Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lexique’

Ni fleur ni couronne (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Ni fleur ni couronne

Ni fleur
ni couronne
ni pleur
ni parole

ni deuil
ni prière
au seuil
du mystère

ni marbre
ni granit
mais l’arbre
au zénith

Là-haut
un lexique
d’oiseaux
à musique

Remettre
mon néant
au maître
de céans !

Rendus
tous mes rôles.
Perdu
corps et biens.

Enfoui…
Je n’y suis
pour rien
ni personne.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Gilbert Garcin

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La définition de l’amour (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Dans le lexique de ma vie
La définition de l’amour
Change sans cesse

(Abbas Kiarostami)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

Poème sans connaissance (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
Poème sans connaissance

Le chat
lorsqu’il a faim
manque d’humour
et le printemps
lorsqu’il débute
manque de bonne humeur,
mais moi j’ignore
ce qui me fait défaut,
peut-être une pensée
derrière le décor
ou une émotion
derrière le lexique.
Il y a quelque chose
au bout de cette feuille
qui pourrait peut-être
la changer en poème
si toutefois vos ombres
voulaient bien
rencontrer les miennes
– pour que la lumière soit.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une amitié (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Benjamin Dominguez
    
Une amitié,
ce n’est peut-être
qu’un échange de lexique.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Il cherche un mot (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Illustration: Horace Vernet 
    
Il cherche un mot

Il cherche un mot qu’il a perdu jadis
dans sa mémoire ou dans le grand canal
qui le relie à des fleuves perdus,
un mot sans joie et dont il ne sait rien
sinon qu’il pleure un abandon fatal.

Il cherchera tout au long de sa vie
dans le lexique ou dans le volubulaire.
Il croit qu’il vole, à moins que minéral,
il soit joyau, à moins que végétal,
il soit caché dans le jardin des jours.

Et le voilà, ce mot, il filtre à peine
et l’homme rêve : il va surprendre enfin
ce qui fuyait sa vie et sa pensée.

Ce mot qui tremble, il est la clé du monde.
L’homme l’entend, il va le révéler
lorsque la mort pose un doigt sur sa bouche.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pardonnez-moi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
Pardonnez-moi

Pardonnez-moi de n’être qu’une lettre,
un code écrit, pardonnez-moi de n’être
que mon mystère et non celui du monde.

J’étais lexique, on feuilletait mes pages
pour y trouver des signes oubliés.
Qui me lisait devenait vite aveugle.

Effacez-moi. S’il se peut soyez gomme
pour ce fusain qui dessine un visage
dont je ne sais s’il est silence ou cri.

Éperdument l’ombre, l’oiseau, la femme
et ma tristesse, amour éperdument
pour me brûler dans l’absence du feu.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lettre après lettre (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
Lettre après lettre

Lettre après lettre il égrène les mots.
Sa peur de l’ombre est telle qu’il se jette
dans un lexique éclatant de soleil.

D’un règne à l’autre, un oiseau, le vertige.
Quelle stupeur quand la voix se retire
et que le cri vole parmi les fleurs !

Lettre après lettre il arrime le monde
à son désir, il mêle toutes langues
pour inventer la bouche universelle.

Coq de combat celui qui chante l’aube.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE TRAVAIL CONTINU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LE TRAVAIL CONTINU

À l’ombre du mot tilbury
se reposait un soir de juin
un homme qui tentait d’enter
un vers marron sur de la prose
Cette opération monstrueuse
l’occupait de telle façon
qu’il ne vit point passer la phrase
qui l’aurait tiré d’embarras
Il s’acharnait en grommelant
cependant que sous le ciel rose
la lune d’un pas turbulent
traversait des nuages lyriques
Lorsque l’entracte fut fini
l’horticulteur pédagogique
remit dans l’ombre le lexique
et saisissant sa douce hie
il se pencha de nouveau sur
son travail presque minéral
Paveurs Pavés êtes ainsi
lorsque tombe le crépuscule
l’écho des poètes passés
dans cette rue presque nocturne

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le paysage (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

roses lilas

Le paysage

J’avais rêvé d’aimer. J’aime encor mais l’amour
Ce n’est plus ce bouquet de lilas et de roses
Chargeant de leurs parfums la forêt où repose
Une flamme à l’issue de sentiers sans détour.

J’avais rêvé d’aimer. J’aime encor mais l’amour
Ce n’est plus cet orage où l’éclair superpose
Ses bûchers aux châteaux, déroute, décompose,
Illumine en fuyant l’adieu du carrefour.

C’est le silex en feu sous mon pas dans la nuit,
Le mot qu’aucun lexique au monde n’a traduit
L’écume sur la mer, dans le ciel ce nuage.

À vieillir tout devient rigide et lumineux,
Des boulevards sans noms et des cordes sans noeuds.
Je me sens me roidir avec le paysage.

(Robert Desnos)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

L’édifice (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



L’édifice

Le mot dormant qui nous appelle à l’aide
Et le secours que l’on demande au mot,
Chacun cherchant le plus lointain des frères
Pour fondre au feu d’un unique creuset.

Serait-ce là toute notre aventure :
Chercher demeure et soi-même logeant
des pèlerins venus des antipodes
Et des amis de l’autre bout des mots.

Je prétends qu’aube est contraire de l’aube
Selon le lieu de leur couronnement.
L’aube dans l’aube est une poupée russe
Et deux miroirs reflétant l’infini.

Dans cet enfer de me chercher toujours,
Je me voudrais jeune comme un vieux mot
Qui va jaillir de mon lexique en flammes
Étincelant le temps de le nommer.

Je le repère et le déguste, lui
Qui m’envahit, fait de moi nourriture
Et m’édifie en miracles concrets,
La solitude émigrant de mon corps.

Ainsi je fus mon propre vêtement
Et ma parure et chacun de mes os
Comme une lettre étayant l’édifice
Et lui donnant la grâce du voyage.

Astre si clair qu’il m’éclaire au dedans,
Que je suis lampe et qu’il m’offre son huile.
Petite flamme, il te fallait bien naître
Pour que la mort ne me rejoigne pas.

Je sais encore un tout autre prodige,
Celui du mot à son commencement,
Et je suis source en quête de ma source
Pour trouver l’eau de mes métamorphoses.

(Robert Sabatier)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :