne veux pas dire que c’est toi que j’ai aimée le plus
Je ne peux pas me rappeler de chaque rouge-gorge tombé
Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
c’est tout, je ne pense même pas à toi si souvent.

***

Chelsea Hotel #2

I remember you well in the Chelsea Hotel,
you were talking so brave and so sweet,
giving me head on the unmade bed,
while the limousines wait in the street.

Those were the reasons and that was New York,
we were running for the money and the flesh.
And that was called love for the workers in song,
probably still is for those of them left.

Ah but you got away, didn’t you babe,
you just turned your back on the crowd,
you got away, I never once heard you say,
I need you, I don’t need you,
I need you, I don’t need you
and all of that jiving around.

I remember you well in the Chelsea Hotel,
you were famous, your heart was a legend.
You told me again you preferred handsome men,
but for me you would make an exception.
And clenching your fist for the ones like us
who are oppressed by the figures of beauty,
you fixed yourself, you said, « Well never mind,
we are ugly but we have the music. »

Ah but you got away, didn’t you babe,
you just turned your back on the crowd,
you got away, I never once heard you say,
I need you, I don’t need you,
I need you, I don’t need you
and all of that jiving around.

I don’t mean to suggest that I loved you the best,
I can’t keep track of each fallen robin.
I remember you well in the Chelsea Hotel,
that’s all, I don’t even think of you that often.

(Leonard Cohen)

 

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Avalanche (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
Avalanche

J’ai été pris dans une avalanche
elle a recouvert mon âme
Quand je ne serai plus bossu
je dormirai sous une colline dorée
Toi qui veux vaincre la douleur
tu dois apprendre à me servir

Tu me heurtes par hasard
en allant chercher de l’or
Le boiteux que tu habilles et nourris
n’a ni faim ni froid
Il ne recherche pas de compagnie
pas au centre du monde

Quand j’étais sur ce piédestal
tu ne m’y avais pas hissé
Tes lois ne m’obligent pas
à m’agenouiller grotesque et nu
Je suis moi-même le piédestal
de cette bosse que tu regardes

Toi qui veux vaincre la douleur
tu dois apprendre ce qui m’adoucit
Les miettes d’amour que tu m’offres
sont les miettes que j’abandonne
Ta croix ne te donne aucun titre
ce n’est que l’ombre de ma blessure.

J’ai commencé à me languir de toi
moi qui n’ai aucun besoin
J’ai commencé à t’attendre
moi qui n’ai nul appétit
Tu dis que tu es loin de moi
mais je sens ton souffle quand tu respires

Ne t’habille pas pour moi de chiffons
je sais que tu n’es pas pauvre
Et ne m’aime pas avec tant de violence
quand tu sais ne pas être sûre
C’est ton monde bien-aimé
c’est ta chair que je porte.

***

Avalanche

Well I stepped into an avalanche,
it covered up my soul;
when I am not this hunchback that you see,
I sleep beneath the golden hill.
You who wish to conquer pain,
you must learn, learn to serve me well.

You strike my side by accident
as you go down for your gold.
The cripple here that you clothe and feed
is neither starved nor cold;
he does not ask for your company,
not at the centre, the centre of the world.

When I am on a pedestal,
you did not raise me there.
Your laws do not compel me
to kneel grotesque and bare.
I myself am the pedestal
for this ugly hump at which you stare.

You who wish to conquer pain,
you must learn what makes me kind;
the crumbs of love that you offer me,
they’re the crumbs I’ve left behind.
Your pain is no credential here,
it’s just the shadow, shadow of my wound.

I have begun to long for you,
I who have no greed;
I have begun to ask for you,
I who have no need.
You say you’ve gone away from me,
but I can feel you when you breathe.

Do not dress in those rags for me,
I know you are not poor;
you don’t love me quite so fiercely now
when you know that you are not sure,
it is your turn, beloved,
it is your flesh that I wear.

(Leonard Cohen)

 

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Le Partisan (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
Le Partisan

Quand ils traversèrent la rivière
Ils me dirent de me rendre,
Ca, je ne pouvais pas le faire;
J’ai pris mon arme et j’ai disparu.
J’ai changé de nom si souvent,
J’ai perdu ma femme et mes enfants
Mais j’ai beaucoup d’amis,
Et certains sont avec moi.

Une vieille femme nous a trouvé un abri,
Nous a tenu caché dans le grenier,
Et les soldats sont arrivés;
Elle est morte sans un soupir.

Nous étions trois ce matin
Je suis seul ce soir
Mais je dois poursuivre;
Les frontières sont ma prison.

Oh, le vent, le vent souffle,
Entre les tombes le vent souffle,
La liberté naîtra bientôt;
Et nous sortirons de l’ombre.

Les allemands étaient chez moi,
Ils me dirent « Signe-toi »,
Mais je n’ai pas peur.
J’ai repris mon arme,
J’ai changé cent fois de nom,
J’ai perdu femme et enfants,
Mais j’ai tant d’amis.
J’ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier,
Pour la nuit nous a caché,
Les allemands l’ont pris
Il est mort sans surprise.

Oh, le vent, le vent souffle,
Entre les tombes le vent souffle,
La liberté naîtra bientôt:
Et nous sortirons de l’ombre.

***

The partisan

When they poured across the border
I was cautioned to surrender
This I could not do
I took my gun and vanished.

I have changed my name so often
I’ve lost my wife and children
But I have many friends
And some of them are with me

An old woman gave us shelter
Kept us hidden in the garret
Then the soldiers came
She died without a whisper

There were three of us this morning
I’m the only one this evening
But I must go on
The frontiers are my prison

Oh, the wind, the wind is blowing
Through the graves the wind is blowing
Freedom soon will come
Then we’ll come from the shadows

Les Allemands étaient chez moi
Ils me dirent, « résigne toi »
Mais je n’ai pas peur
J’ai repris mon âme

J’ai changé cent fois de nom
J’ai perdu femme et enfants
Mais j’ai tant d’amis
J’ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a caché
Les Allemands l’ont pris
Il est mort sans surprise

Oh, the wind, the wind is blowing
Through the graves the wind is blowing
Freedom soon will come
Then we’ll come from the shadows

(Leonard Cohen)

 

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