Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘linge’

Paris (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Paris

Les arbres noirs dans le ciel gris et les pigeons couleur de ciel.
Les statues dans l’herbe et cette élégance mélancolique…
L’envol des pigeons comme un claquement de linge qui se déplie.
Les roucoulements dans l’herbe verte.

(Albert Camus)

Illustration

 

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Annoncez (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Annoncez les couleurs du soleil étouffé
annoncez l’incendie du blanc déjà tué
annoncez le roi nu
annoncez quatorze heures à midi
annoncez sur le seuil la venue des maudits
la neige des pétales sur l’hiver qui s’est tu
annoncez j’aime dans leurs palais de sang
annoncez pile et deux fois face
sur les linges qui savent quelle face ils essuient
annoncez l’impossible multiplié par tous
ne vous laissez pas questionner
ne vous laissez pas déséquilibrer
ne vous laissez pas séduire
annoncez.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Histoire contemporaine
Traduction:
Editions:

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Deux feuilles d’automne (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Deux feuilles d’automne
Se sont cachées
Dans la manche de ma chemise
Sur la corde à linge

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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Le linge servait d’écriture (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



 

Le linge servait d’écriture
Le village étirait sa patience
entre deux arbres
Toi, tu marchais dans le craquement blanc
d’un chemin que surplombaient les vignes
Tes mots étaient plus bas, plus doux
que le ventre mauve et sucré des grappes.

***

Les mots se sont creusés
à cause des morts
malgré la langue des arbres
et de la mare rompue au silence

Maintenant ils mesurent
le simple frémissement
discernent dans la danse de l’herbe
la loi calme du vent
et cette nécessité
d’intensifier le murmure.

***

La poésie est un rapport amoureux au monde.
Ses mots tournent de manière inverse autour du soleil.

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’automne de l’enfance est à jamais perdu (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



l’automne de l’enfance
est à jamais perdu
dans un un fouillis d’images
de linges déchirés
et d’arbres foudroyés

les cauchemars nous guident
par des sentes obscures
si nous levons les yeux
la foudre nous aveugle

(Jean-Claude Pirotte)

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Qui donne ses noms et ses chiffres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Pourquoi mon linge délavé
s’agite-t-il comme un drapeau ?

Suis-je parfois un mauvais drôle
ou chaque fois un bon garçon ?

Nous enseigne-t-on la bonté
ou le masque de la bonté ?

Le rosier du méchant n’est-il blanc,
et noires les fleurs du bien ?

Qui donne ses noms et ses chiffres
à l’innocent indénombrable ?

(Pablo Neruda)

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Au fond du jardin (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Au fond du jardin
une femme suspend
les draps de l’aube
fraîchement lavés
de la nuit

Mal rincés
marbrés de traînées
sperme des rêves
pris dans la trame

Il faudra recommencer

Lassitude des matins

Du songe
elle attendait
renaissanoe
le voici souillure

Peau aplatie d’ennui
usure lente
des gestes
des linges

Pelouse
piquetée de débris
elle les ramasse
décroche les draps

Rentre
écoute
le ronronnement
de la répétition

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Mais la couleur (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Illustration: Catherine RÉAULT-CROSNIER
    

mais la couleur flambe
comme crie un cri
vous crève les yeux

effet d’apparence
qui tire vengeance
de son épaisseur

à triche conscience
toute la présence
devient du regard

plus de certitude
quant à la nature
de l’identité

le vocabulaire
un linge brûlé
au bord du chemin

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Mais est-ce bien la peine (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    
Mon corps las en dormant a réchauffé mon lit…
Ma fatigue d’hier est restée en mes membres
Et mon maître déjà, le matin de décembre,
M’appelle dans la rue où la rumeur grandit.

Dresse tes os, debout. Lève-toi. Lève-toi, debout femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Huit heures, cours laver à la rivière où l’eau
Attend sous un glaçon tes poignets pour les mordre,
Le linge qu’ont sali les autres va le tordre,
Râpe afin qu’il soit blanc sa crasse avec ta peau.

Frotte, les jours sont courts, le pain cher, frotte femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Midi… cherche la croûte en ta poche cachée,
Vite, donne à ta chair de pauvre la bouchée
Dont pour s’user à gagner l’autre elle a besoin.

Mange ton pain, ton pain te mange, mange ô femme.
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Sans repos, sans espoir, use ta vie ô femme…
Mais est-ce bien la peine ô Dieu d’avoir une âme ?

(Marie Noël)

 

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