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Poésie

Posts Tagged ‘lointain’

Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021




    
Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles.
L’espace clos médite à présent.
Montagnes immenses sur des îles lointaines, elles seules
se permettent de sursauter au bruissement des ginkgos.
De rêveries en absence de soi, les cercles concentriques
du silence s’emparent du coeur de celui qui ne fait que passer.

Il pense qu’il ne fait que passer sur la terrasse surplombante
mais cet espace longtemps encore s’insinuera dans ses pensées.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Assis, les pieds pendants (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021



Illustration: Frans Masereel
    
Assis, les pieds pendants, sous l’arche du vieux pont,
Et sourd aux bruits lointains à qui l’écho répond,
Le pêcheur suit des yeux le petit flotteur rouge.
L’eau du fleuve pétille au soleil. Rien ne bouge.
Le liège soudain fait un plongeon trompeur,
La ligne saute. – Avec un hoquet de vapeur
Passe un joyeux bateau tout pavoisé d’ombrelles ;
Et, tandis que les flots apaisent leurs querelles,
L’homme, un instant tiré de son rêve engourdi,
Met une amorce neuve et songe : – Il est midi.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Je ne vois pas pourquoi je ferais autre chose (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



    
Je ne vois pas pourquoi je ferais autre chose

Je ne vois pas pourquoi je ferais autre chose
Que de rêver sous l’arbre où le ramier se pose ;
Les chars passent, j’entends grincer les durs essieux ;

Quand les filles s’en vont laver à la fontaine,
Elles prêtent l’oreille à ma chanson lointaine,
Et moi je reste au fond des bois mystérieux,

Parce que le hallier m’offre des fleurs sans nombre,
Parce qu’il me suffit de voir voler dans l’ombre
Mon chant vers les esprits et l’oiseau vers les cieux.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Il descend, le jour nouveau, de lointaines hauteurs,
Le matin qui s’est éveillé des crépuscules,
Il rit à l’humanité, paré et vif,
L’humanité est tendrement pénétrée de joie.

Une vie nouvelle veut à l’avenir se dévoiler,
On voit de bourgeons, signe de jours gais,
Se remplir la grande vallée, la terre,
Tandis que pour le printemps est chassée la plainte.

***

DER FRÜHLING

Es kommt der neue Tag aus fernen HOhn herunter,
Der Morgen, der erwacht ist aus den Dmmerungen,
Er lacht die Menschheit an, geschmückt und munter,
Von Freuden ist die Menschheit sanft durchdrungen.

Ein nues Leben will der Zukunft sich enthüllen,
Mit Blüten scheint, dem Zeichen froher Tage,
Das grolle Tal, die Erde sich zu füllen,
Entfernt dagegen ist zur Frühlingszeit die Klage.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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Le Temps (Martial Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le Temps

On dit que le temps arrange tout, il suffit de l’attendre.
Mais qu’il est donc lent, le temps de l’attente.
L’attente de l’ami, qu’on a pas vu depuis longtemps.
L’attente des secours, quand survient l’accident.
L’attente de la guérison, quand s’éternise la souffrance.
L’attente du soleil, quand tarde le printemps.
L’attente de la compassion, quand dure l’indifférence.
L’attente du pardon, pour une lointaine offense.

Pourtant, il suffit qu’on l’oublie, le temps.
Quand arrive l’ami qu’on attendait depuis longtemps.
Que se réveillent les souvenirs d’antan.
Et qu’on déroule les histoires du bon vieux temps.
Il en profite pour nous échapper et galoper, le temps.
Et quand vient le temps d’aller voir où en est le temps,
On s’aperçoit qu’il a filé comme le vent, le temps.
Et qu’on ne peut le rattraper, le temps.

On a parfois envie de l’emprisonner dans les bons moments.
Mais lent ou rapide, on ne peut l’arrêter de passer, le temps.
Puis quand vient le temps de disposer de notre temps,
On voudrait arrêter, histoire de regarder passer le temps.
Mais on se lasse vite à ne faire que regarder passer le temps.
Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste que peu de temps,
De l’accompagner jusqu’au bout de son temps.
On répondra à l’enfant qui nous demande un peu de temps,
Que pour lui, on a tout notre temps.
En espérant que, quand il ne nous restera que peu de temps,
Quelqu’un aura pour nous, un peu de temps.

(Martial Nouveau)

 

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Comment le rejoindre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



comment le rejoindre
là-bas
en ce lointain obscur

comment le délivrer
et me délivrer

sans fin il retire
ce bâillon qui lui est
aussitôt réappliqué

de lui ne me parviennent
que des plaintes
à peine audibles

(Charles Juliet)


Illustration: Odilon Redon

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Toute la patience terrestre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020



    

Toute la patience terrestre,
Toute la pression marine,
Pour que se change en toi, perle,
Une lointaine larme de lune.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOUFFLE (Paolo Rufilli)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020



Illustration: Pablo Atchugarry  
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Gujarati

Poem of the Week Ithaca 653
« Soffio » Paolo Rufilli , Italy

From: “Il polline delle stelle”, Poesía italiana, Editoriale POINT 2000

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

SOUFFLE

C’est dans ce souffle lointain,
tout au fond du cœur,
que chacun
reconnaît son destin.
Le rêve le plus interdit :
la notion
d’un infini
même quotidien
qui échoit
au corps de l’amour.
Bridé, enfermé,
pour conserver son goût
intact,
soustrait à la vacuité
maintenu entre les cuisses
longtemps, en vain,
semblable à l’eau
qui de toute façon
glisse entre les mains.

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

(Paolo Rufilli)

***

ADEMTOCHT

Het is in die verre ademtocht,
diep in het hart,
dat eenieder
zijn lot herkent.
De meest verboden droom:
het denkbeeld
van een zelfs dagelijkse
oneindigheid
die het lichaam
van de liefde ten deel valt.
Tegengehouden, opgesloten,
om haar smaak ongerept
te bewaren,
onttrokken aan de leegte
vastgehouden tussen de dijen
langdurig, tevergeefs,
zoals het water
dat hoe dan ook
aan de hand ontglipt.

Vertaling Germain Droogenbroodt – Annie Reniers
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt – Annie Reniers

***

SOPLO

Es en ese remoto
soplo, dentro del corazón,
donde todo el mundo reconoce
su destino.
El sueño más prohibido:
la idea de un
infinito incluso cotidiano
abandonado en suerte
al cuerpo del amor.
Rendido, encarcelado,
para mantener intacto
su sabor,
sustraído al vacío
sostenido entre los muslos
largo tiempo, en vano,
como el agua
que sin embargo escapa
de la mano.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

BREATH

It is in that remotebreath,
inside the heart,
that everyone recognizes
his destiny.
The most forbidden dream:
the idea
of an infinite,
even ordinary
left by fate
at the body of love.
Surrendered, imprisoned,
to keep intact
its flavor,
subtracted from the void,
held between the thighs,
for a long time, in vain,
like water
that drips anyway
from the hand.

Translation into English by Germain Droogenbroodt

***

SOFFIO

E’ in quel remoto
soffio, dentro al cuore,
che ognuno riconosce
il suo destino.
Il sogno più prohibito:
l’idea di un
infinito perfino
quotidiano,
lasciato in sorte
al corpo dell’amore.
Arreso, imprigionato,
per conservare intatto
il suo sapore,
sottratto al vuoto
tenuto tra le cosce
a lungo, invano,
come l’acqua
che scivola comunque
dalla mano.

Traduzione Germain Droogenbroodt – Annie Reniers
Translation into Italian bij Germain Droogenbroodt – Annie Reniers

***

ATEMZUG

In jener Ferne
ist Atem, im Herzen,
dass ein jeder
sein Schicksal erkennt.
Der meistverbotene Traum:
die Idee einer
gar alltäglichen Ewigkeit,
als Schicksal
im Körper der Liebe gelassen.
Aufgegeben, eingesperrt,
um unversehrt
seinen Geschmack zu bewahren,
der Leere entzogen
zwischen den Schenkeln gehalten
lange Zeit, vergeblich,
wie das Wasser
das ohnehin
der Hand entrinnt.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

SOPRO

É nesse remoto
sopro, dentro do coração
onde todo mundo reconhece
o seu destino.
O sonho mais proibido:
a ideia de um
infinito até mesmo cotidiano,
deixado ao fado
ao corpo do amor.
Dominado, aprisionado,
para conservar intacto
o seu sabor,
subtraído ao vazio
abarcado entre as pernas
muito tempo, em vão,
como a água
a escorrer mesmo assim
da mão.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

CIATU

È nta ddu rimotu
ciatu, dintra u cori,
ca ognunu ricanusci
u so distinu.
Lu sognu chiù pruibbitu:
l’idea di un infinitu
p’ansina d’ogni jorru,
lassato in sorti
a lu corpu di l’amuri.
Arristatu, mpriggiunatu,
pi cunzirvari intattu
u so sapuri,
livatu a lu vacanti,
tinutu ntra li cosci,
a longu, invanu,
comu l’acqua
ca sciddica in ogni modu
di la manu

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

SUFLARE

În acea depărtată
suflare din adâncul inimii
își recunoaște fiecare om
propriul destin.
Visul cel mai oprit:
ideea unui infinit
fie el chiarși cotidian,
lăsat în voia
corpului iubirii.
Predat, întemnițat,
pentru a-ipăstra neatinsă
aroma,
scăzut din neantul
ținut între coapse
îndelung, fără rost,
ca apa
carese prelinge, oricum,
din mână.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TCHNIENIE

To jest w ukrytym tchnieniu,
w głębi serca
które każdy rozpoznaje
jako własne przeznaczenie.
Najbardziej zabronione marzenie:
idea
perfekcyjnej nieskończonej codzienności
pozostawionej przez los
w ciele miłości.
Poddani, uwięzieni
by zachować jej nietknięty
smak,
odjęty od pustki,
trzymany między udami
długo, na próżno
bo to jest jak z wodą
która i tak ścieknie
z dłoni.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΑΝΑΣΑ

Μοναχική ανάσα
μες στην καρδιά
τη μοίρα σου που διακρίνεις
όνειρο απαγορευμένο
έννοια
εφήμερης αιωνιότητας
στα πόδια της αγάπης αφημένη
υποταγμένη, φυλακισμένη
διατηρεί τη γεύση της
απ’ την απώλεια παρμένη
μάταια εγκελεισμένη
ανάμεσα σε δυο γοφούς
και σαν νερό
πάντα της απ’ τα δάχτυλα
μακριά κυλά.

Μετάφραση ΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***
呼吸

就在那久远的呼吸里,
在内心深处,
每个人都认识到
自己的命运。
最禁忌的梦想:
就是一个甚至
日常无穷大的信念
由命运遗留
在爱的身体里。
屈服,被囚禁,
为保持它的
原汁原味,
从虚无中减去,
很长时间里都是徒劳保存,
在大腿之间,
仅仅像水一样
不管怎样,从手上
逃走了。

英译:比利时杰曼·卓根布鲁特
汉译:中国周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

نفَسٌ

في ذاك النفس البعيد
بأعماق القلبِ
يعرف كلٌّ منا قدرَه.
الحلمُ المحرَّمُ بشدة:
فكرة أبدية الأيام
سلمها القدر لجسد الحب.
مهجورة ،
مسجونة ،
بِكْرٌ مذاقُها.. يبقى،
مأخوذٌ من الخواء،
محصور طويلا دون جدوى
بين فخذين،
لكنه كما الماء
لابد أن
يتسلل هاربا
من اليد.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

सांस

यह उस सुदूर सांस में है,
दिल के अंदर,
कि हर कोई पहचानता है
उसकी नियति।
सबसे निषिद्ध स्वप्न:
विचार
एक दैनिक अनंतता का
भाग्य द्वारा छोड़ा गया
प्रेम के शरीर पर।
आत्मसमर्पण, कैद,
अक्षुण्ण रखना
इसका स्वाद,
शून्यता से घटा,
एक लंबे समय के लिए व्यर्थ में आयोजित,
जांघों के बीच,
लेकिन पानी की तरह
वैसे भी बच जाता है
हाथ से।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

息遣いのなかに

心の内にある遠くの息
人はそこに自分の運命を知る
もっとも禁じられた夢
無限は平凡な運命のなかにさえ存在する
愛の身体のなかに
降伏し、投獄されても
その香りを傷つけないために
無から差し引かれる
それは長い時間、両脚の間にあったが
水のように手からこぼれ落ちてしまった

Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

نفس

نفسی از راه دور است،
در ميان قلبی
كه میداند
سرنوشتش را.
خوابى ممنوع
ايده ايى
حتى از يك بى نهايت روزانه
كه به تقدير واگذار شده بود
در بدن عشق.
تسليم شده، زندانى شده،
براى اينكه طعم آن،
دست نخورده بماند
از پوچى کم می شود،
برای زمانى طولانى عقیم می ماند
در ميان رانها
اما مثل آب
ناگزير فرارمی کند
از ميان دست ها.

پوالو‌ روفیلی، ایتالیا، ١٩٤٩
ترجمه: سپيده زمانى
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ШУМ

В този далечен шум
от дълбините на сърцето
човек разпознава
своята участ.
Забранена мечта е тази
за безкрайността
на ежедневието,
оставена в ръцете на съдбата,
въплътена в любовта.
Затворен шум, заключен,
за да може да запази непокътнат
своя дух,
изтръгнат от празнотата,
задържан между две бедра
задълго, но напразно,
като водата, която винаги
се изплъзва от ръцете.

превод от италиански: Цветелина Александрова и Иван Христов
Translation into Bulgarian by Tsvetelina Alexandrova en Ivan Hristov

***

ANDI

Það er í langsóttumandanum,
innst í hjartanu,
semhverogeinnáttar sig
á örlögumsínum.
Leyndastadraumnum:
hugmyndinni
um jafnveldagleganóendanleika
semforsjóninskilureftir
í kjarnakærleikans.
Afhendilátinn, haldiðföngnum,
tilþessaðviðhalda
bragðihans,
dreginnútúrtóminu,
honum var lengihaldiðtileinskis,
milli læranna,
en sleppursamt
einsogvatn
úrlófanum.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ДЫХАНИЕ

В далеком дыхании,
глубоко в сердце –
там каждый
узнает свою участь.
Запретнейшаямечта:
идея
дажеежедневной
нескончаемости
оставлена судьбой
втеле любви.
Зарешеткой, добровольносдавшись,
чтобывкуссохранить
целиком,
выхваченноеупустоты,
долго, напрасно
удерживаемое между бедер,
словно вода,
все равно
утекает сквозь пальцы.

ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

HININGA

Nasa malalimnabuntong-hiningamulasakaibuturan ng pusonakilalaninng bawatisa ang
kanyangkapalaran.
Ang pinaka-ipinagbabawalnapangarap;
ang ideyang isangkahit pang araw-arawnawalanglimitasyonginiwan ng kapalaransakatawanng pag-ibig.
Sumuko, ikinulong,upangmapanatili
ang lasa,
ibinawasmulasakawalan,samatagalnapanahongpinapagingwalangkabuluhan,
sapagitan ng mgahita,
subalittulad ng tubigay nakakatakasparinmulasakamay.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

נשימה / פאולול רופילי

זֶהבְּתוֹךְאוֹתָהּנְשִׁימָהקְלוּשָׁה,
שֶׁבָּאָהמֵהַלֵּב,
בָּהּאָדָםמְזַהֶה
אֶתגּוֹרָלוֹ.
הַחֲלוֹםהָאָסוּרבְּיוֹתֵר:
הָרַעְיוֹן
שֶׁלנִצְחִיּוּת
בַּדְּבָרִיםהַקְּטַנִּיםהַיּוֹמְיוֹמִיִּים
מֻטְבָּעעַליְדֵיהַגּוֹרָל
בְּגוּףהַנֶּאֱהָבִים.
כְּנוּעָה, כְּלוּאָה,
שׁוֹמֶרֶתשֶׁטַּעֲמָהּ
לֹאיִפָּגַע,
מֻחְזֶקֶת הָאַהֲבָהלַשָּׁוְא
לְאֹרֶךְזְמַן
בֵּיןהַיְּרֵכַיִם,
כִּי בְּכָלמִקְרֶה
הִיא כְּמוֹמַיִם
שֶׁדּוֹלְפִים מֵהַיָּד.

תרגום מאיטלקית לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הפסל של
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

மூச்சு

அது அந்த தூரத்து மூச்சு
இதயத்திற்குள் இருந்து,

ஒவ்வொருவரும் அறிந்து கொள்ளும்
அவரது தலை விதி.
தடுக்கப்பட்ட கனவு.
ஓர் எண்ணம்
ஒவ்வொரு நாளைய எல்லையற்ற
விதியினால் விடப்பட்டது
அன்பின் உடலில்
சரணடைந்து விட்டது, சிறை பிடிக்கப்பட்டது
அதனது உருசியைப்
பாதுகாப்பதற்காக.
பொருளற்ற நிலையினின்று கழிக்கப்பட்டது
நெடுங்காலத்திற்குபயனற்றதாய் வைக்கப்பட்டது
தொடைகளுக்கு இடையில்
தண்ணீர் போல எப்படியும்
கையிலிருந்து நழுவி விடும்!
கவிதை ஆக்கம்

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

HINASE

Li wê dûriyê
hinase, di dil de,
ku her yek
rojgaraxwezane.
Xewnapirtirtêqedexekirin:
Hizrataseriyê
Yarojane
çawarojgar
di tena evînê de hêştin.
Spardeyî,
liserkilîkirî,
bona ziyannegîhnêyê,
kuçêjaxwe bê parastin,
jivalahiyêvekişandin
di navberaranan de
demekedirêj
bêhêştin, bêhavil e
wekavê
her çijî
destdireve.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

শ্বাস

সেইনির্জনশ্বাসে,
হৃদয়েরঅন্তস্থলে,
প্রতিজনস্বীকৃতিদেয়
তারনিয়তিকে।
সর্বোচ্চনিষিদ্ধস্বপ্নঃ
একটিধারণা
এমনকিএকটিদিনেরঅনন্ত
ভাগ্যদ্বারানির্ধারিত
ভালোবাসারদেহেরসমর্পিত।
আত্মসমর্পিতঅবরুদ্ধকারাবাস,
অক্ষতরাখতে
এরস্বাদ,
শূন্যতাথেকেবিচ্ছিন্ন
দীর্ঘকালীননিরর্থকতা,
উরুরমাঝারে,
তবেপানিরমতো
পালিয়েযায়
হাতথেকে ।

অনুবাদজার্মেইনড্রোজেনব্রুড্ট
Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

શ્વાસ

હ્રદયમાં ખૂણેખાંચરે સાચવેલા
શ્વાસમાં સૌ જોઈ લે છે
પોતાનું પ્રારબ્ધ
પ્રતિબંધિત સ્વપ્ન:
પ્રેમની કાયા પાસે મુકાયેલી
અનંતતા
જે કેદ કરાઈ છે
સ્વાદ જળવાઈ રહે માટે
શૂન્યમાંથી જેની
બાદબાકી કરાઈ છે
જેને જકડી રખાઈ છે
જાંઘો વચ્ચે
સરકી જાય છે
જે આંગળીઓ વચ્ચેથી
જળવત્

-પાઓલો રફિલ્લી, ઇટલી, ૧૯૪૯

Translation into Gujarati by Udayan Thakker

(Paolo Rufilli)

 

Recueil: ITHACA 653
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Illustration: Clémentine-Hélène Dufau
    
D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON

Viens et joue avec nous!
Vois, comme des femmes nous avons des seins!
Depuis tes tentes au bord des flots
Viens jouer avec nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous
Regarde! nues, les jambes droites dans l’eau!
Nous nous tenons près de nos bateaux,
Alors nageant vers le lointain
Viens à nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous!
Vois, nous sommes grands comme des femmes!
Nos regards sont aigus:
Nos cheveux sont brillants;
Nos voix parlent franchement ;
Nous nous révélons dans le vert de la mer!
Viens jouer avec nous:
C’est défendu!

***

FROM « THE BIRTH OF VENUS », SONG

Come with us and play!
See, we have breasts as women!
From your tents by the sea
Corne play with us: it is forbidden!

Come with us and play!
Lo, bare, straight legs in the water!
By our boats we stay,
Then swimming away
Come to us: it is forbidden!

Come with us and play!
See, we are tall as women!
Our eyes are keen:
Our hair is bright:
Our voices speak outright:
We revel in the sea’s green!
Come play:
It is forbidden!

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LA MAISON DES ENFANTS (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



 

Chateau_Vilmorin-1 [800x600]

La maison des enfants
Est livrée au grand vent
Leurs chambres sont désertes.
Le grand vent du matin
Ne dénoue au jardin
Nul ruban de soie verte.

Plus de mots hésitants
Et plus de compliments
Au midi de ma fête
Et plus de petits pas,
Plus de secrets tout bas
Ni de cris à tue-tête.

Loin de moi grandissez
Enfants de mon passé
Qui vivez en voyage,
Puis venez à mon coeur
Fontaine de mes pleurs
Y puiser votre image.

Usez de mon amour.
Votre jour est toujours
L’objet de mon envie.
Revenez à mes bras,
Ne vous éloignez pas
Du sein de votre vie.

Êtes-vous nés trop tôt
Rires de mes berceaux
A l’âge du quadrille?
Êtes-vous nés trop tard
Enfants de mes hasards,
Enfants petites filles?

Le jardin est pareil,
L’abeille et le soleil
Y font leur course à l’aise,
Mais sous les hauts sapins
Plus de jeux anciens
Plus de chansons françaises.

Plus de baisers le soir
Ni de peur dans le noir
Où vient rôder le diable,
Plus de jouets cassés,
Plus de genoux blessés
Ni de châteaux de sable.

Enfants, c’est mon passé
Passé que vous bercez
Au jardin de Verrières,
Car je riais aussi
Sous l’arbre que voici
Et que planta mon père.

Les jours sont abîmés.
Aurais-je trop aimé
Le pas qui déconcerte ?
Je suis seule à présent
Mes lointaines enfants
Devant la porte ouverte.

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

 

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