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Entre naître et mourir (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2016



Entre naître et mourir, un temps pour vivre.
Quelques heures, quelques saisons. De quel
Poids pèseront nos jours ?
Lumière et givre
Brillent pour tous, et sur tous mord le gel.

Ainsi de ces insectes nommées éphémères.
Quid de celui qui ne fait rien, des grands travaux
De l’autre, des troupeaux de bovidés, d’Homère ?

La mer est seule à donner le niveau.

(Liliane Wouters)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Moll

 

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Qu’un palmier sorte de ta bouche (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2015



Pascal Roy 13

Qu’un palmier sorte de ta bouche :
j’y chercherai mon ombre.

Qu’une rivière coule entre tes seins :
j’y lirai mon visage.

Qu’une vallée apprenne à vivre dans ton ventre :
j’y creuserai mon lit.

(Liliane Wouters)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Pascal Roy

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JE REDEVIENS ENFANT (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



 

JE REDEVIENS ENFANT

Je redeviens enfant, je joue à la marelle
Entre ciel et enfer.
Mon coeur est sans péché, je puis toucher mes ailes,
Je n’ai jamais souffert.

Je viens du Paradis, il reste encor des plumes
Au milieu de mon dos.
Les étoiles, pour moi, chaque nuit se rallument.
Je leur parle, sans mots.

Mon ange prie, assis sur le bord de ma couche.
Il me suit en chemin
Et chasse le démon comme on chasse les mouches,
D’un geste de la main.

J’ai peur du méchant loup qui m’a mordu l’oreille
Quand je n’y pensais pas.
De sa lucarne Dieu peut-être nous surveille
Qui sait où vont nos pas.

Pour moi, je ne vois pas, à l’heure des semailles,
Comment se fera l’août
Et fais comme je peux, jetant vaille que vaille,
Les grains et les cailloux.

Ma tête dans le vent, mes pieds dans leurs chaussures,
Mon âme dans son corps,
J’ignore où je m’en vais, la route n’est pas sûre,
Au bout m’attend la mort.

J’arrête au bord d’un trou, je sens qu’on m’y balance
Comme un peu de fumier.
Je ne crains pas le juge, il met sur la balance
Le poids de sa pitié.

Mon Dieu, je n’ai rien fait qui puisse vous déplaire,
Encor moins qui vous plût.
Que pourriez-vous offrir pour dîme et pour salaire
A qui ne vaut pas plus ?

Mais regardez mon dos qui porte encor trois plumes
Et prenez dans mon ail
Un peu de cette mer dont j’ai terni l’écume
En frappant les écueils.

Je le sais bien, Seigneur, mes bras ne vous apportent
Que la moitié de rien.
Dans votre Paradis mettez-moi sur la porte,
J’y servirai de chien.

Puisque vous connaissez qui doit être caniche
Et comment, et pourquoi,
Je veux me contenter aussi bien de la niche
Que du trône des rois,

Pourvu qu’en me voyant vous ne tourniez la tête
Avec l’air dédaigneux
Lorsque vous passerez et que je ferai fête
En sautant de mon mieux.

(Liliane Wouters)

 

 

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Même si tout s’arrêtait là (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2015



Même si tout s’arrêtait là,
Au dernier souffle, à la fosse, à la cendre,
Même s’il me fallait descendre
Ces escaliers qui ne conduisent nulle part,
Cela valait la peine d’être né,
D’avoir bu à longs traits le vin de l’existence,
D’avoir connu des joies et des douleurs intenses,
D’avoir aimé, d’avoir lutté, d’avoir pleuré.

Je n’ai pourtant pas fait des étincelles,
Rien que ces choses que l’on dit très ordinaires.
Mes fautes ne sont pas des actes mais des manques.
Je confesse médiocrité.
Mais j’ai parfois marché sur l’eau, flotté dans l’air,
Je me suis vu sur la plus haute vague,
J’ai respiré un peu d’éternité.

(Liliane Wouters)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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