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DOULEUR DES CHOSES QUE J’IGNORE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
DOULEUR DES CHOSES QUE J’IGNORE

Fouillis de racines noires et blanches,
odeur de levure et lombrics,
entaillée par les eaux la terre.

Douleur naissante des choses que j’ignore:
non seulement mourir une fois
mais tout le temps sentir peser sur le coeur
avec l’herbe une motte de terre.

***

DOLORE DI COSE CHE IGNORO

Fitta di bianche e di nere radici
di lievito odora e lombrichi,
tagliata dall’acque la terra.

Dolore di cose che ignoro
mi nasce: non basta una morte
se ecco piu volte mi pesa
con l’erba, sul cuore una zolla.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Un Oiseau, avança dans l’Allée (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Un Oiseau, avança dans l’Allée —
Je le voyais à son insu –
De son bec il coupa un Lombric
Qu’il avala, tout cru,

Puis, sur une Herbe à portée
Il but de la Rosée –
Puis, sautillant de biais jusqu’au Mur,
S’effaça devant un Scarabée -—

Il lançait des regards très vifs,
En hâte, tout alentour —
Ses yeux semblaient des Perles effarées,
Il secoua sa Tête de Velours. —

Comme en péril, Circonspect,
]e lui offris une Miette,
Alors il déplia ses plumes
Et rama vers son Nid –

Plus doucement que Rames, de l’Océan
Divisent l’argent lisse,
Ou que des Rives de Midi, plongent
Les Papillons, sans clapotis.

***

A Bird came down the Walk —
He did not know I saw —
He hit an Angle Worm in halves
And ate the fellow, raw,

And then, he drank a Dew
From a convenient Grass —
And then hopped sidewise to the Wall
To let a Beetle pass —

He glanced with rapid eyes,
That hurried all abroad —
They looked like frightened Beads, I though,
He stirred his Velvet Head —

Like one in danger; Cautious,
I offered him a Crumb,
And he unrolled his feathers,
And rowed him softer Home —

Than Oars divide the Ocean,
Too silver for a seam,
Or Butterflies, off Banks of Noon,
Leap, plashless as they swim.

(Emily Dickinson)


Illustration

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Le poète (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015




Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre,
Il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
Où les hommes récoltent les denrées langagières ;
Mais la terre s’épuise à l’effort incessant !
Sans le poète lombric et l’air qu’il lui apporte
Le monde étoufferait sous les paroles mortes.

(Jacques Roubaud)

 

 

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