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Poésie

Posts Tagged ‘lèpre’

Délivrez-nous de la Pensée (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Délivrez-nous de la Pensée,
Lèpre originelle, ivresse insensée,

Radeau du Mal et de l’Exil;
Ainsi soit-il.

(Jules Laforgue)

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On décèle sous le poème (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




    
on décèle sous le poème
les traits d’agonie de la terre
le filigrane obscur des rides
sous le grand vent des déserts

lèpre des sables chair aride
faces crevassées mal solaire
ainsi la victoire du vide
sur le langage dévasté

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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L’envie de retrouver un être (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



vieux robinet 7a

L’envie de retrouver un être
Brûle au bas du poignet, au confluent du sang.
La fenêtre regarde à la face des lèpres
Les fumées, le brouillard, cimentent le ciel dur ;
La nuit va tout confondre
Il y a vers la gare un vacarme d’acier
Bordé par le moelleux d’un robinet de cuivre roux
qui goutte ;
Vers les plaines, la lune gît
Une forêt dérape au vent
Dévastée par l’appel d’un homme en solitude.

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

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Quel nom ? (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
– Quel nom porte celui dont tu es le Messager ?
– Je l’appelle le Roi des jardins de lumière.
– N’est-il pas le Père, le Tout-Puissant,
l’infiniment bon , le créateur de toutes choses ?

– Comment pourrait-il être à la fois bon et tout-puissant?
Est-ce lui qui a créé la lèpre et la guerre?
Est-ce lui qui laisse mourir les enfants et maltraiter les innocents?
Est-ce lui qui a créé les Ténèbres et leur Maître?
A-t-il permis que ce dernier existe?
S’il pouvait l’anéantir d’un geste pourquoi ne le ferait-il pas?

S’il ne veut pas anéantir les Ténèbres, c’est qu’il n’est pas infiniment bon,
s’il veut les anéantir, mais qu’il n’y parvient pas,
c’est qu’il n’est pas infiniment puissant.

Après un court instant, il ajouta :
– C’est à l’homme qu’a été confiée la création.
C’est d’abord à lui qu’il appartient de faire reculer les Ténèbres.

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Démâté de tous mâts (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Démâté de tous mâts, le navire écoute le vent désormais inutile.
La
Tape de la balle est rapide qui frappe le guerrier, rapide et décisive.
Après, tout change.

Attente.
Attente démesurément longue.
Non, la soif ne fait pas lever la brise, il n’y faut pas compter.

En cette époque la disette gagna partout.
Les figures étaient contractées.
Le pain devint terreux.
Une pomme trouvée dans la terre était plus entourée qu’un proche parent.

En cette époque, la faim entra, la nourriture partit : partit pour servir sous le drapeau.
Le blé faisait du charbon, le lait nourrissait le canon.

Dans cette énormité mécanique, l’homme subalterne passait, essayant de ne pas se faire remarquer.

La quatrième croisade rapporta la lèpre, et toi, croisade pétaradante, que nous rapporteras-tu?

(Henri Michaux)

Illustration: Henri Bureau

 

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Regarde (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



    

Regarde, je ne connais même plus mes doigts
rongé de désir, j’effleurais ta chemise,
défaisais un bouton,
devinais ta poitrine couleur des blés,
des pigeons sauvages, disais je,
l’été presqu’à la fin,
le vent à travers les pins, la pluie
pressentie sur les flancs,
la nuit, elle ne tarderait plus la nuit,
j’aimais l’amour, cette lèpre.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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L’herbe prend feu (Nicole Drano Stamberg)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2016



L’herbe prend feu

Aujourd’hui j’ai trop crié ( les ronces, les dures herbes sèches,
Enchevêtrements depuis tant d’années.)
J’ai repris les brouillons,
« Au feu ! »

Je vais reprendre un
Ou deux brouillons. Les autres mots brûleront
Avec la poignée de tiges mortes qui m’a tant
Aidée l’an dernier.

Rien n’est à imaginer avec l’allumette
Qui craque. Les brouillons et l’herbe prennent feu.
Le difficile est la violence de la flamme.
La lèpre des braises qui rongent la vie.

(Nicole Drano Stamberg)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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LE LIVRE DU POURQUOI (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2015



 

Edmund Dulac dreamer_of_dreams_p

LE LIVRE DU POURQUOI

Quand vint l’été, son soleil et ses mouches,
Je savourais des mots, je savourais
Le plaisir d’être — oubliant les microbes
Et la morsure et la lèpre et le vent.

Sur le versant du fjord, amère étoile
Se dissolvant au soleil de minuit,
J’imaginais de longues nuits polaires
Tandis qu’un ours léchait ma peau, ma peau.

J’aimais les corps, leur nudité sans herbe,
Le doute aussi trop prompt à me trahir
Et je luttais pour un muscle, une artère,
Un morceau d’ongle oublié par les jours.

(Robert Sabatier)

Illustration: Edmund Dulac

 

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