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Poésie

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Bosquet d’été (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2019



    

 

(Masaoka Shiki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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AVANT LE DÉLUGE (Günter Kunert)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Higorca Gómez Carrasco
    
AVANT LE DÉLUGE

Dans les arbres du soir
échafaudages d’air pur
étirés tels des cris
venus de loin
et je me demande
si ceci serait l’adieu
ou quelque autre signe
de la fin

Car la terre sombre
derrière son horizon
rien ne s’élève plus
c’est certain
et il ne reste
de nous tous
qu’un reflet changeant
qu’un bref instant
d’existence.

***

VOR DER SINTFLUT

In den Abendbäumen
Gebilde aus purer Luft
langgezogen wie Rufe
aus weiter Ferne
und ich frage mich
ob das der Abschied sei
oder sonst ein Zeichen
des Endes

Denn die Erde versinkt
hinter ihrem Horizont
nichts geht mehr auf
das ist klar
und es bleibt
ein fahriger Widerschein
von uns allen
noch eine Weile
bestehen.

***

ÎNAINTE DE POTOP

În arborii nocturni
aer în formă pură
prelung chemând
din depărtări.
Mă-ntreb acum
de-i rămas bun
sau altă prorocire
a capătului.

Pământul se coboară
sub propriul orizont,
nimic nu mai răsare.
E clar că nu ne mai rămâne
decât fugara oglindire,
chip reflectat în care
pentru-o vreme
încă mai dăinuim.

***

PRZED POTOPEM

w wieczornym drzewach
kształty z czystego powietrza
rozciągnięte jak wołania
z daleka
i stawiam sobie pytanie,
czy to pożegnanie,
czy inny znak
końca.

Jako że ziemia zapada w głąb,
za jej horyzontem
nic więcej się nie wyłania.
To jest jasne
i to, co pozostaje,
to niespokojne odbicie
nas wszystkich
jeszcze na chwilę

***

BEFORE THE FLOOD

In the evening trees
figures of pure air
elongated like cries
from afar
and I wonder
if this is the farewell
or another sign
of the end

Because the earth is sinking
behind its horizon
nothing works anymore
that is clear
and what continues to exist
is a whimsical reflection
from all of us
just for a while…

***

ΠΡΙΝ ΤΟΝ ΚΑΤΑΚΛΥΣΜΟ

Κάθε βράδυ σχήματα του αγέρα
μακρουλά σαν μακρινά κλάματα
κι αναρωτιέμαι
αν είναι αυτό το γεια χαρά
ή άλλο ένα σημάδι του τέλους
που επέρχεται.

Κι αφού η γη βυθίζεται
στο τέλος του ορίζοντα
τίπτα πια δεν δεν είναι ακριβές
κι ότι απομένει
η ιδιότροπη αντύγεια μας
των μερικών λεπτών.

***

洪水之前
在夜晚的树上
纯空气数据
像远方来的哭声
一样拉长
我想知道
是否这就是诀别
或是末日的任何
其它迹象

因为大地正下沉到
地平线后
没什么起作用了
很明显
还将继续存在的
是来自我们所有人
一种异想天开的反映
只那么一会儿。

***

ANTES DEL DILUVIO

En los árboles de la tarde
las sombras de aire puro
prolongadas como gritos
en la lejanía
y me pregunto
si eso será la despedida
o cualquier otro signo
del fin

Puesto que la tierra se hunde
detrás de su horizonte
ya no despunta
eso está claro
y permanece
un reflejo inconstante
de todos nosotros
por un tiempo
todavía.

***

PRIMA DEL DILUVIO

Di sera alberi
forme d’aria pura
si allungano come grida
da lontano
e io mi chiedo
se questo sia un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra sta annegando
dietro il suo orizzonte
niente più funziona
è chiaro
e ciò che continua ad esistere
è questo strano riflesso
di tutti noi
solo per un attimo.

***

PRIMA DEL TEMPORALE

Dentro gli alberi della sera
correnti di aria pulita
allungate come grida
venute da lontano
e io che mi domando
se questo è un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra precipita
dietro il suo orizzonte
niente si distingue più
questo è certo
e non resta
di noi tutti
che un riflesso cangiante
un breve istante
di esistenza.

***

VÓÓR DE ZONDVLOED

In de avondbomen
bouwsels uit zuivere lucht
langgerekt zoals geroep
uit de verte
en ik vraag mij af
of dit het afscheid zou zijn
of enig ander teken
van het einde

Want de aarde zinkt weg
achter haar horizon
gaat niets nog op
dat is duidelijk
en er blijft
een grillige weerspiegeling
van ons allemaal
nog een tijdje
bestaan

***

(Günter Kunert)

 

Recueil: ITHACA 601
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Allemand / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Polonais Mirosław Grudzień / Anglais / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Laura Garavaglia / Italien Renato Fiorito / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Indi Shotamoy ThakurEditions: POINT

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Soir ivre (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Soir ivre

Soir ivre empli d’une clarté bleutée
titube à la fenêtre et désire chanter.
Les vitres peureusement se rassemblent et se pressent
dans lesquelles ses ombres se sont prises au filet.

Il obscurcit et tangue autour des maisons,
tombe sur un enfant et le chasse en criant,
poursuit tout en haletant et chuchotant
de sombres et inquiétantes déclarations.

Dans la cour humide, à la lisière sombre du mur,
il s’ébat avec les rats dans les coins.
Une femme dans sa robe grise râpée de bure
s’enfuit devant lui pour se cacher plus loin.

A la fontaine un filet mince encore coule,
une goutte s’empresse de saisir l’autre au vol ;
là, il boit sans ambages au trou encrassé de rouille
et aide à laver les noirs caniveaux et rigoles.

Soir ivre empli d’une clarté bleutée
titube par la fenêtre et commence à chanter.
Les vitres se brisent. Le visage ensanglanté,
il entre pour lutter avec ma terreur.

***

Betrunkner Abend

Betrunkner Abend, voll vom blauen Licht,
taumelt ans Fenster und begehrt zu singen.
Die Scheiben drängen furchtsam sich und dicht,
in denen seine Schatten sich verfingen.

Er schwankt verdunkelnd um das Häusermeer,
trifft auf ein Kind, es schreiend zu verjagen,
und atmet keuchend pinter allem her,
Beängstigendes flüsternd auszusagen.

Im feuchten Hof am dunklen Mauerrand
tummelt mit Ratten er sich in den Ecken.
Ein Weib, in grau verschlissenem Gewand,
weicht vor ihm weg, sich tiefer zu verstecken.

Am Brunnen rinnt ein dünner Faden noch,
ein Tropfen läuft, den andern zu erhaschen;
dort trinkt er jäh aus rostverschleimtem Loch
und hait, die schwarzen Gossen mitzuwaschen.

Betrunkner Abend, voll vom blauen Licht,
taumelt ins Fenster und beginnt zu singen.
Die Scheiben brechen. Blutend im Gesicht
dringt er herein, mit meinem Graun zu ringen.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Limites (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Niko Guido
    
Limites

Que tu allumes des lumières
et de grands feux
aux lueurs sans fin
et qui portent loin.

Que tu jettes dans le voile de fumée
les langues des torches,
que tu essaimes des yeux et du coeur
ce que tu possèdes.

Ce ne sera toujours que tentative,
chemin tâtonnant,
rien que ton image
que tu tiens de la lumière.

***

Schranken

Zündest du Lichter an
und große Feuer
mit weiten Scheinen
ohne Ende.

Wirfst du im schleiernden Rauch
züngelnde Fackeln,
streust du aus Augen und Herz,
was du besitzt.

Immer nur ist es Versuch,
tastender Weg,
immer dein Bild nur,
das du vom Lichte trägst.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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MOUVEMENT DU CŒUR (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Ingeborg Bachmann

    
MOUVEMENT DU CŒUR

Après des jours gris

Être libre une heure seulement !
Libre, loin !
Comme des chants nocturnes dans les sphères célestes.
Et voler très haut au-dessus des jours,
voilà ce que je voudrais
et chercher l’oubli […]
au-dessus des eaux sombres
glaner des roses blanches,
donner à mon âme des ailes
et, oh Dieu, ne plus rien savoir
de l’amertume des longues nuits
où les yeux s’ouvrent grand d’étonnement
devant la détresse sans nom.
Des larmes sur mes joues
témoignent des nuits de démence,
du bel espoir délirant,
du souhait de briser les chaînes
et de m’abreuver de lumière […]
Voir la lumière une heure seulement !
Être libre une heure seulement !

***

BEWEGUNG DES HERZENS

Nach grauen Tagen

Eine einzige Stunde frei sein!
Frei, fern!
Wie Nachtlieder in den Sphdren.
Und hoch fliegen über den Tagen
m6chte ich
und das Vergessen suchen […]
über das dunkle Wasser gehen
nach weißen Rosen,
meiner Seele Flügel geben
und, oh Gott, nichts wissen mehr
von der Bitterkeit langer Nächte,
in denen die Augen groß werden
vor namenloser Not.
Tränen liegen auf meinen Wangen
aus den Nächten des Irrsinns,
des Wahnes schöner Hoffnung,
dem Wunsch, Ketten zu brechen
und Licht zu trinken […]
Eine einzige Stunde Licht schauen!
Eine einzige Stunde frei sein!

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Nous n’étions pas pareils (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



Nous n’étions pas pareils

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille des brumes.
Tu avais la peau claire
Plus blanche que l´hiver,
Moi, j´avais la peau brune.
Ta valise à la main,
Tu venais de très loin,
Peut-être de Norvège.
Moi, je venais d´ailleurs,
D´un pays où les fleurs
Ne craignent pas la neige.

Nous n´étions pas pareils.
Comment brume et soleil
Pouvaient-ils se comprendre?
Notre Tour de Babel,
C´était un vieil hôtel,
Quatre murs d´une chambre.
Nous avons parcouru
Chaque petite rue
De la carte du Tendre
Et nous avons dormi
Des mille et une nuits
Plus belles que la légende.

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille de brumes.
Si je venais chez toi,
J´aurais beaucoup trop froid,
J´attraperais un rhume.
Chez moi, si tu venais,
Tu serais étonnée
De ne pas voir la neige,
Mais il neige en mon cœur
Des pétales de fleurs
Qui viennent de Norvège.

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille des brumes.

(Georges Moustaki)

Illustration: Katarina Smuraga

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Les limites du malheur (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



Les limites du malheur

Mes yeux soudain horriblement
Ne voient pas plus loin que moi
Je fais des gestes dans le vide
Je suis comme un aveugle-né
De son unique nuit témoin

La vie soudain horriblement
N’est plus à la mesure du temps
Mon désert contredit l’espace
Désert pourri désert livide
De ma morte que j’envie

J’ai dans mon corps vivant les ruines de l’amour
Ma morte dans sa robe au col taché de sang.

(Paul Eluard)

 

 

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PAIX SUR LA TERRE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Illustration: Jacob Jordaens

Peintures Jacob Jordaens au Sénat
    
PAIX SUR LA TERRE

L’Archer est debout!
Le Cygne envolé!
Or contre bleu
Une flèche allongée.
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Ourses sont au loin!
L’Aigle hurle!
Or contre bleu
Leurs veux étincellent!
Dors!
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Soeurs reposent
Leurs bras entrelacés:
Or contre bleu
Leurs cheveux brillent!
Le Serpent s’entortille!
Orion écoute!
Or contre bleu
Son épée scintille!
Dors!
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

***

PERCE ON FARTE

The Archer is wake!
The Swan is flying!
Gold against blue
An Arrow is lying.
There is hunting in heaven
Sleep safe tilt to-morrow.

The Bears are abroad !
The Eagle is screaming!
Gold against blue
Their eyes are gleaming!
Sleep !
Sleep safe till to-morrow.

The Sisters lie
With their arms intertwining;
Gold against blue
Their hair is shining!
The Serpent writhes!
Orion is listening!
Gold against blue
His sword is glistening!
Sleep!
There is hunting in heaven
Sleep safe till to-morrow.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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SIRÈNES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



 

Illustration: Victor-Louis Mottez
    
SIRÈNES

Pensée funeste,
Toi qui embrases et qui troubles l’amour
Afin que je me tourne inlassablement vers le haut,
Tu modifies, impatiemment, les apparences
Et, avant même que je touche au but
Et me détrompe,
A d’autres songes déjà tu m’enchaînes.
Semblable à cette mer inquiète et flatteuse
Qui offre et cache au loin
L’île fatale,
Multipliant tes leurres,
Tu mènes qui encore espère
A la mort.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOINTAIN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019




LOINTAIN

Très loin très loin
comme un aveugle
on m’a conduit par la main

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: John Everett Millais

 

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