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Poésie

Posts Tagged ‘lointain’

Une brise aiguise les aiguilles de pin (Chingak)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Ciel-Terre
    
Une brise aiguise les aiguilles de pin
Monte la tristesse profonde et lointaine
La lune roule sur les vagues de mon coeur
Dans mon esprit un cristal de silence
Écoute et regard, reflets d’un miroir
Je flâne en pinçant les cordes de mon coeur
Là où l’écho s’évanouit, s’épanouit la méditation
Coeur apaisé, cendres éteintes

(Chingak)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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Cet air qu’on ne voit pas (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022




    
Cet air qu’on ne voit pas
porte un oiseau lointain
et les graines sans poids
dont germera demain la
lisière des bois.

Oh ! le cours de la vie
entêté vers en bas !

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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La sphère n’a pas de centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022



    

La sphère n’a pas de centre.
Son centre est fixe et mobile,
proche, lointain, hors du temps,
chaque fois perdu.

Centre. Sphère.
D’un rien rayonne
la profusion de l’immense.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA NUIT, quand le pendule de l’amour balance (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021



Illustration: Marc Chagall

    

LA NUIT, quand le pendule de l’amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du coeur
et ton oeil bleu
d’orage tend le ciel à la terre.

D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêve
l’Expiré nous effleure
et le Manqué hante l’espace,
grand comme les spectres du futur.

Ce qui maintenant s’enfonce et soulève
vaut pour l’Enseveli au plus intime :
embrasse, aveugle, comme le regard que
nous échangeons, le temps sur la bouche.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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LOINTAINS (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021




    
LOINTAINS

Les yeux dans les yeux, dans la fraîcheur,
commençons aussi cela par exemple :
respirons ensemble le voile
qui nous cache l’un à l’autre,
quand le soir se dispose à mesurer
tout ce qui sépare encore chacune
de ses propres figures
de chacune de celles
qu’il nous a à tous deux prêtées.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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Le Temps (Martial Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le Temps

On dit que le temps arrange tout, il suffit de l’attendre.
Mais qu’il est donc lent, le temps de l’attente.
L’attente de l’ami, qu’on a pas vu depuis longtemps.
L’attente des secours, quand survient l’accident.
L’attente de la guérison, quand s’éternise la souffrance.
L’attente du soleil, quand tarde le printemps.
L’attente de la compassion, quand dure l’indifférence.
L’attente du pardon, pour une lointaine offense.

Pourtant, il suffit qu’on l’oublie, le temps.
Quand arrive l’ami qu’on attendait depuis longtemps.
Que se réveillent les souvenirs d’antan.
Et qu’on déroule les histoires du bon vieux temps.
Il en profite pour nous échapper et galoper, le temps.
Et quand vient le temps d’aller voir où en est le temps,
On s’aperçoit qu’il a filé comme le vent, le temps.
Et qu’on ne peut le rattraper, le temps.

On a parfois envie de l’emprisonner dans les bons moments.
Mais lent ou rapide, on ne peut l’arrêter de passer, le temps.
Puis quand vient le temps de disposer de notre temps,
On voudrait arrêter, histoire de regarder passer le temps.
Mais on se lasse vite à ne faire que regarder passer le temps.
Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste que peu de temps,
De l’accompagner jusqu’au bout de son temps.
On répondra à l’enfant qui nous demande un peu de temps,
Que pour lui, on a tout notre temps.
En espérant que, quand il ne nous restera que peu de temps,
Quelqu’un aura pour nous, un peu de temps.

(Martial Nouveau)

 

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Eternité de tout (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2021


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Le plus oublié de mes rêves est gravé
au coeur de la plus lointaine étoile.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Absence (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    
Absence

Le lichen du temps couvre la pierre intacte
qui recèle les voix lointaines
dont l’écho s’accorde aux vents
parmi les arbres centenaires.

Un peuple de fantômes habite la mémoire
et parfois sort de l’ombre
pour nous encourager
de sa fertile absence.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Par le sextant du soleil
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je regarde la nuit (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021




    
Angine de poitrine

[…]
Je regarde la nuit à travers les barreaux
et malgré tous ces murs qui pèsent sur ma poitrine,
Mon coeur bat avec l’étoile la plus lointaine.

(Nâzim Hikmet)

 

Recueil: Vive la liberté
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LONGUE, ENDORMIE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021



 

Illustration: John Everett Millais
    
LONGUE, ENDORMIE

Longue, endormie comme une énigme,
dans une verte agonie sous les eaux,
longue et lente, lontaine et presque aveugle,
tant soit peu divine dans un nuage
blanc et fluide, inachevée
dans une lumière de lymphe parmi le reflet des arbres
et les petits miroirs lisses
du fond de l’eau,
longue, endormie comme une énigme,
impétueusement silencieuse,
elle traverse les images scintillantes,
traîne derrière elle les feuilles desséchées,
et s’en va recueillir les caresses immobiles
dans son visage tremblant de lune blanche.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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