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LE LIMAÇON MAÇON (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

William Charles John Pitcher  Liseron

LE LIMAÇON MAÇON

Le limaçon maçon
A un fils poltron
Une femme laideron
Un beau-père sans façon
Mais une fille mais une fille
Belle comme un liseron.

Si tu la veux si tu la veux
Dit le maçon au pinson
Faudra avec prendre la maison
Poltron belle-mère et limaçon

(Andrée Chedid)

Illustration: William Charles John Pitcher

 

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À VÊPRES (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



    

À VÊPRES
Seigneur, il nous est bon d’être ici.
(Math. 17-4.)

Le jour s’apaise. Allons cheminer, ô mon âme,
Exilés dans l’oubli de ce monde, tout seuls,
Sur la terrasse haute où quelque vieille femme
Cueille des fleurs aux branches calmes des tilleuls.

Vois, l’éclat du soleil se tait, le ciel s’efface
Et la plaine à mes pieds semble un étang qui dort.
Pourquoi n’ayant rien fait, mon âme, es-tu si lasse,
Toi qui ne dormiras pas même dans la mort ?

Quelle plaie avais-tu d’où la fièvre s’élance ?
L’arôme du feuillage et des calices clos
De son sommeil épars embaume le silence…
Est-ce le rossignol qui trouble ton repos ?

Dans cet enchantement câlin où s’évapore
La résolution des précises vertus,
Qu’avons-nous égaré, que cherchons-nous encore ?
Quel perfide regret nous a tant abattus ?

Une attente sans but en moi se désespère,
J’ai le mal d’un pays d’où le vent doit souffler.
Où donc est mon pays, la maison de mon père
Et le chemin secret où je veux m’en aller ?

Quelle haleine a flotté qui m’entraîne avec elle
Dans un espoir immense où me voilà perdu ?
Quel amour tout à coup m’environne, m’appelle ?…
Rien ne bouge… ô mon coeur, qu’ai-je donc entendu ?

La paix des alentours est auguste et profonde.
Vois, du bois pâle et bleu de douceur arrosé,
La caresse de Dieu qui s’étend sur le monde ;
Toi-même as clos tes yeux sous l’aile d’un baiser.

Un invisible pas entr’ouvre l’herbe sombre
Et le souffle des champs qui tremblent le soutient…
C’est mon Seigneur, les bras tout grands ouverts dans l’ombre !
Il vient et je défaille à son passage… Il vient…

Seigneur, éloignez-vous, de peur que je ne meure.
Eloignez-vous !… Où fuir ?… Ah ! faites ! Prenez-moi !
Tenez-moi contre vous et laissez que je pleure
Est-ce de joie, est-ce de peine, est-ce d’effroi ?

Il m’a pris dans ses mains et j’ai posé la tête
Sur le coeur du Berger ainsi qu’un agneau las.
Et j’y suis bien, sa folle et plaintive conquête,
J’y suis bien et, s’il veut, je ne bougerai pas.

Demeurons. Il fait bon, Seigneur, sur la montagne.
— Sommes-nous au sommet exalté du Thabor ? —
Demeurons, la nuit monte et lentement nous gagne,
Le soir fuyant s’égare… Ah ! demeurons encor…

Les corolles des champs ont renversé leur vase,
Un baume répandu coule des liserons
Et le ciel infini se noie en notre extase…
Il fait bon, il fait doux, ô Maître, demeurons.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.
Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.
Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,
puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

***

Amor, ahora nos vamos a la casa
donde la enredadera sube por las escalas :
antes que llegues tú llegó a tu dormitorio
el verano desnudo con pies de madreselva.
Nuestros besos errantes recorrieron el mundo :
Armenia, espesa gota de miel desenterrada,
Ceylán, paloma verde, y el Yang Tsé separando
con antigua paciencia los días de las noches.
Y ahora, bienamada, por el mar crepitante
volvemos como dos aves ciegas al muro,
al nido de la lejana primavera,
porque el amor no puede volar sin detenerse :
al muro o a las piedras del mar van nuestras vidas,
a nuestro territorio regresaron los besos.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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DÉBUT D’AUTOMNE (Xu Hou)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Hunan [800x600]

DÉBUT D’AUTOMNE

Dans la nuit lointaine vibre une guitare
Au vent d’ouest frissonnent les liserons bleus
Les vers luisants dansent parmi les roses blanches
Une première oie sauvage frôle la voie lactée
Silencieuse, une brume automnale flotte
Sur la cime des grands arbres

Au loin les crêtes de montagnes se font lumineuses
Au sud du fleuve Huai, les feuilles commencent tomber
Je sens que le lac Dongting devient houleux

(Xu Hou)

 

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Та figure douce… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration
    
Та figure douce…

Та figure douce souffrirait.
Tes larmes que j’ai avalées,
petite amie, étaient salées
comme une herbe de marée.

Elles m’ont mordu la langue…
Tu t’en allais tristement
prendre l’omnibus lourd et lent,
en pleurant que je m’en aille;

et ta bouche sur ma bouche,
ta tête faisait des sauts,
et tu étais douce
en pleurant doucement…

II y a là sur la fenêtre
des liserons bleus où il a plu.
Ils bougent comme un baiser sur
ta fine et douce tête.

Tu ne m’as pas ennuyé.
Les autres m’ont ennuyé.
Mon coeur triste est ennuyé
comme un ange ennuyé.

Les mouches volent aux vitres
pendant que je pense à toi.
Tout est triste comme moi.
Tout est triste.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant, mon Amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


 


Hannah Giffard  crowslookingup460

Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.

Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.

Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,

puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Hannah Giffard

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Les garçons et les filles s’aimaient (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Entre les viols les crimes
les parjures et les massacres
les tournois et les sacres
les garçons et les filles s’aimaient
sur les bords du ruisseau
Lorlei liseron le héron et l’eau.
Et pêchaient les pêcheurs d’alose
et de brochet
tandis que songeuses
les Eminences Roses
sirènes frileuses
regardaient à la poupe des bateaux
plonger au fil des eaux
pour prendre l’amour au filet
les carrelets beaux carrelets
de la trahison.
Colère colère du roitelet
et du pinson !

(Armand Lanoux)


Illustration

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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique … (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique,
ni la baie du Fleuve Doux du Guatemala,
n’ont changé ton profil arraché au froment,
ton style de muscat, ta bouche de guitare.
Mon coeur, ma mienne à partir de tout le silence,
depuis les hauts sommets patrie du liseron
jusqu’aux plaines de platine et de solitude,
en toute patrie pure t’a répétée la terre.
Et la main de métal et farouche des monts,
la neige du Tibet, la pierre polonaise,
rien n’a troublé ta forme de grain voyageur,
comme si argile ou blé, guitares ou grappes
tout Chillan défendait en toi son territoire
imposant le pouvoir de la lune sylvestre.

***

Ni el color de las dunas terribles en Iquique,
ni el estuario del Río Dulce de Guatemala,
cambiaron tu perfil conquistado en el trigo,
tu estilo de uva grande, tu boca de guitarra.
Oh corazón, oh mía desde todo el silencio,
desde las cumbres donde reinó la enredadera
hasta las desoladas planicies del platino,
en toda patria pura te repitió la tierra.
Pero ni huraña mano de montes minerales,
ni nieve tibetana, ni piedra de Polonia,
nada alteró tu forma de cereal viajero,
como si greda o trigo, guitarras o racimos
de Chillan defendieran en ti su territorio
imponiendo el mandato de la luna silvestre.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

 

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La Licorne joue de l’orgue dans le jardin (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



La Licorne joue de l’orgue dans le jardin
pour Viviane et pour Merlin
Lorlei liseron la rose et l’eau
Lorelei la rose et la mort le lierre et l’eau
Lorlei liseron lo.

(Armand Lanoux)

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OCTOBRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Christian Schloe
    
OCTOBRE

Pays lié aux oiseaux
A la chevelure des femmes
A l’épaule de la plus belle
Je suis debout sur tes pianos jonchés de feuilles mortes
Au milieu de ma vie jonchée aussi de feuilles mortes
Je suis entouré de complices
Je ne cherche pas à correspondre j’appréhende
Je suis parmi les arbres comme un chef de bande
Confiance donc
Quand je prépare un Octobre éternel
Une immense fumée qui monte
Un édifice impérissable
Je vous donnerai bien davantage que le soleil
Je vous compromets à jamais avec tous les chevaux
Je vous grandis d’un coup avec tous les villages
Je vous blanchis de mes mains lavandières
Je vous rends semblable à moi par mon amour
pour vous encore je dispose
Des solitudes à venir
je puis vous mettre au sommet de la pluie
Comme aux plus hautes notes d’une lyre
Confiance donc
Ou je m’installe en vous
Comme un oiseau dans la nacelle du pommier
Comme une boule de gui lumineuse
Comme un liseron frémissant
Inséparable de vous
Je serai malgré vous
La solitude.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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