Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Li Taï-Po)’

LA FLEUR ROUGE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 

l-estampe-japonaise [1280x768]

LA FLEUR ROUGE

En travaillant tristement près de ma fenêtre, je me suis piquée au doigt ;
et la fleur blanche, que je brodais, est devenue une fleur rouge.

Alors, j’ai songé brusquement à celui qui est parti, pour combattre les révoltés ;
j’ai pensé que son sang coulait aussi, et des larmes sont tombées de mes yeux.

Mais j’ai cru entendre le bruit des pas de son cheval, et je me suis levée toute joyeuse ;
c’était mon coeur qui, en battant trop vite, imitait le bruit des pas de son cheval.

Je me suis remise à mon ouvrage, près de la fenêtre,
et mes larmes ont brodé de perles l’étoffe tendue sur le métier.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

PENSÉES DU SEPTIÈME MOIS (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



vieille femme316

PENSÉES DU SEPTIÈME MOIS

Au milieu des fleurs de mon jardin,
je songe, en buvant un vin,
frais et transparent comme le jade.
Le vent me caresse doucement les joues
et rafraîchit l’air brûlant ;
mais, quand l’hiver viendra,
comme je ramènerai mon manteau !

La femme, dans la splendeur de sa beauté,
est pareille au vent tiède d’août :
elle rafraîchit et parfume notre vie ;
Mais, lorsque la soie blanche de l’âge couvre sa tête,
nous la fuyons comme le vent d’hiver.

(Li Taï Po)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MONTAGNE DE LA PORTE CÉLESTE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



lune

 

LA MONTAGNE DE LA PORTE CÉLESTE

Comme un sabre,
Le fleuve Ts’ou a fendu la montagne.
Cette jonque d’or, là-bas, sur le fleuve…
Non C’est la lune qui se lève

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À l’heure où les corbeaux (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

estampe 1

À l’heure où les corbeaux
se perchaient sur la tour de Kou-sou,
les danses de la belle Feï Yen
enivraient déjà l’Empereur.

Le soleil a disparu derrière les collines vertes,
la flèche d’argent de la clepsydre d’or
a longuement annoncé que la nuit était venue,
la lune s’est enfoncée dans les eaux du Kiang,
le vent de l’aube a éteint les étoiles,
et Feï Yen, infatigable, ne s’est pas arrêtée.

Maintenant, elle dort, près du Fils du Ciel.
L’ombre d’une fleur de pêcher danse sur sa joue.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si la vie est un songe à quoi bon me tourmenter (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Si la vie est un songe
A quoi bon me tourmenter
Je puis m’enivrer sans remords
Et si j’en viens à tituber
Je m’endormirai sous le porche de ma demeure
A mon réveil un oiseau chante parmi les fleurs.
Je lui demande quel jour nous sommes.
Il me répond : au printemps,
la saison où l’oiseau chante !
Je me sens étrangement ému
Et prêt à m’épancher.
Mais je me reverse à boire
Et je chante tout le jour
Jusqu’à ce qu’apparaisse la lune du soir.
Et quand mes chants se taisent
Je n’ai plus conscience de ce qui m’entoure.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ADIEU (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



petale-de-rose--

L’ADIEU

L’oiseau yüan et l’oiseau yang
nagent côte à côte sur le fleuve Kin
dont les eaux coulent paisiblement vers le nord.
Quand l’oiseau yüan s’arrête à l’ombre d’un arbre de la rive,
sa compagne s’arrête parmi les roseaux en fleurs.
Tous deux préféreraient la mort ou la captivité plutôt que la fuite,
si, pour fuir, ils devaient se séparer.

Adieu, seigneur de ma vie!
Aucune fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.
Malgré la croyance générale, les plantes ne sont pas insensibles.
Qu’advient-il à celles dont la nature est de s’attacher ?
L’une vit et meurt à l’endroit même
où le vent laissa tomber la graine
qui lui donna le jour ;
l’autre périt dès qu’on l’arrache de l’abri qu’elle avait choisi.
La nature est clémente pour la fleur,
et l’homme est cruel pour la femme qui l’aime.

Adieu, seigneur de ma vie !
Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

En souvenir de moi, gardez ces trois hirondelles de jade.
Elles brillaient dans ma chevelure, le jour de notre mariage.
Essuyez-les, chaque soir, avec votre manche de soie.
Et ne roulez jamais la natte sur laquelle vous m’avez caressée…
Laissez les araignées y tendre leurs fils.
Permettez-moi de vous demander
de conserver toujours le bloc d’ambre
sur lequel je posais ma tête, pour dormir.
Les rêves qu’il vous donnera vous rappelleront notre passé.

Adieu, seigneur de ma vie !
Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

J’ai oublié, dans votre coffre sculpté, mon petit manteau de plumes.
Ne le mettez jamais sur d’autres épaules que les vôtres.
Quant à mon miroir, mon miroir d’argent
où mon cœur se réfléchissait comme un visage au fond d’un puits,
tendez-le souvent à votre nouvelle épouse,
et qu’il vous aide à connaître son cœur.
Adieu, seigneur de ma vie !

Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BONHEUR (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



 

Serpent_Nouvel_An_fille [1280x768]

LE BONHEUR

Je suis vieux.
Rien ne m’intéresse plus.
D’ailleurs, je ne suis pas très intelligent,
et mes idées ne sont jamais allées plus loin que mes pas.
Je ne connais que ma forêt, où je reviens.

Impatiente de m’entendre parler
aux arbres, aux sources, la lune sort des nuages, et rit.

Vous me demandez quel est le suprême bonheur, ici-bas?
C’est d’écouter la chanson d’une petite fille qui s’éloigne
après vous avoir demandé son chemin.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROSE ROUGE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

chinoise

LA ROSE ROUGE

L’épouse d’un guerrier est assise près de sa fenêtre.
Le cœur lourd, elle brode une rose blanche
sur un coussin de soie.
Elle s’est piqué le doigt !
Son sang coule sur la rose blanche,
qui devient une rose rouge.

Sa pensée va retrouver son bien-aimé qui est à la guerre
et dont le sang rougit peut-être la neige.

Elle entend le galop d’un cheval.
Son bien-aimé arrive-t-il enfin ?

Ce n’est que son cœur qui bat à grands coups dans sa poitrine.

Elle se penche davantage sur le coussin,
et elle brode d’argent ses larmes qui entourent la rose rouge.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PETITE FÊTE INTIME (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



lune [1280x768]

PETITE FÊTE INTIME

Je prends un flacon de vin
Et je vais le boire parmi les fleurs,
Nous sommes toujours trois,
Comptant mon ombre et mon amie la lune

Heureusement que la lune ne sait pas boire
Et que mon ombre n’a jamais soif

Quand je chante, la lune m’écoute en silence.
Quand je danse, mon ombre danse aussi.

Après tout festin les convives se séparent.
Je ne connais pas cette tristesse
Lorsque je regagne ma demeure,
La lune m’accompagne et mon ombre me suit.

(Li Taï Po)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CHANSON DECHIRANTE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



Suzuki Harunobu sc151625

LA CHANSON DECHIRANTE

Vous me répétiez :
« Nous vieillirons ensemble.
En même temps que les miens,
tes cheveux deviendront blancs
comme la neige des montagnes,
comme la lune d’été.. .»

Aujourd’hui, Seigneur,
j’ai appris que vous aimiez une autre femme,
et je viens, désespérée, vous dire adieu.

Une dernière fois,
versons le même vin dans nos deux tasses.
Une dernière fois, chantez la chanson
qui parle d’un oiseau mort sous la neige.

Puis j’irai m’embarquer sur le fleuve Yu-keou
dont les eaux se divisent
pour couler vers l’est et vers l’ouest.

Pourquoi pleurez-vous, jeunes filles qui vous mariez ?
Vous épousez peut-être un homme au cœur fidèle,
un homme qui vous répètera sincèrement :
« Nous vieillirons ensemble… »

(Li Taï Po)

Illustration: Suzuki Harunobu

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :