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Emmenez-moi (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Emmenez-moi

Vers les docks où le poids et l’ennui
Me courbent le dos
Ils arrivent le ventre alourdi
De fruits des bateaux

Ils viennent du bout du monde
Apportant avec eux des idées vagabondes
Aux reflets de ciels bleus
De mirages

Traînant des senteurs poivrées
De pays inconnus
Et d’éternels étés où l’on vit presque nus
Sur les plages

Moi qui n’ai connu toute ma vie
Que le ciel du nord
J’aimerais débarbouiller ce gris
En virant de bord

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les marins
Quand on parle de filles et d’amour
Un verre à la main

Je perds la notion des choses
Et soudain ma pensée
M’enlève et me dépose
Un merveilleux été
Sur la grève

Où je vois tendant les bras
L’amour qui comme un fou
Court au devant de moi
Et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins
Rejoignent leur bord
Moi je rêve encore jusqu’au matin
Debout sur le port

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Un beau jour sur un rafiot craquant
De la coque au pont
Pour partir je travaillerais dans
La soute à charbon

Prenant la route qui mène
À mes rêves d’enfant
Sur des îles lointaines
Où rien n’est important
Que de vivre

Où les filles alanguies
Vous ravissent le cœur
En tressant m’a t’on dit
De ces colliers de fleurs
Qui enivrent

Je fuirais laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le cœur libéré
En chantant très fort

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…
Lalalalalalalalalalalalalalalala…
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…
Lalalalalalalalalalalalalalalala…

(Charles Aznavour)

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LETTRE A UN AMI TURC (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



LETTRE A UN AMI TURC

Tu as une épine dans le pied
Mon frère
J’en ai une dans le cœur,
Pour toi
Comme pour moi
Elle rend les choses difficiles
Inconfortable

La rose a des épines
Si l’on n’y prend garde
Une goutte de sang peut perler au bout des doigts
Mais si l’on fait attention
Elle fait don de sa beauté,
Embellit et parfume nos jours
Allant même
Jusqu’à flatter notre palais
Par ses douceurs.

J’aime les roses
Leurs épines existent
Nous n’y pouvons rien
Mon frère….
Si tu décidais d’extraire
L’épine que j’ai au cœur
Celle que tu as dans le pied
Disparaîtrait d’elle même
Et nous serions toi et moi
Libérés
et frères …

(Charles Aznavour)

Découvert ici Poèmes arméniens

 

 

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Lettre ouverte aux copains et copines (14 janvier 2011) (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Lettre ouverte aux copains et copines (14 janvier 2011)

Sur le point d’achever mon aventure terrestre et de pousser
mon dernier couac
Je vous remercie tous et toutes pour votre immense
gentillesse
Je partirai de ce monde totalement libéré
Ne resteront que notre indestructible amitié
Et mon œuvre
Laquelle pour l’instant demeure lettre morte
Enterrez-moi sous un dolmen
Sur lequel vous ferez graver : « Ici on se rince la dalle »
Pique-niquez sur lui avec bons vins et bonne chère
Mais ne me pissez pas dessus
Et n’oubliez pas : on survit à toutes les morts sauf à la sienne

(Jean-Claude Demay)

 

 

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LE CHANT PROFOND (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




LE CHANT PROFOND

De la profonde nuit j’ai été libéré.
Mon âme s’étonne en immortalité,
Mon âme par-delà temps et espace
Épie la mélodie de l’éternité !
Ni jour ni plaisir, ni nuit ni souffrance
Est la mélodie de l’éternité,
Depuis que j’ai surpris l’éternité
Je ne ressens plus plaisir ni souffrance.

***

DAS TIEFE LIED

Aus tiefer Nacht ward ich befreit.
Meine Seele staunt in Unsterblichkeit,
Meine Seele lauscht über Raum und Zeit
Der Melodie der Ewigkeit !
Nicht Tag und Lust, nicht Nacht und Leid
Ist Melodie der Ewigkeit,
Und seit ich erlauscht die Ewigkeit,
Fühl nimmermehr ich Lust und Leid !

(Georg Trakl)

Illustration

 

 

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PAROLE DE FEU (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

PAROLE DE FEU

Tu vires au-dehors. Tu croules au-dedans.
Tu es debout.

Bercé
par le gong des heures
qui a frappé sous le houx
douze coups
plus silencieux que toi, quelque chose,
libéré par quelqu’un,
sauve ton nom du charbon.

Tu es debout
là encore, respirant
dans le soleil fantôme
entre glace et rêverie.

Je suis venu de si loin pour toi,
la voix
qui me fait écho
n’est plus la mienne.

(Paul Auster)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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J’aimais le riz (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 

Illustration: Laurent Connabel
    

J’aimais le riz

J’aimais le riz, j’aimais l’intelligence,
j’aimais l’amour mais je ne m’aimais pas.
Les mots sont doux s’ils s’envolent des phrases,
si comme Icare ils fondent au soleil.

Et je suis là, je marche sur la terre
de mon pas lourd. Je vois tant de fantômes
qu’entre eux je glisse en demandant excuse
d’être vivant tout en ne vivant pas.

Quand, libéré, je secouais mes chaînes,
je ne pensais qu’à l’autre me lier.
Oh ! j’ai grand-peur d’être le seul au monde
à ne savoir où poser mon vertige.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Souvent tout allait de soi (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Souvent tout allait de soi
Au petit jour le paysage
était libéré du haut de la colline

Chaque regard prenait son ciel
chaque fierté sa hauteur

Les prés avaient leur voix d’enfance
les buissons leurs frissons de bêtes

Retour de chasse le soleil
le soir gardait ses mesures
avec la tendresse d’une main après l’amour

(Georges Bonnet)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Le chant (Antonio Porta)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



Je n’attends rien
j’attends un chant
le chant libéré de l’écriture
libéré de soi-même.
c’est ça que nous cherchons
avec l’art ?

avec la poésie?
le chant?

(Antonio Porta)

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Illusion (Orhan Veli)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



 

Illusion

Je serais libéré d’un amour ancien.
Désormais, belles toutes les femmes,
Neuve ma chemise,
Moi lavé,
Moi rasé,
La paix conclue,
Le printemps venu,
Le soleil réapparu,
Paisibles les gens dans la rue,
Paisible moi aussi.

(Orhan Veli)

Illustration: Svetoslav Stoyanov

 

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PRÉLUDE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



PRÉLUDE

L’éveil est un saut en parachute hors du rêve.
Libéré du tourbillon qui l’étouffe, le voyageur
tombe dans les zones vertes du matin.
Les objets s’enflamment. Il distingue – dans la position palpitante
du pinson – les phares puissants d’un système radiculaire
qui tournoie dans les bas-fonds. Mais au-dessus de la terre
il y a – en un flux tropical – cette verdure aux
bras dressés, à l’écoute
des rythmes d’une pompe invisible. Et il
descend vers l’été, se laisse chuter
dans son cratère éblouissant, glisse
le long du puits d’ères vertes et humides
vibrant sous la turbine du soleil. Ainsi s’arrête
dans l’instant sa course verticale et les ailes se déploient
pour le repos d’un aigle pêcheur au-dessus des eaux qui filent.
Le son banni
d’une trompe de l’âge de bronze
reste accroché au-dessus de l’abîme.
Aux premières heures du jour, la conscience peut étreindre le monde
comme une main saisit une pierre chauffée par le soleil.
Le voyageur est sous l’arbre. Après
sa chute dans le tourbillon de la mort,
une grande lueur : va-t-elle s’étendre sur sa tête ?

(Tomas Tranströmer)

 

 

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