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Poésie

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Vivre soixante-dix ans (Paegun)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Envols
    
Vivre soixante-dix ans
C’est rare depuis toujours
À soixante-dix et sept ans
Maintenant, je pars
Mon chemin, tout l’horizon
Mon pays, sans lieu
Pas besoin de civière
Je partirai sans rien
À l’origine, nul corps
Mon coeur sans demeure
Brûlez-le, dispersez-le !
Ne laissez nulle trace

(Paegun)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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Voici ce qui est donné par l’amour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022



    

Voici ce qui est donné par l’amour,
le lieu de la lumière,
la certitude de l insaisissable
qui nous sauve!

C’est dans un tel commencement
que tout est proche,
que tout est présent,
qu’il n’y a plus besoin
d’aucune flèche,
d’aucune parole,

parce que la cible
n’existe pas encore,
ni la distance
au bout de laquelle on pourrait
la dresser…

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fidèle (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



Christian Schloe 4 [1280x768]

Fidèle

1. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des choses sans importance pour vous
Un soir d´été, le vol d´une hirondelle
Un sourire d´enfant, en rendez-vous
Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des riens qui pour moi font un tout
Un vieux toutou, une boite d´aquarelle
Le port de La Nouvelle au mois d´août.

2. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
A des lieux et des amis très doux :
Un drôle d´Albert et sa sœur en dentelles
Un castillet tout neuf, un Canigou.
Une rue de Béziers, une tante Emilie
Une maman partant pour Budapest
Ma vieille maison avec sa tonnellerie
Et près de la gendarmerie, les express.

3. Fidèle, fidèle je suis resté fidèle
Au souvenir d´un soir à Montauban
Candides ardeurs, nos cœurs je me rappelle
S´étaient donnés si jeunes sur un vieux banc
J´étais parti dans la nuit des vacances
Plus léger qu´un elfe au petit jour
Mais à présent à présent quand j´y pense
Je pleure toujours mon premier amour.

4. Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s´en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la passerelle
Devant tel ou tel monde qui disparaît
Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent
Emportant les choses qu´on espérait
Quand on sait bien que l´on n´est plus qu´une ombre
Fidèle à d´autres ombres à jamais.

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

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(y aller) (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    
(y aller)

arrivée sans lieu
voyage sans but

qui s’en irait
rejoindre un coup de vent
une poignée de poussière
un envol de feuilles sèches
l’écho d’un poème

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous qui avez dû (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021



        


    
Vous qui avez dû
par la petite pluie froide
vous laisser mouiller,
pour venir jusqu’en ce lieu,
que vous puis-je donc offrir ?

(Ryôkan)

***

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

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Image d’un éternel retour (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



Tu dépasses, tu es encore là, tu poursuis…
Tu n’accéderas pas.
La quête, c’est de tourner autour
du lieu inabordable.

(André Frénaud)

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LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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UNE VILLE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021



Illustration: Gottfried Salzmann
    
UNE VILLE

Dans la ville où l’on pend le diable par les cornes
Dans la ville ouverte et fermée
Dans la ville où l’on tient comptoir pour tous les désirs

Dans la ville sans feu ni lieu
Dans la ville sans foi ni loi
Dans la ville sans fieux

Dans la ville où l’on s’amuse
Dans la ville où l’on pleure à froides larmes
Dans la ville d’onze heures
Je ne sais pas très bien ce qui se passe
Car je n’y suis pas encore allé.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN (Cen Shen)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN

Qui sait? Peut-être ai-je déjà vécu
en ce lieu,
car j’ai le sentiment de revenir
au pays natal.
Il me semble que les vieux saules
sur les berges de la rivière
en me voyant
frémissent de joie.

(Cen Shen)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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