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Un soir de printemps m’a dit une fois (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Un soir de printemps
m’a dit une fois :
Si tu cherches des chemins
en fleurs sur la terre,
fais taire les mots,
écoute ton âme ancienne.
Que le lin blanc
qui te revêt soit
ton habit de deuil,
ton habit de fête.

(Antonio Machado)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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Que m’est la musique (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir

    

Que m’est la musique
Des tendres louanges,
Des vagues d’amour
Qui en chants s’effrangent,

Puisque tes deux mains
M’appellent là-bas,
D’où viennent les sons,
D’où viennent les vagues,

Et le lin du soir
Est un corps transi
Dans le halo blanc
Où ton coeur frémit ?

***

 

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Parmi des chênes, accoudée

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux burg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? -non !

(Jean Moréas)

 

 

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Lin (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Lin

Avant de garnir nos quenouilles, le lin est une jolie fleur;
on dit qu’elle a vécu sur la terre sous les traits d’une belle fileuse.
Chantons, jeune filles, chantons le lin.
Le lin c’est la fleur du travail,
la fleur mère des doux rêves, et des bonnes pensées.

Vous connaissez l’histoire de Marguerite, celle que le démon tenta.
Quand elle faisait aller son rouet, l’ennemi des âmes n’osait s’approcher d’elle.
Le jour quand nous gardons nos troupeaux, le lin, notre ami fidèle,
nous préserve de l’ennui, il tourne gaîment entre nos doigts,
et mêle son doux bruit à nos chansons.

Aimons le lin, jeunes filles, aimons le lin.
Les contes de la veillée nous paraissent plus amusants
quand le bruit de la petite roue les accompagne.
C’est en filant le lin que ma mère m’a bercée,
et m’a appris à bégayer mes premières chansons.

Ma vieille grand’mère se sent encore joyeuse,
et chante quelquefois en remuant la tête,
lorsqu’elle prend sa quenouille.
Comme le tisserand fait aller joyeusement sa navette sur son métier!
Il est blond comme le lin qui compose sa trame.
Le tisserand est le roi des ouvriers; il doit faire bon ménage avec la fileuse.

Ma mère, je veux épouser un tisserand.
C’est avec le lin qu’on tissera mon voile de fiancée,
le lin le plus blanc et le plus pur;
En quoi sera le suaire dans lequel on m’ensevelira
quand je serai morte.

Filons, jeunes filles, filons le lin.

(J.J. Grandville)

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SOIR DU TROPIQUE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



 


    
SOIR DU TROPIQUE

Gris et triste est le soir.
La mer se pare de lin
et le ciel profond se pare
de chagrin.

De l’abîme ascend
la plainte amère et sonore.
L’onde, quand chante le vent,
s’éplore.

Les violons de la brume
saluent le soleil au coucher.
Psalmodie la blanche écume :
Miserere.

Comme si c’était l’invisible…
comme si c’était le rude son
donné au vent par un terrible
lion.

Des trompettes de l’horizon
s’échappe une symphonie aux rares effets
comme si la voix des monts
vibrait.

Le ciel que l’harmonie inonde
voit emportée par les airs
la chanson triste et profonde
de la mer.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Léda (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Paul Véronèse
    
III

Pour un court moment, ô Cygne, je voudrais unir mes voeux
à ceux de tes deux ailes, qui embrassèrent Léda,
et à mon rêve d’adulte, encore vêtu de soie,
tu diras, pour les Dioscures, la gloire des cieux.

L’automne est là. De la flûte roulent des consolations.
Juste un instant, ô Cygne, en cette allée bordée de nuit,
je boirai entre deux lèvres malgré l’interdiction
de la Pudeur, mordant tour à tour Scrupules et Jalousie.

Cygne, j’aurai pour un instant tes ailes immaculées,
et le coeur de rose que ta douce poitrine abrite
palpitera dans la mienne avec son sang régulier.

Alors, Amour sera heureux, puisque sera vibrant
l’enthousiasme qui réveille le grand Pan et l’excite
tandis que son rythme cache la fontaine de diamant.

IV

Avant toute chose, Léda, gloire à toi !
Ton doux ventre recouvrit de soie
le Dieu. Miel et or au vent de Zéphyr !
Résonnèrent alternativement
flûtes et cristaux, la fontaine et Pan.
La Terre était chant et le Ciel sourire !

Devant l’acte suprême et céleste
un pacte fut conclu entre dieux et bêtes.
La lumière du jour pour l’alouette,
la sagesse advint aux chouettes
et pour les rossignols la mélodie.
Aux lions ce fut bien sûr la victoire,
les aigles reçurent toute la gloire
et tout l’amour aux colombes fut acquis.

Mais n’êtes-vous pas, vous, les divins
princes ? Indolents comme les bateaux
immaculés et purs comme le lin,
et merveilleux comme les oiseaux !

Vous avez dans vos becs les qualités
qui révèlent les coraux purs.
De vos poitrines, vous ouvrez les sentiers
que d’en haut vous indiquent les Dioscures.

La dignité de chacun de vos actes,
immortalisée dans l’infini,
fait qu’ils sont rythmes exacts,
lumières du mythe, voix de nos rêveries.

De l’orgueil olympien vous êtes le résumé,
ô blanches urnes de l’harmonie !
Joyaux éburnés qu’anime une volonté
de par sa céleste mélancolie.

Mélancolie d’avoir aimé,
auprès de la fontaine, dans le bois,
son cou lumineux étiré
entre les cuisses blanches de Léda !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Quand je mourrai! (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Quand je mourrai!

Je voudrais pour linceul, non la toile aux plis raides,
Non point le lin blanchi parmi l’herbe des prés,
Mais un tissu plus doux aux doigts que du sang tiède,
Un lambeau d’un couchant pourpré.

Je voudrais me mêler à l’océan des seigles
Qui réfléchit le ciel en son déferlement;
Aux palpitations des sainfoins qu’un vent frêle,
En juin, berce languissamment;

Devenir l’or des blés fauchés qu’on enjavèle,
Le chaume ensoleillé où des moissonneurs las
Dressent les lourds gerbiers dont la cime étincelle
Et qu’entoure une ombre lilas.

Je voudrais, quand la lune en manteau d’améthyste
Vers le gouffre des puits se penche, m’écouler
Et sangloter unie aux plaintes de l’eau triste,
S’égouttant des joints descellés.

Je voudrais que mon âme errante s’évapore
Comme un parfum flottant de lavande et de buis,
Confondue au sourire éclatant de l’aurore,
Aux larmes que verse la nuit.

(Marie Dauguet)

 

 

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La ville s’endormait (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l’eau d’une fontaine
Et quelques cris de haine
Versés par quelques vieux
Sur de plus vieilles qu’eux
Dont le corps s’ensommeille

La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Et mon cheval qui boit
Et moi qui le regarde
Et ma soif qui prend garde
Qu’elle ne se voit pas
Et la fontaine chante
Et la fatigue plante
Son couteau dans mes reins
Et je fais celui-là
Qui est son souverain
On m’attend quelque part
Comme on attend le roi
Mais on ne m’attend point
Je sais, depuis déjà
Que l’on meurt de hasard
En allongeant le pas

La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Il est vrai que parfois près du soir
Les oiseaux ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots
Il est vrai que souvent
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu’elle chante
D’autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d’enfants
Mais les femmes toujours
Ne ressemblent qu’aux femmes
Et d’entre elles les connes
Ne ressemblent qu’aux connes
Et je ne suis pas bien sûr
Comme chante un certain
Qu’elles soient l’avenir de l’homme

La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s’endormait
Et j’en oublie le nom
Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue
A deux doigts d’être nue
Sous le lin qui dansait

(Jacques Brel)


Illustration: Fabienne Contat

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La chanson de la pâle filandière (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

Illustration: Louis Toffoli

    

La chanson de la pâle filandière

La pâle filandière
De ses doigts de mystère
File le lin des suaires,

Au fond du donjon mort,
Entre ses doigts retors,
Le lin froid des remords;

Au fuseau qui s’harasse,
Ainsi qu’une vie lasse,
Le lin s’embrouille et casse…

La filandière pâle,
Près du vitrail d’opale
Où la lune s’étale,

File. Lividement,
Comme un spectre d’amant,
L’astre s’en vient dément,

Pendant qu’un hibou crie,
Baiser ses mains maigries
Par le temps défleuries.

File pour ton amant,
Très pâle filandière,
De tes doigts de mystère
Un suaire d’argent.

(Marie Dauguet)

 

 

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