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Posts Tagged ‘(Leopoldo María Panero)’

Le baiser du soir (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Le baiser du soir

Père, je m’en vais :
je vais jouer dans la mort,
père, je m’en vais.
Dis adieu à ma mère,
éteins la lumière de ma chambre :
père, je m’en vais.

Dis à l’enfant qui rit là-bas,
je ne sais de quoi, peut-être de la vie,
mon nom, rien que mon nom
range bien mes jouets
l’ours avec l’ours, et range le chien
près de l’oiseau, quant au canard
laisse-le seul, le canard :
père, je m’en vais : je vais jouer avec la mort.
Il y avait une flamme, oui dans mes yeux,
d’avoir tant de nuits veillé,
et que personne n’avait su fermer
sinon moi ; pardonne-moi, père, s’il n’y avait
personne, à part moi : je m’en vais,
je m’en vais seul jouer avec la mort.

Père, je suis mort, déjà, et quelle obscurité
tout cela :
pas de lune, pas de soleil, pas de terre ici,
père, je suis mort.
Nous sommes les morts comme des malades
et le cimetière est l’hôpital
on y joue au docteur
drap blanc et bistouri
et des tombes comme autant de lits
pour rƒver : ils sont si blancs ces os
père si blancs : comme rêver.

Les autres disent, les plus morts d’entre nous,
ceux qui passent un temps fou
à se venger ici de Dieu,
que le Diable viendra, le bon Diable,
qu’il viendra le Diable avec plus de fleurs
que personne n’en peut porter.
Père, je suis mort, je ne suis pas seul
père, je suis mort, j’ai des amis
avec qui jouer.

Mère, ces baisers que tu reviens
me donner dans la tombe
me réveillent, me donnent froid
j’ai été vivant, je l’ai su
maintenant
laisse-moi oublier.

Père, je suis mort, et la tombe
est un berceau bien meilleur
père, il n’y a personne, je suis seul
père, si un jour à nouveau
je retourne parmi vous, père si à nouveau je vis
j’ignore de quoi je pourrais rêver.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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Les jours de pleine lune (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Les jours de pleine lune
le crapaud se cache dans les bois.
Quand le jour se lève, l’aurore
le chasse dans les montagnes.

Le jasmin envahit les champs
pendant que le crapaud se traîne
une épine dans le flanc.

Les crapauds n’ont pas de nom
quand ils meurent dans la montagne.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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Un animal fuit (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018



    

Un animal fuit au fil du labyrinthe
ne laissant qu’une trace de bave,
le poème vit là.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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La grande comédie du monde (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



La grande comédie du monde
La grande tragédie de l’homme
Qui meurt à chaque heure, silencieux comme le vent
Qui se cherche dans les chats qui miaulent contre la fleur
Qui s’égare dans les fleurs obscures du mal
Qui se découvre dans la glace obscure du silence
Et s’égare dans le rêve fatal de chaque nuit.

***

La gran comedia del mundo.
La gran tragedia del hombre.
Que muere cada hora, silencioso como el viento.
Que se busca en los gatos que maúllan contra la flor.
Que se pierde en las flores oscuras del mal
Que se descubre en el espejo oscuro del silencio
Y se pierde en el sueño fatal de cada noche.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Odilon Redon

 

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Je me fête et me hais moi-même (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Je me fête et me hais moi-même
je palpe le mur où il faudra graver mon absence
tandis que le poème s’écrit contre moi,
contre mon nom
contre une malédiction du temps.

Je crache ces vers dans le refuge de Dieu
où rien n’existe
sinon le poème contre moi.

***

Me celebro y me odio a mí mismo
palpo el muro en que habrà de grabarse mi ausencia
mientras el poema se escribe contra mí,
contra mi nombre
como una maldición del tiempo.

Escupo estos versos en la guarida de Dios
donde nada existe
sino el poema contra mí.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Je suis un nid de cendre… (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Je suis un nid de cendre
où viennent les oiseaux
pour chercher la manne de l’ombre
la flèche clouée dans le poème
le baiser de l’insecte.

***

Soy un nido de ceniza
adonde acuden los pàjaros
para buscar el manà de la sombra
la flecha clavada en el poema
el beso del insecto.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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