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Posts Tagged ‘libellule’

SAGESSE (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

SAGESSE

La facette secrète du diamant
L’impossible vérité
L’intime du souffle
L’encre figée sur le papier.
La présence du silence
A l’instant de mourir
Étrangers, de se perdre dans le tourment d’une antique parole,
J’ai rêvé l’émerveillement du soleil sur une pierre blanche
et l’eau de lune enveloppée de la nuit.
Sur le carreau du temps bourdonne une libellule,
Devenir, le silence, le repos, le passage, l’exil
l’ombre commune, le malheur commun, l’errance
la soif, l’absolu, le désert de l’âme, la source de la joie
l’amer, l’infini, le grain de sable, l’étoile
Les mots, corps célestes
Une interrogation
éternelle en deçà de la mort
Présence des visages
Avec pour exil, le même mot
Avec
pour voyage, le regard de la
même eau
Avec pour bagage, l’amour
du même feu.

(Nicole Barrière)

 

 

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Libellules sur le ruisseau (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



Libellules sur le ruisseau,
les rayons du soleil
vous piquent aux roseaux.

(Paul Fort)

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Ce n’était pas encore l’allégresse (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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Ce n’était pas encore l’allégresse
mais le ciel dans les pommiers
au plus près des oiseaux
allait jusqu’à la danse
et les fleurs les plus graciles
se faisaient libellules

Ils se donnaient tels qu’ils étaient
avec dans leurs paroles
le risque de l’amitié

(Georges Bonnet)

Illustration: Edvard Munch

 

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Un soleil, un silence, une source (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Un soleil, un silence, une source
le vol transparent d’une libellule
l’ombre bleue où lézarde un parfum d’herbe rousse
tous les présents joyeux des canicules
désirés par les coeurs et par les brins de mousse
heureux mais alarmés de tant de chaleurs douces

et ma main solitaire se brûle
malgré l’amitié de l’eau fraîche
sur la pierre polie et sèche
au souvenir des vies offertes
et des corps qui désertent.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Le ciel de l’aube (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

Le ciel de l’aube
en quête d’un langage

Le déroulé des tuiles
Les bruits qui s’éclairent

La montée des désirs
libellules de la vie

(Georges Bonnet)

 

 

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SAINTE CHAPELLE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




SAINTE CHAPELLE

Monte la plus fine
Taille de Paris
Robe de dauphine
Le dessin suffit
Le geste d’ondine
La reine des gris

Ami, disait Blanche
Qu’amour ne t’enivre
Sourire de l’ange
Qui lit dans le livre
Louis fait vendange
Les oiseaux sont ivres

Sainte libellule
Le roi peut entrer
Sans lampe qui brûle
Mon coeur est gardé
Dieu dans ma cellule
Ne fait que chanter.

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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Suspendue au fil du lumineux été (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Suspendue au fil
Du lumineux été
La libellule
En gloire semble attester
que vivre est une royauté
Fragile

(Anne Perrier)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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MESSAGE DU PAYS NATAL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2016



 


MESSAGE DU PAYS NATAL

Te souviens-tu, quand tu étais enfant,
Que rien dans le monde ne te semblait étrange ?
Tu percevais, pour la première fois, des formes déjà familières,
Et tu savais en les voyant que tu avais toujours connu
Le lichen sur le roc, les feuilles de fougère, les fleurs du thym,
Comme si les éléments nouvellement rencontrés dans ton corps,
Pris dans le tourbillon éphémère de ton être,
Gardaient la réminiscence d’un état antérieur,
Retenaient en toi le souvenir du nuage et de l’océan,
L’arbre qui s’éploie, la flamme qui danse.

Aujourd’hui, quand l’obscurité de la nature te paraît étrange,
Et que tu marches, étrangère, dans les rues des villes,
Souviens-toi que la terre t’a aspirée en elle avec l’air, avec les rayons du soleil,
T’a étendue endormie dans ses eaux, pour rêver
Avec la truite brune parmi les racines de la millefeuille,
T’a façonnée avec la substance de l’étoile et de l’océan,
T’a conçue à la même source
Que le soleil et le feuillage, le poisson et la rivière.

De toutes les choses créées la source est unique,
Simple, une comme l’amour ; rappelle-toi
La cellule, la graine de vie, la sphère
Qui est l’enfant, l’oiseau blanc, la libellule bleue,
La fougère verte, la tormentille d’or à quatre pétales,
Le souvenir ultime.
Chaque cellule latente engendre un avenir,
Déplie sa complexité différente.
Comme un arbre étend ses feuilles, et tisse son destin,
Empreinte de fougère, plume d’oiseau, écaille de poisson.
La mousse propage sa croûte verte sur la tourbe,
Le germe de la libellule prend vie et s’envole
Comme de la boue éclôt le nénuphar sur sa tige visqueuse
Pour ouvrir son doux calice blanc vers le ciel.
L’homme, devant s’éloigner plus de sa simplicité,
Se sépare du marais archaïque, du poisson et du nénuphar,
Et entreprend son long voyage dans l’exil.

Alors que tu abandonnes l’Eden, souviens-toi du pays natal,
Car tant que tu replonges dans ton propre être
Tu ne seras pas seule ; les premiers à t’accueillir
Seront ces enfants jouant près du ruisseau,
Les loutres nageront vers toi dans la baie,
Le chevreuil courra près de toi sur la lande.
Souviens-toi mieux, et les oiseaux apparaîtront,
Les bancs de poissons argentés viendront à ta rencontre.
Plus obscures, plus étranges, des vies plus mystérieuses
Se grouperont autour de toi près de la source
Où les profondes racines de l’arbre boivent à l’abîme.

Rien dans cet abîme ne t’est étranger.
Dors à la racine de l’arbre, où la nuit est tissée
Dans l’étoffe des mondes, écoute le vent,
Les marées, les harmonies de la nuit, et reconnais
Tout ce que tu as connu avant de commencer à oublier,
Avant de te détacher de ton propre être,
Avant d’avoir été trop longtemps séparée de ces autres
Enfants plus simples, qui sont restés au pays
Dans les prairies, les îles, les forêts, à la mer, à la rivière.
La terre envoie l’amour d’une mère à son fils exilé,
Confiant son message à la lumière, à l’air,
Au vent, aux vagues qui portent ton navire, à la pluie qui tombe,
Aux oiseaux qui t’appellent, et à tous les bancs de poissons
Qui nagent dans les eaux natales de l’océan.

***

MESSAGE FROM HOME

Do you remember, when you were first a child,
Nothing in the world seemed strange to you?
You perceived, for the first time, shapes already familiar,
And seeing, you knew that you have always known
The lichen on the rock, fern-leaves, the flowers of thyme,
As if the elements newly met in your body,
Caught up into the momentary vortex of your living
Still kept the knowledge of a former state,
In you retained recollection of cloud and ocean,
The branching tree, the dancing flame.

Now when nature’s darkness seems strange to you,
And you walk, an alien, in the streets of cities,
Remember earth breathed you into her with the air, with the sun’s rays,
Laid you in her waters asleep, to dream
With the brown trout among the milfoil roots,
From substance of star and ocean fashioned you,
At the same source conceived you
As sun and foliage, fish and stream.

Of all created things the source is one,
Simple, single as love; remember
The cell and seed of life, the sphere
That is, of child, white bird, and small blue dragon-fly
Green fern, and the gold four-petalled tormentilla
The ultimate memory.
Each latent cell puts out a future,
Unfolds its differing complexity.
As a tree puts forth leaves, and spins a fate
Fern-traced, bird-feathered, or fish-scaled.
Moss spreads its green film on the moist peat,
The germ of dragon-fly pulses into animation and takes wing
As the water-lily from the mud ascends on its ropy stem
To open a sweet white calyx to the sky.
Man, with farther to travel from his simplicity,
From the archaic moss, fish, and lily parts,
And into exile travels his long way.

As you leave Eden behind you, remember your home,
For as you remember back into your own being
You will not be alone; the first to greet you
Will be those children playing by the burn,
The otters will swim up to you in the bay,
The wild deer on the moor will run beside you.
Recollect more deeply, and the birds will come,
Fish rise to meet you in their silver shoals,
And darker, stranger, more mysterious lives
Will throng about you at the source
Where the tree’s deepest roots drink from the abyss.

Nothing in that abyss is alien to you.
Sleep at the tree’s root, where the night is spun
Into the stuff of worlds, listen to the winds,
The tides, and the night’s harmonies, and know
All that you knew before you began to forget,
Before you became estranged from your own being,
Before you had too long parted from those other
More simple children, who have stayed at home
In meadow and island and forest, in sea and river.
Earth sends a mother’s love after her exiled son,
Entrusting her message to the light and the air,
The wind and waves that carry your ship, the rain that falls,
The birds that call to you, and all the shoals
That swim in the natal waters of her ocean.

(Kathleen Raine)

Illustration: Edouard Boubat

 

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Les ombellules (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



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Les ombellules

Les ombellules du cerfeuil sauvage
les mots appellent
nous entraînent derrière la fleur
jusqu’à son nom

volant vers l’ ombellule
l’esprit voyage
comme une libellule entre l’ombre
et le soleil
si belle
au-dessus des bulles
de l’étang

et du fond de quelles prairies
la berceuse
lullaby lullaby
sous les ombrelles fanées
de l’enfance

mais le cerfeuil sauvage
dresse sa tête couronnée
dont les yeux brillent soudain
dans les sombres forêts
de la mémoire
et entre les grands bois tordus
évidente
la croix

les mots s’éloignent
se mêlent
une embellie parmi les feuilles
et les ombelles
lullaby lullaby
le grand cerf au fond des âges
dont les yeux pleurent
quand une voix murmure
les ombellules du cerfeuil sauvage.

(Jean Mambrino)

 Illustration

 

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Qui a besoin d’autre famille? (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Mon cousin le caillou.
Ma belle-soeur la libellule.
Mon frère le gazon.
Mon père l’azur glabre,
pensif, indifférent.
Et ma mère multiple,
quelquefois taupe,
quelquefois neige sur un lac.

Qui a besoin d’autre famille?

(Alain Bosquet)

 

 

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