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Posts Tagged ‘lointaine’

A la recherche d’un corps plus pur (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




animal lâché sur sa trace la plus lointaine
ou fille nue assise dans l’oubli
tandis que sa tête brisée erre en pleurant
à la recherche d’un corps plus pur

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Pascal Renoux

 

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L’amoureuse du vent (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Elle saute, chemise en flammes,
d’étoile en étoile,
d’ombre en ombre.
Elle meurt de mort lointaine
l’amoureuse du vent.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Toujours quand tu me regardes (Julian Tuwim)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

Bao-Pham Thienbao 801

Toujours
quand tu me regardes
sache
que si je suis triste, ce n’est pas pour cela
(à quoi que tu puisses penser)
mais pour une raison
autre
très lointaine,
et qui ne t’effleure jamais.

Un jour
je te mourrai.
Tu fermeras mes yeux,
et alors
les tiens,
tristes, très étonnés,
s’ouvriront grand.

(Julian Tuwim)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Bao-Pham Thienbao

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Que cherchez-vous parmi ces pierres blanches ? (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 

cimetière Buenos Aires

Que cherchez-vous parmi ces pierres blanches ?
Il n’y a personne ici.
Les morts sont plus réels que les vivants et ne paraissent pas
Dans leur pleine présence comme un vêtement blanc fait de lumière.
Par delà les rives d’arrivée et de départ
Ils se rappellent avoir jadis aimé, été aimés, et se regardent
Derrière le voile des miroirs comme des images ;
On entend des bruits et des voix tels des essaims
d’oiseaux migrateurs
Qui vont et viennent du nord au sud du sommeil à la mort
En remplissant le temps d’une présence lointaine.

Où êtes-vous et ne paraissez point, mains de jadis,
mains de la fierté nue,
Où reposez-vous croisées qui ne possédez ni n’attendez rien,
Yeux sans larmes qui ne pouvez voir
Sous des murs des ombres et des feuilles qui tombent.

(Georges Themelis)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras ,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)


Illustration: Fabienne Contat

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Crépuscule d’automne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Crépuscule d’automne

A mon cher professeur, Bêla Tettamanti

Sous les flocons neigeux de l’automne expirant,
Le crépuscule brun palpite faiblement.

Mon épaule perçoit ton cou chaud plein de grâce.
Ah! ton baiser lointain qui sur ma lèvre passe!

Le froid gémit et je ne peux mettre à l’abri
Sur ton giron brûlant mon visage meurtri.

Triste est le crépuscule et tu sembles lointaine
Et tombent les flocons… Ils reflètent ma peine.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Fillettes (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Fillettes

En longue file, viennent et vont
Les diablotins, mes petites saintes;
Et c’est du chaud pain frais que leur front –
Yeux de charbon, braises de charbon
Encor non éteintes.

En longue file, viennent et vont,
Et leurs amours aux fleurs sont pareilles;
Comme muguets aiment les garçons –
Vont aux garçons comme grives vont
Aux raisins des treilles.

En longue file, viennent et vont,
Même pleurantes, ne font que rire;
Lointaines sont, et lointaines vont –
Ainsi l’on voit, par les soirs trop bons,
Les étoiles luire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Jean-Honoré Fragonnard

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ÉCOUTE (Else Lasker-Schüler)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018


 


 

ÉCOUTE

Je vole dans la nuit
Les roses de ta bouche,
Pour qu’aucune femme n’y trouve à boire.

Celle que j’embrasse
M’enlève mes frissons,
Que j’ai peints autour de tes membres.

Je suis ton bord de chemin.
Celle qui te frôle,
Bascule.

Sens-tu ma soif de vivre
Partout
Comme une lisière lointaine ?

(Else Lasker-Schüler)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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Nous naquîmes tous… (Assunta Renau Ferrer)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Nous naquîmes tous…

Nous naquîmes tous sous un
Coup de fouet du destin, ici
Ou là : nuits, jours et soleils.
Nous sommes tous
D’un esclavage,
D’une contrée perdue,
D’une mer lointaine.

Et là où fut fait mon père,
L’ombre est si fraîche, le soleil
Si doré, les hommes si braves
Et les femmes si belles.

De l’autre côté, moi.
Ici, notre terre exhale
Ses parfums d’Amazone et
Son ventre donne. Ses enfants
Ressemblent à cet arbre fier,
En floraison
Sur une pente de la colline.

(Assunta Renau Ferrer)

 

 

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Vanessa passe (Marc Vaution)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Vanessa passe.
Elle distribue ses gestes
aux arbres de rencontre,
à ces gardiens silencieux
qui ne savent rien d’elle,
sinon que, tout à l’heure encore,
ils rediront son nom,
parce que c’est la voix de toute chose.
Elle se lève,
un bruissement d’eaux mortes la prolonge.

Elle parcourt les chemins d’eau,
les terres pâles des légendes,
ces landes où la joie s’accroche
aux pluies d’octobre.
Lointaine, quand le vent se pose,
elle parle de jours suspendus,
de rêves à fleur de regard.
Le feu fait éclater les pierres,
alors que,déjà,
les neiges sont venues habiter le silence.
Dans la cendre, elle lit, comme un livre,
l’écriture alchimique des pays
où vivre a la simplicité de l’air.

(Marc Vaution)


Illustration: Francine Van Hove

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