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SUR L’AIR DE LA MÉLODIE DES PASSES DU SOLEIL (Kòu Zhùn)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2023



Illustration: Dai Dunbang
    
SUR L’AIR DE LA MÉLODIE DES PASSES DU SOLEIL

L’herbe du défilé sous un halo de brouillard s’étale,
De la Wei en remous s’entend le grondement.
Les vagues de pluie du printemps s’apaisent,
une légère poussière se répand,
On monte en selle pour partir en campagne.
Voyez là si verdoyants les saules,
Dont ici on a tiré et brisé un rameau.
On se met en branle le coeur lourd,
Qui sait en quelle saison nous serons à nouveau réunis ?

Alors, vidons encore un verre,
Chantons encore un air !
On soupire sur l’existence,
Si amer de passer d’une joyeuse compagnie aux adieux, au départ.
Aussi ne nous dérobons pas à l’ivresse profonde,
Prêtons l’oreille aux « Passes du Soleil » jusqu’au bout.
Quand nous repenserons à nos chers vieux amis,
Éloignés de cent lieues, avec eux nous partagerons le clair de lune.

***

(Kòu Zhùn) (961-1023)

 

Recueil: Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes Poèmes Song illustrés par Dai Dunbang
Traduction: du Chinois par Bertrand Goujard
Editions: De la Cerise

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Un songe de printemps (Jin Zan)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Un songe de printemps

Durant la nuit, un air de printemps est entré par la fenêtre.
Il sut gagner rapidement les profondeurs de ma chambre.
Il sut toucher mon âme et la fit convoler sur les bords du Yangzi.
Elle se tenait sur la rive, la belle que le printemps m’amène.
Il dura bien peu ce songe de printemps ;
Le temps d’un mouvement sur l’oreiller.
Mais cet instant si court me fit voyager cent lieues.

(Jin Zan)

(VIII siècle)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015 (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015
Sur l’air de  » La Ville au bord du fleuve »
-Su Shi

En dix ans le vivant ne sait rien de la morte.
Puis-je t’oublier bien que nul ne m’apporte
la nouvelle de ta tombe solitaire,
dont mille lieues m’ont séparé?
A qui épancherai-je mon coeur brisé?

Même si tu m’avais revu, m’aurais-tu reconnu,
le visage couvert de poussière
et les cheveux de givre poudrés ?
Hier soir j’ai rêvé d’être de retour
et de te voir faire à la fenêtre ta toilette.

Nous nous regardions sans rien dire, noyés de pleurs.
D’année en année, j’imagine en vain
Que ton coeur se déchire par la douleur,
au clair de lune, sur le tertre planté de pins.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Sur l’air He Manzi (Zhang Hu)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2022



Illustration: He Zhihong
    
Sur l’air He Manzi

À trois mille lieues de son pays,
Confinée dans un palais depuis vingt longues années,
Elle entonne l’air He Manzi,
Et verse des larmes devant son souverain.

***

(Zhang Hu)

Recueil: Poèmes de Chine de l’époque dynastique des Tang
Traduction: Guillaume Olive & He Zhihong
Editions: Seuil

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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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