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Poésie

Posts Tagged ‘(Linda Bastide)’

L’alouette (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



L’alouette

Flèche d’argent lancée en plein coeur du soleil,
entre le jour naissant et la nuit qui se meurt,
le samouraï de l’arc-en-ciel
pousse son cri de vainqueur.

(Linda Bastide)

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Le papillon (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



Le papillon

Sur la toile du ciel, quelqu’un a dessiné
une improbable soie, un arc-en-ciel ailé,
le rire du soleil ou le soupir du vent,
l’arrivée de l’été, le rêve d’un enfant…

(Linda Bastide)

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La mouette (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



La mouette

Son aile effleure l’écume blanche d’un vent léger…
Entre lune et soleil,
juste entre sable et ciel,
abreuvée par l’air bleu, elle dessine l’été.

(Linda Bastide)


Illustration: ArbreaPhotos

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Mezza voce (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



Mezza voce

Ils sont là.
Des millions de gens passés au fil de l’horreur,
depuis le commencement.
Et qui attendent.

Tu vois, c’est simple, ils sont là.
Je ne raconte pas une histoire ou un rêve.
Il ne s’agit pas d’un conte ou d’une folie.
Je te parle de ma vie.

Ça se passe sous mes yeux. Ils sont derrière moi
quand je marche dans la rue, ils envahissent
mon jardin au crépuscule, sans un bruit. Ils
s’allongent à perpétuité, et jonchent le sol de
leurs pauvres cadavres, si nombreux qu’ils
recouvrent l’herbe verte et s’entassent les uns
sur les autres. Les enfants au-dessus.

Souvent, ils se taisent, ruinés de fatigue. Ou bien
ils hurlent, ils sanglotent, ils geignent et se
déchirent, réclamant père ou mère en des
langues différentes et que je comprends toutes.
Ils traversent le temps, pour venir m’écorcer de
leurs caresses froides. On s’étouffe dans le sang
des promesses non tenues.

Je suis l’herboriste des expirations.
Aujourd’hui même, qui passera d’un souffle
l’autre, et de quelle façon ?
Choisis. Un homme, une femme, un enfant.
Choisis.
A toi de voir.

Pour le fardeau de mémoire, pour l’inconsolable
minute de silence, pour les veillées à venir, je
répète, je ressasse et j’insiste.

Tu vois, c’est simple. Ils sont là.
Et elles chanteront longtemps, ces voix
exténuées qui rampent et qui me hantent.
Si tu n’écoutes pas.

(Linda Bastide)

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