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SONNET (Luis de Camoëns)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



SONNET

Amour est feu qui brûle et qu’on ne voit;
Plaie qui fait mal sans qu’on le sente;
Contentement qui mécontente;
Douleur qui vous égare et qui ne poind;

C’est non-vouloir plus grand que le vouloir;
C’est être seul chez les nombreux;
C’est le bonheur sans être heureux;
C’est croire que l’on gagne alors qu’on perd.

C’est librement vouloir être en prison,
Et vainqueur servir le vaincu,
Être loyal pour qui vous tue;

Mais comment pourrait il favoriser
Au coeur des hommes l’amitié,
Si à soi-même Amour est si contraire ?

***

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor?

(Luis de Camoëns)

Illustration: Canova

 

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Les marchands (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Quotes

Les marchands

Il y avait des bois et des champs,
Les fruits poussaient spontanément
Et les fleuves étaient transparents
Avant que viennent les marchands.

La terre aimait bien ses enfants,
Et la nuit berçait ses amants.
On faisait l´amour tendrement
Avant que viennent les marchands.

On travaillait tout doucement,
On se reposait très souvent.

On allait en tapis volant
Visiter les pays d´orient.
Le désert était encor blanc
Avant que viennent les marchands.

On était tous les fils du vent
Et les chiens n´étaient pas méchants.
On pouvait rêver librement
Avant que viennent les marchands.

On travaillait tout doucement,
On se reposait très souvent.

On vivait le reste du temps.

(Georges Moustaki)

 

 

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A la racine de la parole (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
A la racine de la parole
jouent diverses amours,
mais aussi une sombre couleur,
pareille aux drapeaux d’une bataille perdue.

Parler c’est vivre d’une autre manière,
mais aussi mourir d’une autre manière,
comme si vivre était mourir,
comme si mourir était vivre.

A la racine de la parole
tout amour va au-delà de ce qu’il aime,
mais en ramène une fleur imprudemment obscure
et reconnaît qu’il n’ira pas plus loin.

De là vient qu’après la parole
à sa racine s’ouvre un espace sans passion ni sarcasme,
un espace d’où peut librement se lever
l’absence plus qu’humaine qui habite dans l’homme.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 2
Traduction:
Editions:

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L’AME (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

L’AME

Puisqu’elle tient parfois dans le bruit de la mer
Ou passe librement par le trou d’une aiguille
Aussi bien qu’elle couvre une haute montagne
Avec son tissu clair,

Puisqu’elle chante ainsi que le garçon, la fille,
Et qu’elle brille au loin aussi bien que tout près,
Tantôt bougie ou bien étoile qui grésille
Toujours sans faire exprès,

Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,
Et fait en l’air son nid comme sur une plante,
Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante
Puisque le moindre bruit, tant qu’il dure, la tue.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si c’est oui, espère ! (Maurice Bourg)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




Librement, dans l’épaisseur de la terre,
l’extase de l’arbre, de l’oiseau, de la fleur.
Le chant devient l’oiseau qu’il désire.
La fleur, le soleil même qu’elle efface.
Tout chant, toute fleur, à volonté changera d’oiseau, de soleil.

Que nul ne se fige sur le roc !
mais que la fleur se fasse chant, le soleil,oiseau.

Si c’est oui, espère !

*

Il faudra pourtant bien la partager
cette tendresse propre aux feuilles naissantes.
Ce baiser chlorophyllé.
Ce grand spasme de feu et d’eau.

L’instant du bourgeon, du fruit.
L’aube de l’arbre.

A lire comme une fête, à vivre sans comprendre.
Tout le corps fait nuit pour mieux absorber la verte lumière.
Seul, en cette branche extrême, et pourtant l’autre.

(Maurice Bourg)

Illustration: James LeGros

 

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Ombres blanches (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Ombres blanches

Ombres fragiles, blanches, endormies sur la plage,
Dormant dans leur amour, dans leur fleur d’univers,
Ignorant la couleur ardente de la vie
Sur un lit de sable, de hasard aboli.

Librement les baisers depuis leurs lèvres tombent
En l’indomptable mer comme perles inutiles ;
Perles grises ou cendreuses étoiles peut-être
Qui montent vers le ciel en clarté défaillante.

Sous la nuit le monde silencieux fait naufrage ;
Sous la nuit des visages fixes, morts, se perdent.
Seules ces ombres blanches, oh blanches, oui, si blanches,
La lumière aussi donne des ombres, mais bleues.

***

Sombras blancas

Sombras frágiles, blancas, dormidas en la playa,
Dormidas en su amor, en su flor de universo,
El ardiente color de la vida ignorando
Sobre un lecho de arena y de azar abolido.

Libremente los besos desde sus labios caen
En el mar indomable como perlas inútiles;
Perlas grises o acaso cenicientas estrellas
Ascendiendo hacia el cielo con luz desvanecida.

Bajo la noche el mundo silencioso, naufraga;
Bajo la noche rostros fijos, muertos se pierden.
Sólo esas sombras blancas, oh blancas, sí, tan blancas,
La luz también da sombras, pero sombras azules.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI

Voici s’ouvrir les fleurs de mai,
S’éployer librement les feuilles;
Dans chaque corolle une abeille
Et sur chaque branche un oiseau.

Le ruisseau chante avec bonheur,
Le soleil rayonne avec joie,
Je suis la seule à me languir
Et tout est ténèbre pour moi.

Ô de glace est mon coeur, de glace!
Il ne veut, ne peut s’exalter;
Il est sans sympathie aucune
Pour ce ciel baigné de clarté.

Ô défunte est ma joie, défunte!
Il me tarde d’être en repos
Et que la terre humide couvre
Cette poitrine désolée.

Fussé-je entièrement seule,
Peut-être serait-ee moins sombre :
Une fois tout espoir perdu,
Je n’aurais plus sujet de craindre.

Mais les yeux ravis qui m’entourent
Devront pleurer comme les miens,
Je devrai voir le même orage
Éclipser leur radieux matin.

Si le ciel déversait sur moi
Cette pluie de futurs malheurs
En épargnant leurs tendres âmes,
Je la souffrirais de bon coeur.

Hélas, comme l’éclair dessèche
Tant le vieil arbre que le jeune,
Eux et moi nous devrons subir
Un inéluctable destin.

***

MAY FLOWERS ARE OPENING

May flowers are opening
And leaves opening free;
There are bees in every blossom
And birds on every tree.

The sun is gladly shining,
The stream sings merrily,
And I only am pining
And all is dark to me.

D cold, cold is my heart!
It will not, cannot rise;
It feels no sympathy
With those refulgent skies.

Dead, dead is my joy,
I long to be at rest;
I wish the damp earth covered
This desolate breast.

If I were quite alone,
It might not be so drear,
When all hope was gone,
At least I could not fear.

But the glad eyes around me
Must weep as mine have done,
And I must see the same gloom
Eclipse their morning sun.

If heaven would rain on me
That future storm of care,
So their fond hearts were free
1’d be content to bear.

Alas! as lightning withers
The young and agèd tree,
Both they and 1 shall fall beneath
The fate we cannot flee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Un coeur au coeur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



Un coeur au coeur n’est pas rivé,
Tu veux partir, va t’en.
Bien du bonheur est dévolu
À qui suit librement sa route.

Je ne pleure pas, ne me plains pas,
Le bonheur ne sera pas pour moi.
Ne m’embrasse pas, fatiguée, —
La mort viendra m’embrasser.

Sont passés les jours des pires tourments
Avec l’hiver blanc.
Mais pourquoi, pourquoi donc es-tu
Mieux que celui de mon choix ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edvard Munch

 

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Ecrire (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



 

Ecrire: étreindre et jamais.
Remuer librement à l’intérieur.

Poésie: t’écrire c’est le jour.

(Ariane Dreyfus)

 

 

 

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Dans le monde, je suis oisif (Lohan Heshang De Hangzhou)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



estampe 5 [1280x768]

Dans le monde, je suis oisif,
Pour les hommes, un bonze bizarre.
Qu’ils se rient de moi à loisir
Partout je bondis librement.

(Lohan Heshang De Hangzhou)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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