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Posts Tagged ‘lointains’

Je suis le poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019


Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (36)
Je suis le poète, meneur de puits tari
que tes lointains, ô mon amour,
approvisionnent.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

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J’aime longer la rive (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
j’aime longer la rive
accompagner les eaux lentes
du fleuve qui descendent
vers le sud et la lumière

désentravée la pensée
n’est plus ce tourment
qui lancine t’oblige
à la combattre
lui imposer silence

elle s’échappe erre
explore des gouffres
se perd en des lointains
jamais entrevus
te coupe de ce qui t’ancre
en ce lieu et ce temps
qui donnent ses repères
à ta vie

quand tu te retournes
le chemin a disparu
qui te relie
à toi-même

(Charles Juliet)

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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NOCTURNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
NOCTURNE

le vent plus sûr de nous que nous ne sommes
s’empara du trône de minuit

déjà l’écume avait franchi d’attendre
ébouriffés ses cheveux jubilaient

sachant souffrir le cri des grands lointains
même un brin d’herbe avait sa tâche

entre nous deux s’éboulaient tous les mots
si vif est le silence des yeux clairs qui nous lavent

tu rêvais de marcher sur les eaux
elles s’étaient portées garantes

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Les lointains sont invisibles (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
les lointains sont invisibles
nos larmes dépareillées
les morts inexperts reviennent
chercher dans nos voix désertes
un peu du poids qui leur manqua

avec des bribes d’enfance
des jeux qui n’en finissaient pas
des rires au goût de fruit mûr
des regards à la dérobée
nous ne ferons pas même une heure

la paix du galet sur ta paume
ne la bois pas toute entière
laisse au vent prendre sa part
des mots dont tu voudrais qu’ils crient

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Notre amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Notre amour —
Nous devrions marier ses forêts
À l’air qui se brise en elles —
Fouille les montagnes et les plaines qui
S’étreignent autour d’eux

Notre amour — escalier qui monte et descend
Tout en splendeur et en révélation

Nous devrions éclairer nos orbites
Éclairer l’espace
Avec ses légendes
Nous devrions écouter les lointains en nous
Et leurs déserts arides
Voir ce que ne peut voir le ciel

(Adonis)

 

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Fin de l’été (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Fin de l’été

Le soir m’a enveloppée
Aussi doux que velours, aussi lourd que souffrance.

Je ne sais plus ce que fait l’amour,
Je ne sais plus la braise des champs,
Tout veut prendre son envol
Pour ne me donner que le repos.

Je pense à lui et je l’aime,
Mais comme venu de lointaines contrées
Le je-viens-et-je-donne m’est étranger,
C’est à peine si je sais ce qui m’apeure.

Le soir m’a enveloppée
Ainsi doux que velours, aussi lourd que souffrance.
Et nulle part la révolte ne se dresse
Pour m’apporter nouvelles joie et tristesse.

Et tous les lointains qui m’ont appelée,
Et tous les hiers, profonds et clairs,
Ne peuvent plus me tromper.

Je sais une eau, abondante, étrangère.
Et une fleur que personne ne nomme,
Quoi d’autre peut encore me détruire ?

Le soir m’a enveloppée
Aussi doux que velours, aussi lourd que souffrance.

***

Spätsommer

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.

Ich weiss nicht mehr, wie Liebe tut,
Ich weiss nicht mehr der Felder Glut,
Und alles will entschweben,
Um nur mir Ruh zu geben.

Ich denk an ihn und hab ihn lieb,
Doch wie aus fernem Land.
Und fremd ist mir das Komm und Gib,
Kaum weiß ich, was mich bannt.

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.
Und nirgends sich Empörung reckt
Zu neuer Freud und Traurigkeit.

Und alles Weiter, das mich rief,
Und alles Gestern klar und tief,
Kann mich nicht mehr betoren.

Ich weiß ein Wasser, gross und fremd.
Und eine Blum’, die keiner nennt.
Was soil mich noch zerstören?

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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LE SENS DE LA MARCHE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



LE SENS DE LA MARCHE

Qu’il le veuille ou non
L’horizon m’accompagne
C’est une chimère en chemin
Une rumeur sourde qui secoue les lointains
Une manière de lâchez-tout
De providence accidentelle
À hauteur des yeux et des tempes

Là-bas est un autre
Là-bas est un être de chair et de vent
Que j’identifie à merveille
Dans le sens de la marche
Un sortilège de sables mouvants
Une vue de l’esprit dans un mouvement
Qui se conjugue au futur intérieur

Au futur infaillible

(André Velter)

 

 

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Où que tu voyages (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016


Salut-l-ami-Le-voyage-texte-Gerard-W

Où que tu voyages
où que tu te diriges
tes entrailles sont les lieux les plus lointains

(Adonis)

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UN OISEAU CHANTAIT (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2016



UN OISEAU CHANTAIT

Derrière chez mon père, un oiseau chantait,
Sur un chêne au bois,
— Autrefois —
Un rayon de soleil courait sur les blés lourds;
Un papillon flottait sur l’azur des lents jours
Que la brise éventait;
L’avenir s’érigeait en mirages de tours,
Qu’enlaçait un fleuve aux rets de ses détours;
C’était le château des fidèles amours.
— L’oiseau me les contait.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait
La chanson de mon rêve;
Et, voix de la plaine, et voix de la grève,
Et voix des bois qu’Avril énerve,
L’écho de l’avenir en riant mentait:
Du jeune coeur, l’âme est la folle serve,
Et tous deux ont chanté
Du Printemps à l’Eté.

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Un oiseau chantait d’espérance et de joie,
Chantait la vie et ses tournois
Et la lance qu’on brise et la lance qui ploie;
Le rire de la dame qui guette
Le vainqueur dont elle est la conquête;
La dame est assise en sa gonne de soie
Et serre sur son coeur une amulette.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait
De l’aube jusqu’en la nuit:
Et dans les soirs de solitaire ennui
Sa chanson me hantait;
Si bien qu’au hasard de paroles très douces
Je me remémorais ses gammes,
Apprises parmi les fougères et les mousses,
Et les redisais à de vagues dames,
Des dames blondes ou brunes ou rousses,
Des dames vaporeuses et sans âmes.

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Un oiseau chantait la chanson de l’orgueil;
Et dans les soirs nerveux d’émois
Je l’écoutais du seuil;
Ils sont morts, les vieux jours de fiers massacres;
Mes orgueils, écumants du haut frein de mon veuil,
Se sont cabrés aux triomphes des sacres,
Ils ont flairé les fleurs du cercueil,
Arômes des catafalques — doux et acres;
Mes vanités sont au cercueil.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait
Qui chante dans mon âme et dans mon coeur, ce soir;
J’aspire l’ombre ardente où fume un encensoir.
O jardins rutilants qui m’avez enfanté,
Et je revis chaque heure et toutes vos saisons:
Joie en rire de feuilles claires par la rive,
Joies en sourires bleus de lac aux horizons,
Joie en prostrations de la plaine passive,
Joie éclose en frissons;.
Les jeunes délices qui furent dans nos yeux
— Aurores et couchants — les étoiles des cieux
Et le portail de Vie ouvert et spacieux
Vers les jeunes moissons!

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Derrière chez mon père, un oiseau chantait,
En musique de flûte alacre et de hautbois,
En musique qui te vantait,
Toi, mon Rêve et mon Choix;
Sais-tu combien aux soirs s’alanguissait ma vie;
Sais-tu de quels lointains mon âme t’a suivie,
Et comme ton ombre la tentait
Vers le Château d’Amour que l’oiseau chantait
Sur un chêne au bois?
— Autrefois. —

(Francis Vielé-Griffin)

 

 

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S’absenter (Michel Baglin)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016



S’absenter

Qu’on regarde au-dehors, le dedans vous reprend.
On voudrait être au monde, on ne sait qu’échapper.
Et tout ceux-là qu’on croise et voudrait arrêter
ont le pas trop rapide et sont pris par l’élan.

Qui parle des lointains évoque une autre vie.
Et c’est pour mieux tromper ce sentiment de n’être
qu’en exil ici-bas, un voyageur peut-être
mais qui ne pèse pas et reste sans appui.

Nous avons des manies de vivants qui s’absentent,
qui pour prendre enfin pied s’accrochent à des leurres
en faisant reculer l’horizon qu’ils s’inventent.

Partir est toujours une façon d’être là,
lever l’ancre encore un rêve de pesanteur,
et c’est pour aller plus loin qu’on ne s’en va pas.

(Michel Baglin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: William Turner

 

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