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Poésie

Posts Tagged ‘logique’

Quand vous éliminez (Randall Jarrell)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 33

Quand vous éliminez l’un des éléments contradictoires de votre oeuvre d’art,
vous ne vous débarrassez pas simplement de lui,
mais aussi de la contradiction dont il faisait partie;
et ce sont les contradictions contenues dans les oeuvres d’art
qui leur donnent la faculté de nous dépeindre –
ce dont les généralisations logiques et méthodiques sont incapables –
notre monde et nous-mêmes,
remplis eux aussi de contradictions.

(Randall Jarrell)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Alors – poème (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors – poème
n’est pas retour
ni réenchantement ça grince
mais incandescence forgée
et déploiement
par pensée froide
de l’allégresse

(passion logique
et conjonction d’espaces
de pensée
articulation de l’intense
du hors et de l’en-soi
éloge de la chute ?
– un irréversible joyeux)

(Florence Pazzottu)
(Florence

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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La poésie crie plus de réalité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: René Magritte
    
La poésie crie plus de réalité,
ajoute du réel au réel,
elle est réalité.

Et le poème, qui apparaît ainsi comme une organisation
ou une structure ouverte, intentionnellement incomplète,
puisqu’elle devra se compléter chez le lecteur ou l’auditeur,
s’impose parfaitement à nous comme une présence.
Et c’est le poème comme présence qui va au-delà des affirmations et des explications,
pour configurer cette efficace plus que logique et non discursive qu’est la poésie.

Partant, le poème rompt encore la solitude de l’homme, lui sert de compagnie essentielle
et l’aide à transcender le jeu ténébreux des questions et des réponses.

Voilà pourquoi la poésie est le plus grand réalisme possible,
même si les naïfs, les ignorants et les arrogants la considèrent comme une abstraction,
une évasion ou une velléité subsidiaire de la toute-puissance politique ou idéologique.
Oui, la poésie est le plus grand réalisme possible.

Elle franchit même l’obstacle du nom des choses,
pour les nommer d’une autre façon,
loin du leurre et de l’arbitraire de l’étiquette.
Elle dé-nomme, comme l’ont souligné Roger Munier

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Le poète sait que tout doit lui servir (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: Elisée Maclet  
    
Le poète sait que tout doit lui servir

L’hallucination, la candeur,
la fureur, la mémoire,

les vieilles histoires, l’actualité,
la table et l’encrier,

les paysages inconnus,
la nuit tournée, les souvenirs inopinés,

les prophéties de la passion,
les conflagrations d’idées, d’objets,

la nudité aveugle, la réalité crue,
le dérèglement de de la logique jusqu’à l’absurde,

l’usage de l’absurde
jusqu’à l’indomptable raison…

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il y a toujours quelque chose (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



non-dualite

il y a toujours quelque chose
qui perturbe la logique
un centre décentré
un paradoxe tombé de l’éclair

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

 

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Avant d’être la pierre qui coule (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




Avant d’être la pierre qui coule
logique et folle aux fluides tombeaux
je veux frapper, débusquer l’écho
blesser d’un remous, bercer de houle
adoucir de corolles les eaux
déchirer d’un trait l’air somnolent
ou d’une courbe le caresser
et le réchauffer s’il est glacé
et le rafraîchir s’il est brûlant
car j’ai la juste tiédeur des mains
qui m’ont arrachée au chemin.

(Robert Mallet)

Illustration: De Es Schwertberger

 

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Hineinhorchen (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
Même un corps maladif n’empêchera pas l’esprit
de continuer à fonctionner et à porter ses fruits.
Ni de continuer à aimer, à être à l’écoute de soi-même, des autres,
de la logique de cette vie et de toi.

Hineinhorchen, « écouter au-dedans ».

(Etty Hillesum)

 

 

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La vie et la mort, la souffrance et la joie (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Etty Hillesum
    
La vie et la mort, la souffrance et la joie,
les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison,
les atrocités sans nombre,
tout est en moi et forme un ensemble puissant
et je l’accepte comme une totalité invisible
et je commence à comprendre de mieux en mieux pour mon propre usage
sans pouvoir encore expliquer la logique de cette totalité.
Je voudrais vivre longtemps pour être un jour en mesure de l’expliquer aux autres.
Mais si cela ne m’est pas donné eh bien, un autre le fera à ma place,
un autre reprendra le fil de ma vie là où il se sera rompu

(Etty Hillesum)

 

 

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Après les remparts dans le quartier de l’Océan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Après les remparts
dans le quartier de l’Océan
vivait Khalti Samar

À son grand désespoir
son mari ce mécréant
ne buvait que du café noir

«Pourquoi boire du thé?
disait-il d’un air critique
Son goût est beaucoup trop sucré
et il amollit la logique

Prenez n’importe quelle démente
donnez-lui un thé à la menthe
et elle vous contera des histoires
que vous écouterez jusqu’au soir!

Qu’Allah me protège du merveilleux
qui s’insinue même dans les coeurs
des plus malingres et des plus vieux
pour leur faire croire au bonheur!

Faut-il que je cède au rêve
de mon épouse Samar la douce
et que pour son tajine aux fèves
le savoir je repousse ?

Faut-il que je rie ?
Faut-il que je pleure?
Faut-il que j’aille voir le cadi
pour lui parler sans candeur ?

Ah! Samar la grâce de tes yeux
est un tel baume une telle richesse
Tu ne sais pas ma sécheresse
quand tu allumes tes feux

Je suis chandelle entre tes mains
assoiffé de ta lumière
Je veux vivre entre tes seins
jusqu’à ma larme dernière»

Ainsi parlait le mari de Khalti Samar
quand elle lui versait du café noir

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le rêve nous crée (Jean-Pierre Begot)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Sans logique, défaisant les calculs,
les définitions des cultures admises,
le rêve n’est pas seulement illusion.
Il fait participer aux sables inconnus,
aux villes mystérieuses,
l’enfant des faubourgs.

Par lui, le regard dépasse le fini de nos murs.
Il est invention de la liberté
– ses incohérences même nous enseignent –
et s’il peut se faire refuge, ou piège,
il peut surtout devenir jardin secret.

En lui se sont fourbies
les armes de toutes nos révoltes,
la mise en place de toutes les révolutions.

Rêve de l’autre
dont les images les plus familières
sont celles du feu, du vent, de l’eau, des nuages, de l’étoile –
de ce qui purifie,
de ce qui éloigne et resserre en même temps
dans une condition commune.

Le rêve nous crée et nous créons nos rêves.
Privilège qui nous distingue des dieux

(Jean-Pierre Begot)

Illustration

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