Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lieu’

(y aller) (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    
(y aller)

arrivée sans lieu
voyage sans but

qui s’en irait
rejoindre un coup de vent
une poignée de poussière
un envol de feuilles sèches
l’écho d’un poème

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous qui avez dû (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021



        


    
Vous qui avez dû
par la petite pluie froide
vous laisser mouiller,
pour venir jusqu’en ce lieu,
que vous puis-je donc offrir ?

(Ryôkan)

***

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Image d’un éternel retour (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



Tu dépasses, tu es encore là, tu poursuis…
Tu n’accéderas pas.
La quête, c’est de tourner autour
du lieu inabordable.

(André Frénaud)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE VILLE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021



Illustration: Gottfried Salzmann
    
UNE VILLE

Dans la ville où l’on pend le diable par les cornes
Dans la ville ouverte et fermée
Dans la ville où l’on tient comptoir pour tous les désirs

Dans la ville sans feu ni lieu
Dans la ville sans foi ni loi
Dans la ville sans fieux

Dans la ville où l’on s’amuse
Dans la ville où l’on pleure à froides larmes
Dans la ville d’onze heures
Je ne sais pas très bien ce qui se passe
Car je n’y suis pas encore allé.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN (Cen Shen)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN

Qui sait? Peut-être ai-je déjà vécu
en ce lieu,
car j’ai le sentiment de revenir
au pays natal.
Il me semble que les vieux saules
sur les berges de la rivière
en me voyant
frémissent de joie.

(Cen Shen)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE COUPE À LA MAIN (Tao Yuanming)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Illustration: Shi Yi 
    
UNE COUPE À LA MAIN

Ma maison est tout près de la route,
et pourtant le grincement des chars
et le piaffement des chevaux
n’y pénètrent guère.
Comment est-ce possible ?
Si le coeur est ailleurs,
tout lieu est une retraite.
Je cueille des chrysanthèmes
à la haie de l’est,
je me laisse captiver
par le jeu des ombres
et des lumières.
Au crépuscule
sur la montagne du Sud,
les oiseaux, deux par deux,
aile contre aile,
reviennent vers leur nid…
Je sais que dans toutes ces choses
est le vrai sens de la vie,
mais où trouver les mots
pour le dire ?

(Tao Yuanming)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le lieu où je suis, quel est-il? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Le lieu où je suis, quel est-il?
Ce n’est jamais le lieu où je me vois, où tu me vois.
Il est comme inapprochable, même de moi.
Non, ce qui se passe n’est pas ce qui se passe en ce moment.
Autre chose advient dans ce qui se passe.
Non hors de lui, non ailleurs qu’en lui,
mais en lui, comme ce qui se passe.

Le mystère de ce qui existe prend la forme de ce qui existe.
Il est pierre et feuille et arbre et ruisseau.
Il n’est justement ce mystère
que parce qu’il prend la forme de ce qui existe.

(Roger Munier)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CHANSONNIER (extrait) (Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021



Pétrarque
    
LE CHANSONNIER (extrait)

Comme un pauvre vieillard quitte, pâle et chenu,
Le doux lieu où il a tout son âge accompli,
Laissant en désarroi une tendre famille
Qui voit qu’elle a perdu un père bien-aimé,

Et ensuite s’en va, en traînant son vieux corps
Tout au long des journées extrêmes de sa vie,
S’aide de son vouloir autant qu’il peut le faire,
Épuisé par les ans et du chemin lassé,

Et vient à Rome, obéissant à son désir
De pouvoir contempler l’image de Celui
Qu’il espère là-haut revoir encore au ciel,

Ah! de même aujourd’hui je vais parfois cherchant,
Autant que je le peux, ô dame, chez les autres,
La forme vraie de vous, objet de mon désir.

***

Movesi il vecchierel canuto et biancho
Del dolce loco ov’à sua età fornita
Et da la famigliuola sbigottita
Che vede il caro padre venir manco;

Indi trahendo poi l’antiquo franco
Per l’externe giornate di sua vita,
Quanto piú pò, col buon voler s’aita,
Rotto dagli anni, et dal camino stanco;

Et viene a Roma, seguendo’1 desio,
Per mirar la sembianza di colui
Ch’ancor lassú nel ciel vedere spera:

Cosi, lasso, talor vo cerchand’io,
Donna, quanto è possibile, in altrui
La disïata vostra forma vera.

(Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :