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J’ai mal au monde entier (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 

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J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes…

(Guy Lévis Mano)

 

 

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MA MÈRE CUIT DU PAIN (Moshe Szulstein)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Anna Sahlsten
    
MA MÈRE CUIT DU PAIN

Ma mère cuit du pain aujourd’hui – la maison est en joie,
Quel feu d’enfer dans le fourneau – rouge de joie,
Qui s’ouvre comme bouche et rit – et rit de joie,
flamme danse avec ardeur – comble de joie,
Le four s’embrase et le bois craque – éclats de joie,
Les copeaux tels des apprentis – l’aident avec joie,
La mère cajole les pains – les caresse de joie,
Les fait basculer dans ses mains – balancement de joie,
On dirait qu’elle joue au ballon – tout en joie,
Ou les berce tels des enfants – assoupis dans la joie,
Que son visage est lumineux – il rayonne de joie,
Sur le mur son ombre s’étend, de plus en plus vaste – de joie,
L’ombre elle-même est en liesse et danse aussi – de joie,
Lorsque ma mère cuit du pain – la maison est en joie.

(Moshe Szulstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon Bien-Aimé (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

Alphonse Mucha Winter Night 1920 60x73cm [1280x768]

Mon Bien-Aimé, je ne possède que Toi
Prends pitié, en ce jour, du pécheur qui vient vers Toi

Ô mon Espoir, ô ma Paix, ô ma Liesse
Le coeur ne veut seulement que T’aimer, Toi !

(Râbi’a)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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LE MAI D’AMOUR (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019


LE MAI D’AMOUR

Voici que verdit le printemps
Où l’heure au coeur sonne vingt ans,
Larivarite et la la ri ;
Voici que j’ai touché l’époque
Où l’on est las d’habits en loque,
Au gentil sieur il faudra ça
Ça
La la ri
Jeunes filles de bel humour,
Donnez-nous le mai de l’amour,
Larivarite et la la ri.

Soyez blonde ou brune ou châtaine,
Ayez les yeux couleur lointaine
Larivarite et la la ri ;

Des astres bleus, des perles roses,
Mais surtout, pas de voix moroses,
Belles de liesse, il faudra ça
Ça
La la ri
Il faudra battre un coeur de joie
Tout plein de gaîté qui rougeoie,
Larivarite et la la ri.

Moi, j’ai rêvé de celle-là
Au coeur triste dans le gala
Larivarite et la la ri;

Comme l’oiseau d’automne au bois
Ou le rythme du vieux hautbois,
Un coeur triste, il me faudra va
Ça
La la ri
Triste comme une main d’adieu
Et pur comme les yeux de Dieu,
Larivarite et la la ri.

Voici que vient l’amour de mai,
Vivez-le vite, le coeur gai,
Larivarite et la la ri ;

Ils tombent tôt les jours méchants,
Vous cesserez aussi vos chants ;
Dans le cercueil Il faudra ça
Ça
La la ri
Belles de vingt ans au coeur d’or,
L’amour, sachez-le, tôt s’endort,
Larivarite et la la ri.

(Emile Nelligan)


Illustration: William Bouguereau

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ÉCHO TARDIF (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ÉCHO TARDIF

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

Les journaux parlaient d’événements graves,
De temps agités ou bien de regrets.
Ombres suspectes dans le cabaret…
Les journaux parlaient d’événements graves.

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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Os (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Zdzislaw Beksinski

Os

Vêtements et chairs corrompus
maintenant complètement nus
les lignes les jointures sont
de libres os en liesse
dans un monde plus pur.

(Bartolo Cattafi)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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CE GONG (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

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CE GONG

Ce gong c’est en dehors
Mais où est-ce ?

Dehors qu’est-ce
Et où suis-je ?

Ce gong est-ce hors de moi
Ou en moi ?

Ce bruit de fer
Porté par l’air
A mes oreilles
Si j’étais sourd
Puissé-je l’être
Il serait rouille
Braise dans l’eau
Rat mort
Os carié,

Les fruits d’hier
A quelles dents
Sont-ils échus ?

L’oncle et la nièce
Où est-ce
Qu’ils sont allés ?

Et la liesse
Qu’une saison
Je souhaitai ?

L’ai eue,

Gong
Ou marteau
L’ouïe est enclume
Le sang bouillonne,
Massue la pensée
Alors j’écoute et geins,

Me tais,

Qu’est-ce ?

Le dedans résonne,

L’écho des idées
Tonnant revient,

Est-ce en moi-même
Que je suis pilonné ?

Suis-je en ce gong
Par corps
Ou par défaut ?

Ce gong il faut
Qu’il cesse,

Que je sois hors,

Ou que l’intérieur clame,

A voix de nez,

Ni pis ni mieux qu’il ne sut faire
Naguère
Et que misère cent fois je l’entendis.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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Images de l’homme immobile (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Images de l’homme immobile

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal au creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

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Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous (André Mage de Fiefmelin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire,
La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L’un commande en tyran, l’autre, humble, au joug soupire ;
L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.

Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

(André Mage de Fiefmelin)

 

 

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O Seigneur, donnez-moi mon Rêve quotidien ! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Qu’importe, au loin, la vie, et les appels des cors
Les liesses du cuivre énamouré sont brèves;
Et notre âme sait bien qu’il n’y a que les Rêves
Qu’on puisse aimer toujours comme on aime les morts.

Les Rêves ! Eux, du moins, sont une amitié sûre,
Joyaux où dort une lumière qui s’azure
Éternelle et multicolore comme l’eau…
Et cela met en nous un trésor frais et beau.
Ah ! Seigneur ! augmentez en moi cette richesse
Dont je suis à la fois le maître et le gardien;
Et, de rêves nouveaux, refaites-moi largesse.
O Seigneur, donnez-moi mon Rêve quotidien !…

(Georges Rodenbach)

 

 

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