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Poésie

Posts Tagged ‘lignée’

Accroupis sur la nuit d’août (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




    
Accroupis sur la nuit d’août
les gens des terres creuses applaudissent à chaque chute d’étoile
l’univers disent-ils n’en a pas pour longtemps
les oiseaux qui assuraient l’équilibre entre le haut et le bas ont vieilli
l’horizon tangue à la moindre chute de feuille

un oiseau descendant d’une lignée prestigieuse suit les méandres
de sa plume sur ta page
comment choisir entre deux mots alors qu’il hésite à atterrir
la page est terre inhospitalière et la plume qui écrit fusil de chasseur.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Gens de l’eau
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Je bouge et ne veux pas bouger (Eleusis)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




    
Je bouge et ne veux pas bouger
Etre seulement dans le temps comme un objet
Comme cette table ou un crayon sur du papier

Etre dans l’arrêt sans année
Sans rire sans obligation sans pleurer
Soldat de plomb
Sans ligne de mire sans lignée

Juste le front
contre le temps.

(Eleusis)

 

Recueil: Le Front contre le temps
Traduction:
Editions: Cheyne

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Vos souvenirs deviennent mes souvenirs (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Vos souvenirs deviennent mes souvenirs mémoire
unanime anonyme.
Vous moi entrons dans les allées d’un vaste cimetière
nécropole.
Appelez-le roman familial ou national.
J’arrive de mon côté avec l’outil-poème, il est tard, je suis
jardinier des vides.
Je mesure les intervalles.
Il m’aura d’abord fallu vivre ma propre vie, accompagner
mon père jusqu’au bout de la sienne.
Il m’aura fallu attendre la nuit pour lire au livre entr’ouvert
de ma propre lignée.
Dans les vides.

(Jacques Darras)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Casimir Krakowiak

 

 

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Comment convaincre son grand soleil (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2017



Comment convaincre son grand soleil au visage multiple?
De quel côté venons-nous et par quel visage commencer?
Défendre la lignée de la lumière

« La lune ne sait pas qu’elle est lune
le sable ne sait pas qu’il est sable », dit l’aveugle lumineux
Borges — n’est-ce pas à toi poète d’ajouter cette question :
« L’être humain sait-il vraiment qu’il est un être humain? »

Au loin, vers l’ouest après l’océan
la fleur qui s’est réveillée de son sommeil
se farde pour séduire un Indien Peau-Rouge

(Adonis)
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Ce n’est pas le bonheur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Ce n’est pas le bonheur
Tel que l’imaginent
Ceux qui mendient, pleurent
Et accourent aux temples.
Et du parvis perçoivent la ferveur,
Et une sublimité sans les comprendre.
Puis, le regard mauvais, rebroussent chemin
Et se plaignent d’une existence perdue.

Qu’est-ce que le bonheur pour
Qui est en accord avec soi-même
Et ne heurte du pied
Que ce qui lui est destiné,
Pour qui se connaître est droit et frontière,
Pour qui se nommer est signe de lignée.

***

Das ist nicht Glück,
Wie die es meinen,
Die betteln, weinen,
Und zu Tempeln streben.
Und von dem Vorhof aus die Andacht sehen,
Und eine Weihe, die sie nicht verstehen.
Mit büsem Blick sich wenden dann zurück,
Und klagen über ein verlorenes Leben.

Was ist Glück dem,
Der mit sich selbst geeint ist,
Des Fuß nur stößt,
Wo es für ihn gemeint ist,
Für den Sich-Kennen Grenze ist und Recht,
Für den Sich-Nennen Zeichen im Geschlecht.

(Hannah Arendt)

 

 

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