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Poésie

Posts Tagged ‘lisser’

La haine en été (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019


 

Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.

(Jean Follain)

 

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Et moi que voici (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Et moi que voici
je suis comme lui
comme l’oiseau sur la branche
comme on dit
guettant les eaux
veillant le nid
sur la branche
le nid jamais fini
guettant les vents les chants les dunes
guettant les ans guettant le temps
toujours lissant lissant lissant
ma plume
guettant les eaux
et regardant
ma vie filer
à vol d’oiseau.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Pour l’Odeur (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Pour l’Odeur

Encore des idées ! On en avait déjà, dit Claude au visiteur qui se lisse la barbe.
– Les miennes sont les vraies, jeune homme, il faut les croire.
– Monsieur, lui répond Claude, avec tous mes respects,
vous n’en auriez pas une, ô seule et même fausse,
mais qui sache sourire et sente le lilas ?

(Norge)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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Des hommes marchent (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Des hommes marchent
des nomades des promeneurs solitaires
ils lissent sous leur pas la terre comme un galet
D’autres hommes allument des bougies
posent des suppliques sous trois cailloux

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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LA CONDUITE DE LA BÊTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Illustration: Catherine Herbo
    
LA CONDUITE DE LA BÊTE

On vient enfin sortir
de sa bauge assombrie
la bête sans remords
au poil lissé et lustré
son oreille a frémi
et des milliers comme elle
ont traversé les siècles avec lenteur
il a gelé à pierre fendre
au plus noir des celliers
et même dans les chambres
mais un soleil pâle
va bientôt se montrer
sur l’immense route de l’hiver.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONNAISSANCE DE LA LUMIÈRE (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Alwy Fadhel
CONNAISSANCE DE LA LUMIÈRE
    
Nos rivières ont pris feu!
Un oiseau parfois lisse la lumière —
ici il fait tard.
Nous irons par l’autre bout des choses
explorer la face claire de la nuit —

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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DÉCEMBRE: A ELISE (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
DÉCEMBRE: A ELISE

Où s’est envolé le printemps qu’ensemble avons connu?
Les branches de l’an dernier sont stériles;
Mais j’ai vu tes mains saisir le temps hivernal
Et en lisser la pluie, et le laisser limpide.

Si de l’arbre assoupi ces feuilles brunes et tristes,
Si seulement les regrets se noyaient au départ du printemps,
Il n’y aurait plus chaque jour qui s’égoutte et pleure
Une année vide et amère dans mon coeur.

Dans l’hiver de mon coeur tu étais un arbre en bourgeons,
Et le printemps semblait encore plus doux, venant tard;
Tu étais le vent qui poussa le printemps jusqu’
Un jardin désolé.

Tu étais tout le printemps, et mai et juin
Verdirent plus radieux dans ta chair, mais maintenant
La pluie assombrit l’année, et morts le soleil et la lune,
Et le monde entier est noir, Ô beauté.

***

DECEMBER: TO ELISE

Where has flown the spring we knew together?
Barren are the boughs of yesteryear;
But I have seen your hands take wintry weather
And smoothe the rain from it, and leave it fair.

If from sleep’s tree these brown and sorry leaves,
If but regret could drown when springs depart,
No more would be each day that drips and grieves
A bare and bitter year within my heart.

In my heart’s winter you were budding tree,
And spring seemed all the sweeter, being late;
You the wind that brought the spring to be
Within a garden that was desolate.

You were all the spring, and May and June
Greened brighter in your flesh, but now is dull
The year with rain, and dead the sun and moon,
And all the world is dark, O beautiful.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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On dessine des yeux des sources des étoiles (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



On
dessine
des yeux
des
sources
des
étoiles

sur le sein de celle qu’on aime

on
tisse
la
toile
trouée
des
mots

on
lisse
on
lace
le
poème

jusqu’à la pointe de rosée

de
celle
qui
voyage

« Je suis la page nue je pèse je serai
le livre secret sous la robe »

(La robe se partage il n’est plus de secret)

(Jean Joubert)


Illustration: Fabienne Contat

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Les lieux aussi sont corps mêlés (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les lieux aussi sont corps mêlés
Misère et grandeur s’y accouplent
On reconnaît chacun à son ciel
comme il embrasse
comme il courbe et lisse ses teintes

Le temps alors
met sa tête sous son aile
vous confie au hasard

On a la bride sur le cou
On file ses rêves

On croirait
voyant autour de soi
des champs si propres
que ces courbes vous aiment
qu’elles prennent soin aussi
de l’âme
la font chanter

On abandonne les bois noirs
de la métaphysique
dès que s’éclairent ces contrées
On oublie la nuit griffue
la nuit des petits monstres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Elle croyait (Elise Turcotte)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



Elle croyait que les cheveux des gens
en disaient long sur leur vie,
sur la façon dont ils se percevaient.

Passer sa main à travers une chevelure
se révélait à son contact
un geste d’une grande intimité,
on soulevait la haine de soi,
on relevait des mèches d’espoir,
on lissait les mois de fatigue.

(Elise Turcotte)

 

 

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