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ODE A DES FLEURS JAUNES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



ODE A DES FLEURS JAUNES

Sur l’azur mouvant ses azurs,
la mer, et sur le ciel,
des fleurs jaunes.

Octobre vient.

Et malgré
l’importance de la mer développant
son mythe, sa mission, son levain,
il éclate
sur le sable d’or
d’une seule
plante jaune
et ses yeux
s’amarrent
la terre,
fuyant la vaste mer et ses palpitations.

Poussière nous sommes et serons.
Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.

(Pablo Neruda)


Illustration: John Gormsen

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Le jeune boulanger (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Le jeune boulanger de mon lieu de naissance
Est vieux, aujourd’hui
Et il cuit du pain sans levain
Pour des clients qu’il ne connaît pas

(Abbas Kiarostami)

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ALBATRE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



ALBATRE

Émoi du ciel aux absides du sel
oiseau blanc nidifiant dans les ergs du temps
albâtre, songe des rives où les dieux
barattèrent le clair levain de l’aube.

(Jacques Lacarrière)

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Trop à l’étroit dans le malheur (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Trop à l’étroit dans le malheur, l’ayant crevé comme une vieille peau
Vieille tunique craque aux coutures, se déchire et se fend de bas en haut
L’ayant habité à sueur et à sang, vétuste caverne où s’ébrèche l’ombre du soleil
Ayant épuisé de tristes amours, la vie en rond, le cœur sans levain
Nous sommes réveillés un matin, nus et seuls sur la pierre de feu
Et la beauté du jour nous trouva sans défense, si vulnérables et doux de larmes
Qu’aussitôt elle nous coucha en joue comme des fusillés tranquilles.

(Anne Hébert)

Illustration: Janusz Orzechowski

 

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TRANSFUSION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

transfusion  0

TRANSFUSION

Incandescence de four. Ou immense
jet
d’hémoglobine —

: le blasphème
de leur parole vouée à la mort, gisant
dans le sang même
que ton coeur ouvert
prodigue toujours.

Pulsation —
et puis ce qui — (puis
quoi ?) — perce sous le crâne
du sphinx de ghetto — qui met au jour
l’ignominie
et la fièvre de ceux
qui ont renoncé. (Comme toi,
ils errent toujours, toujours
affamés, enfermés dans le pain
de la chair de personne, toujours se font
sentir) :
comme si, dans l’espace entre
le coucher et le lever du soleil,
une main
avait recueilli ton âme
et l’avait pétrie avec les pierres
dans le levain
de la terre.

(Paul Auster)

Illustration : Sandrine Genet

 

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Je nais toujours (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



 

Illustration: Laszló Mindszenti
    
Je nais toujours.
Je me dresse au travers d’une boule opaque.
Des layons me tentent d’une issue bleue.
Mais des menaces buissonnent épaissement
par-dessus le profond ciel enfoui.
Des formes d’échafaud ou des échafaudages.
les levains qui fermentent. Des signaux.
Je ne sais. Je distingue mal ce qui se passe.
toujours ardent, je vais parmi ma vie,
mal éveillé.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il suffit d’un regard (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




    
Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et déferle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi

Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou !

(Nadia Tueni)

 

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Les chemins tremblants (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration
    
Les chemins tremblants de la senteur des trèfles
s’en vont dans le soleil l’un vers l’autre
avec des voitures hautes comme des maisons
avec des hommes qui ne peuvent pas mourir le jour.

Près des buissons débordant d’un peu d’ombre
des paysans muets mangent leur soupe trop salée.
D’autres dorment une demi-heure
le corps uni au levain chaud du sol.

La colline comme un coeur au-dessus des sources
qui se tranchent l’aorte avec des cailloux clairs
vient au village par des chemins de soleil.
La fenêtre n’a pas remué son aile entr’ouverte.

La lumière tête nue sommeille sur le lit défait
un enfant se roule avec les poules dans la poussière.
La clarté se casse comme un verre en plein ciel
et libère les arbres dans un beau jour d’été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les mystérieux arrangements des lettres (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Si nous ne pouvons pas créer la voûte céleste,
c’est parce que nous ignorons
les mystérieux arrangements des lettres
avec lesquelles les cieux et la terre furent conçus.

Si nous ne pouvons empêcher la lumière de s’éteindre,
c’est parce que la combinaison des lettres qui la sauverait des ténèbres,
nous est inconnue.

Si nous ne pouvons, ô mort, que te considérer comme l’absurde
et douloureuse échéance de toute existence,
c’est parce que nous ne savons grouper selon la vie,
les lettres qui feraient de toi, non point son achèvement,
mais son levain.

(Edmond Jabès)

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Femme fenêtre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Femme fenêtre
aux rideaux chevelure
femme tenture
femme teinture du temps

Les grands troncs calcinés de l’oubli
gardent au coeur
les hiéroglyphes du lit

Femme levure
femme levain
femme au linge de lune
dans la dentelle des marées
Les dauphins souples du plaisir
en filigrane sous ta peau

Ce soir
chaque arbre est une église
dans un encens nouveau

Langue lente
au germoir du regard
cette fois un rien aurait suffi
pour que le vent traduise

(Werner Lambersy)

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