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Poésie

Posts Tagged ‘loger’

Dans le creux du moment (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020



dans le creux du moment
loge celui de la blessure
mais l’on ne sait s’il y viendra
du sang comme à un jardin vide
la couleur de roses
sur la neige

(Jean-François Mathé)

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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Hommage à la Vie (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020




    
Hommage à la Vie

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D’avoir donné visage
A ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
A d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
A petit coups de rame
Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.
C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée
Dans cette poésie.

(Jules Supervielle)

 

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Pierre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2019



Pierre tombée du mur,
Et tenue dans ma main,
J’ai ta géométrie.

Je peux la tendre ailleurs
Et me loger dedans.

Tu me donnes aussi
Ta chaleur, ton grain,
Ton poids, ta couleur.

Je peux en habiller cette géométrie
Que je projetterais.

Mais la pulpe de ton silence,
Ton soupir avorté,

Viens voir en moi
Si tu t’y reconnais.

(Guillevic)

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Habitations (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019


J’ai logé dans le merle.
Je crois savoir comment
Le merle se réveille et comment il veut dire
La lumière, du noir encore, quelques couleurs,
Leurs jeux lourds à travers
Ce rouge qu’il se voit.

J’ai fait leur verticale
Avec les blés.

Avec l’étang j’ai tâtonné
Vers le sommeil toujours proche.

J’ai vécu dans la fleur.
J’y ai vu le soleil
Venir s’occuper d’elle
Et l’inciter longtemps
A tenter ses frontières.

J’ai vécu dans des fruits
Qui rêvaient de durer.

J’ai vécu dans des yeux
Qui pensaient à sourire.

(Guillevic)

Illustration: Vladimir Kush

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Ruines du coeur (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

Trisha Lambi_1038

Ruines du coeur

Mon coeur était jadis comme un palais romain,
Tout construit de granits choisis, de marbres rares.
Bientôt les passions, comme un flot de barbares,
L’envahirent, la hache ou la torche à la main.

Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain.
Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares.
Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ;
Et les ronces avaient effacé le chemin.

Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre.
Des midis sans soleil, des minuits sans un astre,
Passèrent, et j’ai, là, vécu d’horribles jours ;

Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière,
Et, bravement, afin de loger nos amours,
Des débris du palais j’ai bâti ma chaumière.

(François Coppée)

Illustration:Trisha Lambi

 

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CHAMBRE COMMUNE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



Andrej Gorenkov -   (17)

 

CHAMBRE COMMUNE

Le coeur livré
aux libertés
du provisoire,

il y aura
toujours assez
d’eau et de feuilles,

toujours assez
de terre meuble
et de pitié

pour y loger
les aventures
de ton corps.

(Axel Toursky)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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Ce n’est pas seulement une lumière (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ce n’est pas seulement une lumière
tombant sur le monde
qui allonge sur ton corps
sa neige noyée :
la clarté émane
de toi comme si tu étais
éclairée du dedans.

Sous ta peau loge la lune.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Celui qui choisit (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Michael Whelan  5 [1280x768]

Celui qui choisit de loger sous les monts,
du soleil, le jour, n’est plus compagnon.
Le soir tombe avant qu’il retrouve son lit.
Trop tôt la clarté se cache de lui.
Celui qui choisit de loger sous les monts
ne peut supporter du vent les façons.
L’été vient trop tard et l’hiver vient trop tôt.
La douceur de l’air n’est jamais son lot.
Humide la plaine, tout flue et tout fuit.
Sèches les hauteurs, tout vole et tout mord.
Monter ou descendre ? Aucun je ne puis.
Ni val, ni sommet, c’est le meilleur sort.
Me garde des dunes, m’écarte des prés.
Vivre entre les deux, c’est vivre à mon gré.

(Guido Gezelle)

Illustration: Michael Whelan 

 

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Loger la source (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018


 


Igor Morski 5f5ea707 

Loger la source

Il avait lu — tant lu.
Un jour il gravit la montagne qui dominait la terre, il fut ému.
Mais il avait tant lu qu’il était comme un dos de livre.
De lui saillaient les feuilles, elles interceptaient, enfermaient,
froissaient toutes les sources et toutes les frondaisons.
Alors fut en lui une lente faim. Il se sentit pesant et aspira le vent.
Le vent l’effeuilla. Il se trouva comme le dos creux d’un livre sans pages.
Et dans ce long creux le fluent et le verdoyant vinrent s’y loger.
Il devint la source et la clairière.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Igor Morski

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