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CHELSEA HOTEL NO. 2 (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
CHELSEA HOTEL NO. 2

Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
Tu parlais avec tant de courage et de douceur
tu me faisais une pipe sur le lit défait
pendant que les limousines attendaient dans la rue
C’était les raisons et c’était New York
on courrait après l’argent et la chair
Et cela s’appelait l’amour pour les ouvriers de la chanson
c’est probablement toujours le cas pour ceux qui restent

Ah mais tu es partie, n’est-ce pas, chérie
tu as juste tourné le dos à la foule
tu es partie, je ne t’ai jamais entendu dire
« Je te veux, je n’ai pas besoin de toi
Je te veux, je n’ai pas besoin de toi  »
et tout le baratin qui va avec

Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
tu étais célèbre, ton coeur était une légende
Tu m’as répété que tu préferais les beaux mecs
mais que tu ferai une exception pour moi
Et serrant le poing pour les autres comme nous
qui sont oppressés par les images de la beauté
tu t’es regardée et tu as dit « bah, peu importe
on est moches mais on a la musique »

Et puis tu es partie, n’est-ce pas, chérie

Je ne veux pas dire que c’est toi que j’ai aimée le plus
Je ne peux pas me rappeler de chaque rouge-gorge tombé
Je me souviens très bien de toi au Chelsea Hotel
c’est tout, je ne pense même pas à toi si souvent.

***

Chelsea Hotel #2

I remember you well in the Chelsea Hotel,
you were talking so brave and so sweet,
giving me head on the unmade bed,
while the limousines wait in the street.

Those were the reasons and that was New York,
we were running for the money and the flesh.
And that was called love for the workers in song,
probably still is for those of them left.

Ah but you got away, didn’t you babe,
you just turned your back on the crowd,
you got away, I never once heard you say,
I need you, I don’t need you,
I need you, I don’t need you
and all of that jiving around.

I remember you well in the Chelsea Hotel,
you were famous, your heart was a legend.
You told me again you preferred handsome men,
but for me you would make an exception.
And clenching your fist for the ones like us
who are oppressed by the figures of beauty,
you fixed yourself, you said, « Well never mind,
we are ugly but we have the music. »

Ah but you got away, didn’t you babe,
you just turned your back on the crowd,
you got away, I never once heard you say,
I need you, I don’t need you,
I need you, I don’t need you
and all of that jiving around.

I don’t mean to suggest that I loved you the best,
I can’t keep track of each fallen robin.
I remember you well in the Chelsea Hotel,
that’s all, I don’t even think of you that often.

(Leonard Cohen)

 

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ART POÉTIQUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
ART POÉTIQUE

Quand ce sera la nuit
Et toi tout seul dans une limousine
Quelque part sur une route de forêt
Quand ce sera nuit noire
Ô mon poète aie garde d’allumer tes phares
Appuie de toutes tes forces sur le champignon de la beauté
Sans rien savoir
Et sans souci du flot battant ton pare-brise
Enfonce-toi comme un noyé dans la nuit rageuse qui grise

Tu as perdu la direction
Le Nord l’étoile les feux de position
Et tu sens soudain un grand choc
Tu es couché tout près de toi dans la verdure
Tu es comme mille petits trous de serrure
Qui regardent dans ta tête éclatée
Les éléments épars de la beauté

Et qui viendrait te chercher là
Quand tu disposes de toi-même
Secrètement pour un destin
Qui ne peut plus te laisser seul
N’appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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