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Poésie

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Il y a des jours (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (3)

Il y a des jours où je voudrais me mettre au lit
et dans l’ombre à n’importe quelle heure
me cacher la tête et me tenir entre mes bras
– entre sommeil et la vie, entre mon âme et mon corps –
et frémir d’être Moi.

(Paul Valéry)

Illustration: George Clair Tooker

 

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Soirs de confidences (Jean-Pierre Michel)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020




Soirs de confidences

Quand je parle à ton coeur, que la vie a froissé
En cette fin de jour où le bonheur s’effeuille
Je voudrais que les mots au soyeux de ma feuille
Brodent l’or de tes yeux de rêves enlacés.

Quand je parle à ton coeur, aux soirs de confidences
Où dansent les reflets que filtre l’abat-jour
Renaît dans ton regard où s’éveille l’amour
Une aube de lumière en sa magnificence.

Quand je parle à ton coeur, qu’un doute effleure encor
Ecoute les échos, au chant de mes – je t’aime -.
Dans le lit de la nuit où éclôt mon poème
Chaque vers est musique au clavier de ton corps.

(Jean-Pierre Michel)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Par une nuit blanche (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Paola Billi
    
Par une nuit blanche

Je n’avais pas fermé ma porte,
Allumé les bougies,
Je n’avais même plus la force
D’aller me mettre au lit.

Regarder les lueurs du soir
Que les sapins éteignent,
M’enivrer aux sons d’une voix
Si semblable à la tienne…

Et savoir que tout est perdu,
Que l’enfer de vivre est le pire.
Ô, cependant j’étais si sûre
De te voir revenir !

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Le temps n’est pas un lit (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Le temps n’est pas un lit, ni la terre un sommeil
l’arbre de l’amour est nu
le lieu qu’il a choisi est sans voile

Crois-tu que la nuit a réveillé ses rêves
et qu’ils courent maintenant sur le chemin
du soleil ?

Je crois
que ces soleils qui bâillent
dans le ciel de l’amour
ne sont que blessures sur le corps de la terre

Je chanterai pour ce lieu lumineux
avec les restes des amants qui m’ont précédé.
L’existence n’est qu’un espace voué au chant.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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MUTILATION VOLONTAIRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



hache

MUTILATION VOLONTAIRE

Pour s’éviter de servir
aux armées de l’empereur,
un beau soir avec la hache,
le maître se mutila
de deux grands doigts de la main
sa jeune et blonde épouse
pansa la plaie tendrement
et les pensées à coeur jaune
tremblèrent dans le parterre,
les deux chiens du maître hurlèrent
quand on le porta au lit,
alors charbonnaient les lampes
entourées de papillons ;
mais les femmes assemblées
sur la place du village
devant la rougeur des nuages
disaient que ce qu’elles voyaient
était le sang des soldats.

(Jean Follain)

 

 

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HYMNE AUX BLONDES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



HYMNE AUX BLONDES

Voici les blondes qui sortent du fourré,
elles mourront un jour
mais bien avant pourriront
les liserons dont elles se couronnent ;
l’une piqua son bras à l’épine
et suce le sang de sa blessure,
mais qui ne trouverait
sur le corps du plus fin grain
la trace de mille blessures légères
et l’infime brisure dans la ramure d’un sein.
Blondes, il faudrait vous coucher
dans le lit asséché des rivières
avec de grosses roses et des fleurs de genêt
et puis vous entourer d’abeilles
ayant perdu leur dard dans l’assouvissement des vengeances.

(Jean Follain)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Les corridors où dort Anne qu’on adore (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Marie-Noëlle Dérobert  petite fille dort 75

Les corridors où dort Anne qu’on adore

La petite Anne, quand elle dort,
Où s’en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?

Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.

Les pieds nus et à tire-d’aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s’affaire.

La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.

L’autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.

(Claude Roy)

Illustration: Marie-Noëlle Dérobert

 

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CHEZ NOUS (Clod’Aria)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
CHEZ NOUS

Chez nous à l’Orbrie
Les veufs se remarient
Les veufs tout vieux hier
et tout ragaillardis
aujourd’hui…
Plus de femme à la maison ?
Allons donc !
Et la popote ?
le lit bien fait ?
et la trique ?
ça manque aussi
les coups de balai !

Chez nous à l’Orbrie
les veufs se remarient…
Pas les veuves :
elles ont compris !
Les galants qui vous font la cour
font rimer amour
avec velours
Ah! Ah!
les femmes ne sont pas folles :
amour rime avec casserole

(Clod’Aria)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Venu voir les fleurs (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2019



    

Illustration: Toyohara Chikanobu

 

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Du bon usage de la fatigue (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Hélène Hugon
    
Du bon usage de la fatigue

J’ouvre les yeux. Je lis un mot. Je songe. Je ferme
les yeux. J’écoute.

Je rouvre les yeux. Je lis un mot. Je me souviens. Je
songe. Je remonte en arrière. Je ferme les yeux. Quelle
heure est-il ? J’écoute. Le temps passe.

Je rouvre les yeux. Me lever. Je lis un mot. Je voudrais me lever.
Je me souviens. Je n’arrive pas à me lever.
Je songe. J’accumule peu à peu la volonté de me lever. Je
remonte en arrière. Encore un effort. Je ferme les yeux.
Pas trop d’effort ! Quelle heure est-il ? Je n’en peux plus.
J’écoute. Je soupire. Le temps passe. Je souffle.

Je rouvre les yeux. Attendez ! Me lever. Un instant.
Je lis un mot. Cette chaleur dans le dos. Je voudrais me
lever. Cette douleur dans les yeux. Je me souviens. Ce
frisson. Je n’arrive pas à me lever. Cette liquéfaction. Je
songe. Cet épaississement. J’accumule peu à peu la
volonté de me lever. Cet amincissement. Je remonte en
arrière. Je sombre. Encore un effort ! Je nage. Je ferme
les yeux. Je remonte. Pas trop d’effort ! Un peu de courage.
Quelle heure est-il ? Laissez-vous aller ! Je n’en
peux plus. Je ne peux pas encore. J’écoute. Laissez-moi
aller ! Je soupire. Laissez-moi me lever ! Le temps passe.
Le temps presse. Je souffle. J’ai réussi à me lever.

L’univers se retourne et s’aère dans nos lits défaits.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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