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Je ne connais pas vos mains (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
Je ne connais pas vos mains elles ne sont jamais les miennes
Je ne connais pas ces colonnes qui vous font séduisante au marché
L’orchidée blonde de votre ventre eut des bontés pour d’autres veines
Que celles de mon imagination nue et montrée sans majesté;
Non je n’ai point fréquenté le salon de votre beau
corps décoré par la fureur de colombes et de vents d’orage
N’ayant su parler votre langue à votre bouche de flatterie
je vous ai perdue en voyage
Ô Renommée ou fille implacable en un désordre de lingeriе.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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BONNES AMIES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Hubert Rublon
    
BONNES AMIES

Des jupons de crissante faille
vêtent de bonnes amies
qui assurent
que les fines lingeries
n’empêchent pourtant pas
la douleur de sévir ;
dans leurs yeux prisés
la cruauté dure
jusqu’à leur faim
d’un calme pareil
A celui de plantes mourantes
au début d’un été
de pays tempérés.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



 

Illustration: Serge Marshennikov
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX)

Le jour commence à reconnaître les fenêtres
avant de s’avancer sur la terre
dans les tessons de la rosée,
parmi les cailloux qui veulent te voir, nue.

Dans la chambre où tu dors,
il trace une presqu’île de clarté,
haute seulement de ta gorge dénudée
et d’un visage d’où tu dois éclore.

Le soleil passe à travers ta lingerie
comme si elle était le plus pur des nuages.
Il y demeure jusqu’au moment
où elle reprendra la forme de ton corps.

Tu attends qu’il se couche sur toi
pour le serrer contre ton ventre
et, lorsque tu lui en ouvres les bords,
il devient bleu dans tes yeux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Retouche aux hirondelles (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration
    
retouche aux hirondelles

le ciel à l’essayage
petites mains de haute lingerie

le vent se tourne avec la grâce d’une femme

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV)

Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair
pour prendre le monde dans un baiser,
il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures
pour que le plaisir puisse te couper en deux.

C’est alors que l’air est dans ma bouche
la racine même de l’espace et des fruits
que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie,
tu te fais arche des épaules aux pieds.

Partout sur les murs, sur les visages
la lumière se dévêt de sa lingerie
et montre son beau ventre de femme
d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre,
mais il faut avoir la force des arbres
pour pouvoir repousser le ciel bas
que la mort fait peser sur les paupières.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



    

Illustration: Lisa G

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (I)

Passé le genou où la main se creuse
comme une semence qui germe
en soulevant un peu la terre,
je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire
que les jambes en sont nues pour tout le corps
et mon regard s’y use
comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir
et à colorer mon désir.
Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent
et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,
mes doigts vont se fermer
sur le seul point du monde
où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière
que je remonte sans effort,
parce que tes seins s’y élèvent
comme deux cailloux à fleur d’eau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Amour (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Cesar Santos   
    
Amour, crassier où le vent s’allume
crispé comme une main qui ne peut pas se rompre,
il n’y a sous tes cendres qu’un cri mal refermé,
un cri qui s’est repu de fièvre et de clarté
et pour lequel les gorges n’étaient pas assez rauques
et la bouche pas assez meurtrie, pas assez chaude.

Tous les baisers ont une odeur de brûlé.
Les mains tombent des seins comme des larves
et pendent insatisfaites autour de l’homme
hanté de toute cette chair qui s’est faite femme
et vers laquelle il tend un monde de désirs
qui roule dans son sang comme un noyé qui ne peut pas mourir.

Amour intime et tiède comme des entrailles,
toute ta force tient dans l’éclat d’un regard
apparu comme un peu d’eau parmi l’herbe,
dans la fermeté d’un sein qu’on froisse à travers sa lingerie,
dans quelques mots qui sous une apparence banale
ouvrent des chemins vertigineux autour des êtres,
dans quelques caresses qui collent à la peau
si exactement qu’elles prennent la forme d’un autre corps.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le monde est au bout de l’horizon (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Ruth Bloch
    
Le monde est au bout de l’horizon
toujours prêt à fuir le regard
où les mains qui se tendent
vides de se sentir vivantes sur un objet.

La vie n’est pas en moi,
Elle est dans ce visage près de mon visage,
Elle est dans ces yeux de la douceur desquels
mes yeux s’étonneront jusqu’à leur dernier regard,
elle est dans ces lèvres qui me font naître d’un baiser,
elle est dans cette chair qui est pour moi
la seule place chaude de la terre.

Les murs sont hauts du désespoir qu’ils ont
de ne pouvoir un instant arrêter les femmes
qui vont vers l’amour
comme les forêts vers le matin.

Deux corps nus s’élèvent vers leurs bouches
de la même façon que les maisons le soir
vont chercher la lumière avec leur plus haute fenêtre.

Et quand je libère cette femme
de la lingerie où elle est blottie,
je me rappelle avec quelle ferveur
je découvrais enfouie au coeur des herbes
la source où ma bouche faisait descendre tout un été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le désir n’a pas de légende (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Le désir n’a pas de légende

Passé le genou où la main se creuse
comme une semence qui germe
en soulevant un peu la terre,
je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire
que les jambes en sont nues pour tout le corps
et mon regard s’y use
comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir
et à colorer mon désir.
Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent
et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,
mes doigts vont se fermer
où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière
que je remonte sans effort,
parce que tes seins s y élèvent
comme deux cailloux à fleur d’eau.

[…]

(Lucien Becker)

 Illustration: Renata Domagalska

 

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Vertiges bleus de jeunes filles (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015



Vertiges bleus de jeunes filles

Vos corps fins comme des aiguilles
la lente courbe de vos reins
cette arrogance de vos seins
je vous ai tant aimées ô filles

Ces lingeries qui vous habillent
le secret de troubles desseins
des yeux aux regards inhumains
je vous ai tant aimées ô filles

Passager souvent clandestin
je voyage dans vos lointains
vertiges bleus de jeunes filles

(Louis Calaferte)

Illustration: David Hamilton

 

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