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Poésie

Posts Tagged ‘loin’

Là-haut, c’est très près? (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2022




L’enfant à l’adulte:
– C’est où là-bas? C’est en bas?
– Non, c’est très loin.
– Alors pourquoi on dit là-bas?
– Parce que c’est très loin.
– Alors (en montrant les étoiles)
là-haut,
c’est très près?

(Jacques Biolley)

 

 

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Je regardais, au bord de la Néva (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021




    
Je regardais, au bord de la Néva,
Dans les vapeurs d’une brume glacée,
Resplendir la coupole dorée
Du grand géant Saint-Isaac.

Timidement les nuages se levaient
Sur le ciel nocturne, hivernal,
Dans un silence de mort le fleuve pâle
Luisait de ses eaux gelées.

Et j’ai songé, triste et silencieux,
Qu’en des pays de soleil brûlant,
La baie de Gênes en cet instant
Flamboyait de tous ses feux.

O toi, Nord, Nord-sorcier,
Suis-je donc par toi envoûté ?
Ou suis-je vraiment enchaîné
Au froid granit de tes contrées ?

Ah, si un souffle, en passant,
Doucement dans le soir incertain,
M’emportait, m’emportait au loin,
Là-bas, là-bas, vers le Sud brûlant…

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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Pour t’oublier (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2021




Pour t’oublier,
je suis parti très loin.
Mais pour te retrouver,
c’était si facile par la pensée
que je suis parti très loin
pour rien.

(Jacques Biolley)

Illustration: Jean Delville

 

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Languir (Clément Marot)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021


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Languir la fais
quand suis loin de ses yeux;
Mourir me fait
quand je la vois présente

(Clément Marot)

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Certains jours (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021



 

Certains jours
plus noirs
que la nuit
la plus noire

on ne sait plus
que faire
pour survivre

on voudrait peut-être
tout simplement
demeurer là
terrés
à ras des choses

loin très loin
de la vie meurtrière

à ne plus bouger
à ne plus parler

à enfin oublier
la déchirure béante
de nos rêves calcinés

(Bernard Mazo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 
Illustration: ArbreaPhotos

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Loin de moi (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




loin de moi
si un mot
pouvait lancer

l’accord
de ma poitrine
emprisonné

(Silvia Baron Supervielle)

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Une enfance nous est cachée (Anne Périer)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021



Illustration
    
Une enfance nous est
cachée Ô mon âme
Très loin nous l’aurons cherchée
Mais la recevrons dans les larmes
De tout près
Ce faux deviendra vrai
Ce bas deviendra haut.

(Anne Périer)

 

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(à jamais) (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021



Illustration    
    
(à jamais)

Proche de qui s’égare loin de qui s’en saisit,
chante Hadewijch d’Anvers la béguine flamande,

et c’est l’amour
à jamais en déroute
par les chemins creux
du corps, des dunes et des taillis.

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE LONGUEUR D’AVANCE (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021



Illustration
    
UNE LONGUEUR D’AVANCE
à Gérard Chaliand

La poésie se joue du temps.
Elle parle et sait de très loin.
Dans l’univers d’avant-naître.
Dans l’instant d’outre-venue.
Dans le réel plus vaste.

Elle est lueur de mise en abîme.
Feu souverain hors des flammes.
Trace qui préfigure.
Elle est nuit très pure.
Aube fraîche.
Grand midi.

Rythme et visée
de toute vie qui se risque.
La poésie est sursaut d’adolescence à jamais.
Désir sans frein.

Vitesse.
Vertige.
Frénésie de départ.

Comme un galop dans le sang.
Comme un soleil à la bouche.
Et l’infini qui se donne en partage…

[…]

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES BLANCS OISEAUX (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2021



 

    

LES BLANCS OISEAUX

Ah ! Si nous étions, mon amour, de blancs oiseaux sur l’écume de la mer !
Nous sommes las de la flamme du météore, qui va pâlir et disparaître ;
Et la flamme de l’étoile bleue du crépuscule si basse à la frange du ciel
A fait naître en nos coeurs, mon amour, une tristesse qui peut durer toujours.

Une langueur nous vient de ces rêveurs, perlés de rosée, le lys et la rose ;
Ah ! Chasse-les de tes rêves, mon amour; la flamme du météore qui passe
Ou la flamme de l’étoile bleue qui s’attarde à l’horizon quand tombe la rosée ;
Car je voudrais que nous soyons changés en oiseaux blancs sur l’écume vagabonde, toi et moi !

Mon esprit est hanté d’îles innombrables et de maints rivages Danéens
Où le temps sûrement nous oublierait, où le chagrin ne nous toucherait plus ;
Nous serions vite loin de la rose et du lys et de la turbulence des flammes,
Si nous n’étions que de blancs oiseaux, mon amour, portés sur l’écume de la mer !

***

THE WHITE BIRDS

I would that we were, my beloved, white birds on the foam of the sea!
We tire of the flame of the meteor, before it can fade and flee;
And the flame of the blue star of twilight, hung low on the rim of the sky,
Has awaked in our hearts, my beloved, a sadness that may not die.

A weariness cornes from those dreamers, dew-dabbled, the lily and rose;
Ah, dream not of them, my beloved, the fame of the meteor that goes,
Or the fame of the blue star that lingers hung low in the fall of the dew:
For I would we were changed to white birds on the wandering foam: I and you!

I am haunted by numberless islands, and many a Danaan shore,
Where Time would surely forget us, and Sorrow corne near us no more;
Soon far from the rose and the lily and fret of the flames would we be,
Were we only white birds, my beloved, buoyed out on the foam of the sea!

(William Butler Yeats)

 

Recueil: La Rose et autres poèmes
Traduction: de l’anglais (Irlande) Jean Briat
Editions: POINTS

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