Arbrealettres

Poésie

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Les chemins tremblants (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration
    
Les chemins tremblants de la senteur des trèfles
s’en vont dans le soleil l’un vers l’autre
avec des voitures hautes comme des maisons
avec des hommes qui ne peuvent pas mourir le jour.

Près des buissons débordant d’un peu d’ombre
des paysans muets mangent leur soupe trop salée.
D’autres dorment une demi-heure
le corps uni au levain chaud du sol.

La colline comme un coeur au-dessus des sources
qui se tranchent l’aorte avec des cailloux clairs
vient au village par des chemins de soleil.
La fenêtre n’a pas remué son aile entr’ouverte.

La lumière tête nue sommeille sur le lit défait
un enfant se roule avec les poules dans la poussière.
La clarté se casse comme un verre en plein ciel
et libère les arbres dans un beau jour d’été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les mystérieux arrangements des lettres (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Si nous ne pouvons pas créer la voûte céleste,
c’est parce que nous ignorons
les mystérieux arrangements des lettres
avec lesquelles les cieux et la terre furent conçus.

Si nous ne pouvons empêcher la lumière de s’éteindre,
c’est parce que la combinaison des lettres qui la sauverait des ténèbres,
nous est inconnue.

Si nous ne pouvons, ô mort, que te considérer comme l’absurde
et douloureuse échéance de toute existence,
c’est parce que nous ne savons grouper selon la vie,
les lettres qui feraient de toi, non point son achèvement,
mais son levain.

(Edmond Jabès)

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Femme fenêtre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Femme fenêtre
aux rideaux chevelure
femme tenture
femme teinture du temps

Les grands troncs calcinés de l’oubli
gardent au coeur
les hiéroglyphes du lit

Femme levure
femme levain
femme au linge de lune
dans la dentelle des marées
Les dauphins souples du plaisir
en filigrane sous ta peau

Ce soir
chaque arbre est une église
dans un encens nouveau

Langue lente
au germoir du regard
cette fois un rien aurait suffi
pour que le vent traduise

(Werner Lambersy)

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