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Poésie

Posts Tagged ‘levé’

Être coupé de Lui (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



 

Aaron Westerberg ak

Être coupé de Lui
Transforme l’unique seconde en un millier de jours

Et par souffrance et affres
Une seule nuit se prolonge en un millier d’années

Cependant que s’écrient ceux qu’illumine l’Union :
«Le Jour du Couronnement, ah ! qu’il vienne !»

Quand, révélant la Cour de l’Union,
Le rideau est à la fin levé

Et que la distance qui de l’Ami nous éloignait
Se disloque et part en pièces au battement du tambour

Tambour de mort
Tambour de la séparation

(Râbi’a)

Illustration: Aaron Westerberg

 

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Réapprendre (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Réapprendre, refaire la découverte du monde,
retrouver la beauté nue de chaque chose
et ce rapport des simples outils
avec le bras tendu ou levé de l’artisan.

(Jean Follain)

 

 

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Je voudrais être quelqu’un d’autre (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Je voudrais être quelqu’un d’autre
mais je ne sais qui.
Un étranger se tient dos tourné, le front
levé vers la demeure embrasée des étoiles.
Je ne verrai jamais ses yeux
ni jamais les traits de son visage.
Je voudrais être quelqu’un d’autre,
un étranger, un autre que moi.

***

Jag ville vara en annan,
men jag vet inte vem.
En främling stär bortvänd, med pannan
mot stjärnornas lägande hem.
Jag skall aldrig se hans ögon
och aldrig hans anletsdrag.
Jag ville vara en annan,
en främling, en annan än jag.

(Pär Lagerkvist)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Mon verre levé (Janine Tavernier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



femme verre 

Mon verre levé à la santé des morts
mon verre levé à la santé des spectres
mon verre levé à la santé des absents
Je suis du monde des ombres de la fumée et de l’oubli
On m’a volé mes joies jusqu’au fond de mes peines
On m’a volé ma vie
Mais tu me restes ô ma solitude
toi que je n’ai pas choisie qui m’appartiens pourtant
comme l’amour appartient à la vie
comme le souvenir appartient au temps
Sois à moi et demeure
fleur vivante parmi tant d’autres mortes

(Janine Tavernier)

Illustration

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LE STRANDLOOPER (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



LE STRANDLOOPER

Nomade de la côte

pionnier paléolithique
de la vieille ère boréale

il allait de roc en roc
en quête de buccins et de berniques
délogeait les couteaux et les coques

mais passait aussi de longues heures
à errer le long des sables
la nuit, là-bas dans les hautes terres
les yeux levés vers les étoiles.

***

THE STRANDLOOPER

Nomad of the coast

paleolithic pathfinder
in the old boreal days

went from rock to rock
looking for whelks and limpets
dug for razorfish and cockles

but also spent many an hour
just wandering along the sands
at nights, there in the high lands
looking up at the Great Bear.

(Kenneth White)

 

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Encore? (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Encore?

Dis-moi que tout n’est pas fini de mon enfance
que je n’ai pas épuisé les jeux,
ceux où l’on rampe,
ceux où l’eau coule dans la poussière,
que je rirai de nouveau dans un tablier blanc.

Dis-moi que mon âme sera tendre
et que de belles mains inconnues doucement
la couvriront de fleurs
qu’on cherchera encore mon âme
dans mes yeux levés vers le ciel.

Qui sera là tout près de moi ?
quelle voix tranquille assurera
la musique en mon coeur ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Présence (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    

Présence

Ta main est là sans beauté, sans finesse
ta main est là sans chaleur
miracle ta main près de moi
palpitante d’un coeur,
en silence pareille aux cent millions de mains
levées sur mes yeux pour les gestes
dérisoires qu’usent les rondes de la terre.

Lumière ta main brûlée, plus rare, d’ancien enfant
parmi les cils retrouvée
chère comme la vie d’un ciel éteint que nous savons
unique ainsi que ma douleur en cet instant
car tout mystère glisse d’elle pour mon coeur
ô ta main ! d’être tienne transfuge de la race
bandeau d’éternité si tu l’offres à mon front
fermant ces yeux déçus pour l’oubli par toi-même
des blessures des ombres qu’un cauchemar impose.

Je n’ai rien reconnu sur cette terre
aucun poids pour souffrir aucun envol
je n’ai rien reconnu que ton visage
image sans mensonge de ton âme.
Je n’ai rien reconnu sur cette terre
que sa pâleur de neige frêle encore à neiger.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Les yeux levés vers le ciel (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
Les yeux levés vers le ciel
Je compte les étoiles du printemps
Une deux trois

(Sôseki)

 

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X)

Enfermé dans un horizon sans altitude,
je n’ai devant moi que chemins en fuite
vers un lointain de plus en plus illisible,
de plus en plus tourné sur ton absence.

J’attends en vain que vienne à ma rencontre
un arbre qui marcherait sur ses racines,
mais c’est à peine s’il me fait signe
en remuant un bras d’où quelques feuilles tombent.

Les fleurs sourient d’une façon si banale
qu’il me tarde quand je reviens à la nature
de la quitter pour la ville où je suis sûr
qu’un seul de tes baisers me bouleversera jusqu’à la moelle.

Il reste les couchants dont je ne puis me déprendre
parce qu’ils ont brillé au-dessus de mon enfance
comme mille mains levées sur un navire en partance
pour un pays que tu es seule à savoir me rendre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je suis couvert de la mort (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration
    
Je suis couvert de la mort comme d’un lichen
sans autres racines que celles de mes mains,
que celles de mes songes dans la nuit
ou que celles de mes pas aussitôt effacés.

Le sang levé pour le bonheur
ne monte pas au-dessus des mains
qui l’entourent, elles-mêmes prisonnières
de la terre qui se ferme jusqu’en leurs doigts.

Et pourtant le soleil tient la plaine contre lui.
Il n’y a plus d’ombre au fond des arbres,
il n’y a plus qu’une clarté sans paupières
qui touche le monde à la place des sources.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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