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Poésie

Posts Tagged ‘leurrer’

Nous allons nous venons (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Nous allons nous venons
comme de la rosée
la rosée de ce monde
ne devrait nous leurrer

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Je poursuivrai (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

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Je poursuivrai cette part la meilleure
De la lueur d’un printemps que je pleure,
Ce don divin qui jamais ne nous leurre.

(Francis Jammes)

Illustration

 

 

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À MOI PÈLERIN (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Erin Hanson
    
À MOI PÈLERIN

Me voici de retour sur la place tranquille :
à ton balcon solitaire oscille
le drapeau de la fête déjà terminée.
— Réapparais, dis-je. Mais seul l’âge
qui aspire aux sortilèges est leurré par l’écho
des carrières de pierre à l’abandon.
Depuis quand l’invisible ne répond-il pas
quand j’appelle comme autrefois dans le silence!
Tu n’es plus ici, ton salut ne me parvient
plus, à moi le pèlerin. La joie ne se révèle
jamais deux fois. Et l’extrême lumière
cogne sur le pin qui rappelle la mer.
Même l’image des eaux est vaine.

Notre terre est loin, dans le sud,
chaude de larmes et de deuils. Là-bas,
des femmes, dans leurs châles noirs,
parlent à voix basse de la mort
sur le seuil des maisons.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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CHANSON (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
CHANSON

J’ai cheminé, peinant mille après mille
Tandis qu’amour flamboyait en mon coeur
Pour m’abriter Mary dans ton sourire
Mais à l’amour ne répond que froideur
La froide terre eus-je pour lit et couette
Fidélité ne se dément jamais
Or je n’avais nul chez-moi pour ma tête
Si ce n’étaient mon amour et Mary

Je n’avais nul chez-moi pour mon jeune âge
Quand mon premier amour fut contrarié
Mais que son coeur batte toujours fidèle
Et jamais plus ne serons séparés
Car si changeant que son amour puisse être
Jamais le sien ne saurait varier
Ni jour ni nuit ne suis libre de peine
Moi qui toujours soupire après Mary
Ni jour ni nuit non plus qu’ombre ou soleil
Semaine mois ni vagabonde année
D’amour meurtri ne réparent la brèche
Là-bas folie — ici coeur désolé
Souriait-elle ah repartait la vie
Amour et foi me sont-ils ennemis
De quel espoir me pourrais-je leurrer
Sans nul amour ni chez-moi ni Mary

***

SONG

I’ve wandered many a weary mile
Love in my heart was burning
To seek a house in Mary’s smile
But cold is love returning
The cold ground was a feather bed
Truth never acts contrary
I had no home above my head
My home was love and Mary

I had no home in early youth
When my first love was thwarted
But if her heart still beats with truth
We’ll never more be parted
And changing as her love may be
My own shall never vary
Nor night nor day I’m never free
But sigh for absent Mary
Nor night nor day nor sun nor shade
Week month nor rolling year
Repairs the breach wronged love hath made
There madness — misery here
Life’s lease was lengthened by her smiles
Are truth and love contrary
No ray of hope my life beguiles
I’ve lost love home and Mary

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Amour dans l’asile (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Une étrangère est venue
Partager ma chambre dans la maison folle
Une fille, oiseau dément

Verrouillant la nuit de la porte avec son bras de plumes.
Droite dans le lit-labyrinthe
Elle leurre la maison à l’épreuve du ciel avec des nuages

Et elle leurre la chambre de cauchemar en marchant,
En liberté comme les morts,
Ou chevauche les océans imaginaires des pavillons d’hommes.

Elle est venue possédée
Celle qui accueille la lumière trompeuse à travers le mur bondissant,
Possédée par les cieux

Elle dort dans l’auge étroite et pourtant elle foule la poussière
Puis délire tout son soûl
Sur les planches de la maison de fous, amincies par mes pleurs en marche.

Et surpris par la lumière dans ses bras à la longue, enfin
Je peux sans faute
Souffrir la vision première qui mit feu aux étoiles.

(Dylan Thomas)

 

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Paysages intérieurs (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Paysages intérieurs

Mourir près de la mer
Qui ne sort pas de ses lumières
Qui jette son sablier
Dans les roues de la fortune

Je fus marin

Mourir près de la mer
Immense qui rêve ses passions
Qui poudroie sa monnaie de sel
Dans les jambes du temps

Mais les voiliers étaient partis

Mourir près de la mer
Qui canonne le ciel vide
Qui lance les fusées pâles de son tocsin
A l’horizon levant les brumes

Le temps n’avait pas attendu
L’enfant leurré par la mer oisive

Mourir près de la mer
Son peignoir de pigeons stupéfaits
Ouvert comme un balcon
Par dessus le désespoir des rêves

(Robert Momeux)

Illustration

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Pour tout ce que j’ai à faire (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
Pour tout ce que j’ai à faire
combien de temps m’est-il accordé ?

Cela, tu n’en sauras rien,
Tu as l’éternité et l’instant,
quelle importance ?

Le temps est l’hameçon des ténèbres,
ne te laisse pas leurrer,
n’aie d’autre souci que ta mission,
chaque jour.

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Vieillesse commençante (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Vieillesse commençante

C’est en vain aujourd’hui que le songe me leurre.
Me voici face à face inexorablement
Avec l’inévitable et terrible moment :
Affrontant le miroir trop vrai, mon âme pleure,

Tous les remèdes vains exaspèrent mon mal,
Car nul ne me rendra la jeunesse ravie…
J’ai trop porté le poids accablant de la vie
Et sanglote aujourd’hui mon désespoir final.

Hier, que m’importaient la lutte et l’effort rude !
Mais aujourd’hui l’angoisse a fait taire ma voix.
Je sens mourir en moi mon âme d’autrefois,
Et c’est la sombre horreur de la décrépitude !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Notre Heure (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




    
Notre Heure

ECOUTE le doux bruit de cette heure que j’aime
Et qui passe et qui fuit et meurt en un poème !

Ecoute ce doux bruit tranquille et passager
Des ailes de l’Instant qui s’envole, léger !

Je crois que ma douleur n’est que celle d’une autre…
Et cette heure est à nous comme une chose nôtre…

Car cette heure ne peut être à d’autres qu’à nous,
Avec son doux parfum et son glissement doux…

Elle est pareille à la chanson basse qui leurre
Et qui vient de la mer… Ah ! retenir notre heure !

O triste enchantement de se dire : Jamais
Je ne retrouverai cette heure que j’aimais !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Le long du quai (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




Le long du quai

Le long des quais les grands vaisseaux,
Que la houle incline en silence,
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des femmes balance.

Mais viendra le jour des adieux ;
Car il faut que les femmes pleurent
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent.

Et ce jour-là les grands vaisseaux,
Fuyant le port qui diminue,
Sentent leur masse retenue
Par l’âme des lointains berceaux.

(René-François Sully Prudhomme)

 

 

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