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AVEC LES VIEUX MOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Gilles Vigneault

AVEC LES VIEUX MOTS

Avec les vieux mots
Les anciennes rimes
J’arrive trop tôt
J’arrive trop tard
J’arrive trop tôt
Pour casser la lime
J’arrive trop tard
Pour prendre ma part
Ma part c’était toi
Ma part c’était elle
C’était vous trois fois
Nous quatre et vous deux
Ailleurs c’est à toi
Que je suis fidèle
Je vieillis pour deux
Je m’importe peu

Je guette mes saisons
Du coin de l’oeil
Je n’ai pas de maison
C’est mon orgueil

Je refais des jeux
Que j’ai vu refaire
Quand je nomme Dieu
C’est à mon insu
Je fais des adieux
Mais c’est sur la terre
Par vice ou vertu
Rien ne m’a déçu

Loin dans la maison
Une jeune fille
Guette à l’horizon
Mon ombre et mon pas
Mais c’est sans raison
L’âme se gaspille
Paisse le veau gras
Je ne viendrai pas

(Gilles Vigneault)

 

 

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ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ…

Je nageais dans la beauté
Éclatante, chair et rose…
D’un coup la réalité
M’assomme, caillou sans cause.

Mais pourquoi toujours biaiser?
Pas de caillou symbolique :
Ne pas idéaliser
Quand le sort me fait la nique.

L’instinct trahit rarement,
Cet homme apportait le drame :
«Il vient couper le courant » …
Mer et tempête en mon âme.

Prêt pour tailler mon crayon .
Mon couteau, dans la lumière :
Tuer… faire le lion,
Et qu’ils paient pour ma misère !

Déjà tout est condamné :
La bête, elle, a sa tanière,
Mais moi, je suis désarmé
Pour cette espèce de guerre.

Тu serai, pis encor :
Assommé sans élégance,
L’arme légale, c’est l’or :
On est dupe avec la lance.

Aujourd’hui le héros peut,
Bombe de nouvelle espèce,
Lancer de beaux billets bleus
Explosant en sous et pièces.

Et voilà comme, tangent,
Je tirai ma révérence…
Ce soir, lime, astres d’argent
Ме parlaient de l’espérance.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Je trahirai demain (Marianne CohnMarianne Cohn )

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Je trahirai demain, pas aujourd’hui.

Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.
Vous ne savez pas le bout de mon courage,
Moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues,
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.

Je trahirai demain. Pas aujourd’hui.
Demain

Il me faut la nuit pour me résoudre
Il me faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir
Pour renier mes amis
Pour abjurer le pain et le vin
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain. Pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime est est pour mon poignet.
Aujourd’hui je n’ai rien à dire.

Je trahirai demain.

(Marianne Cohn)

 

 

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Ta fièvre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



Ta fièvre me fait penser
aux oiseaux de passage qui heurtent les phares
dans les soirs de tempête:
tempête aussi est ta douceur,
sans apparaître elle bouillonne,
et ses repos sont encore plus rares.
Je ne sais comment, exténuée, tu résistes
en ce lac
d’indifférence, ton coeur; peut-être
une amulette te sauve-t-elle, que tu gardes
à côté du bâton de rouge,
de la houppette, de la lime: une souris blanche,
d’ivoire; et ainsi tu existes !

***

La tua irrequietudine mi fa pensare
agli uccelli di passo che urtano ai fari
nelle sere tempestose :
è una tempesta anche la tua dolcezza,
turbina e non appare,
e i suai riposi sono anche più rari.
Non so come stremata tu resisti
in questo lago
d’indifferenza ch’è il tuo cuore; forse
ti salva un amuleto the tu tieni
vicino alla matita delle labbra,
al piumino, alla lima: un topo bianco,
d’avorio; e cost esisti!

(Eugenio Montale)


Illustration: Giovanni Boldini

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VISION (Jules Mougin)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2015



VISION

Les longs serpents de feu
Les dragons ressuscités
Le diable
L’enfer
Les cris des damnés
C’est l’usine.

L’odeur des cendres chaudes
De la suie
Du suif
De l’acide
De l’huile chaude,
L’odeur du cuir
Et du métal
Et celle de l’homme :
C’est l’usine.

Le feu qu’on étire
La meule émeri qui rage
La chanson des limes douces
Les sifflements électriques
Voilà l’usine.

Des compagnons en haillons
Des hommes noirs
Des apprentis pâlots
Des manoeuvres
Et puis ma mère
Entre les courroies

(Jules Mougin)

 

 

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