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Poésie

Posts Tagged ‘loir’

Conte russe (Boris Zakhoder)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Conte russe

Dans une plaine à l’infini
Tout était blanc absolument,
Les neiges recouvraient la plaine
Depuis l’origine des temps.
Au milieu de la blanche plaine
Se dressait un palais tout blanc:
Toiture et murs, portes de glace
Et grand perron de marbre blanc.

A l’intérieur tous les plafonds
Et le sol allait blanchissant:
Plein de chambres, de salles blanches
Et d’escaliers étincelants.

Là, dans la plus blanche des salles,
Calme et sans souci, tel un loir,
Sur le plus blanc des édredons
Dormait un chat – un chat tout noir.

Plus noir que l’aile d’un corbeau,
De la queue jusqu’au fond du coeur,
Noir par dessus, noir par dessous,
Plus noir encore que la noirceur!

(Boris Zakhoder)

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Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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SECRÈTE VIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration: André Patte
    
SECRÈTE VIE

Près de la crevasse où mettre les outils
continue à battre le coeur d’un loir
dans la belle soirée
celui qui dans un groupe parle
n’attente pas au calme des champs rougis
le couteau en coupant du pain
a scintillé pour tous
au fond d’une boutique
une fille à la sueur légère
regarde les collines arides
entrer dans la nuit
qui la comblera
la poitrine en paix
au murmure
du jeune sang.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Savez-vous ce qui est comique ? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique
Un pou qui parle du Mexique
Un boeuf retournant l’as de pique
Un clown qui n’est pas dans un cirque
Un âne chantant un cantique
Un loir champion olympique

Mais ce qui est le plus comique
C’est d’entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

(Maurice Carême)

Illustration

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AUTOMNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



automne [800x600]

AUTOMNE

Automne, automne, automne, oh,
La saison de l’ancolie
La saison où les tonneaux
Se remplissent de folie,

Saison du blaireau, du loir
Et des premiers doigts du froid,
Bords de la Loire ou du Loir
— Monte la fumée des rois —

Automne, automne, automne, oh,
Un maigre fagot de bois
Des paraphes infernaux
Sur le ciel glacé de droit,

Puis des brumes ravigotes,
Des écharpes de velours,
Des guivres, des matelotes
Des rumeurs et des tambours

Automne, automne, automne, oh.
C’est la rentrée des écoles,
C’est la rentrée des tonneaux
Des rouliers de Picrochole.

La poix des matins des soirs.
Jeux brutaux et têtes-bêches,
Le morne ennui des dortoirs.
Les souliers et les bobèches.

Automne, automne, oh, chenu
Mon coeur se fond d’amertume
Les bois, les taillis sont nus
Le givre aux lampes s’allume.

Mon enfance vous évoque
Tandis qu’un soleil léger
Pâle comme oeuf à la coque
S’élève sur les vergers.

Oh garde-moi ma présence
Là-bas près des figuiers bleus
J’y reconnais mon enfance
Mon petit sarrau de serge

Sous le regard des persiennes
Où dorment ceux que j’aimais
J’y entends des voix anciennes
Qui ne se tairont jamais.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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