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Poésie

Posts Tagged ‘longer’

Banquises blonde (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Banquises blondes entre les doigts d’eau, royaumes interdits,
de quelle route vous ai-je longés ?
Sur le fleuve et nues, ouvertes, flottantes,
nul arbre ne les enracine, aucune plante, aucun pas n’y mettent leur poids d’ombre.
Seuls parfois les touchent des oiseaux de passage.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

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Les paroles de l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Les paroles de l’eau

La lumière était de plus en plus lumière
clarté pure et sèche froide avec douceur
pendant que nous montions le chemin des alpages
où les clochettes des vaches tintent nonchalamment
Nous avons pris ensuite le sentier de terre
qui longe la forêt de grands sapins noirs
noirs du noir bleuté d’un plumage de choucas

Tout le long de la route une eau secrète nous parle
visible un instant quand le léger ruisselet traverse
le sentier puis de nouveau cachée mais toujours s’enchantant
parole de fraîcheur patience murmurée
l’incessante la volubile l’eau qui avance à notre pas

Toi dans ma vie ma chantante en sourdine
rire caché dans l’herbe source ma continuelle

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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La moelle des villes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



La moelle des villes

S’enfoncer dans l’étau d’une ville
Longer les parois de sa nuit
Marcher sur sa membrane d’asphalte
Avancer sous la dalle de son ciel
Arpenter ses méandres
Tressaillir de son cri

Forer l’os des solitudes
Se heurter au mutisme des seuils
Frôler l’arbre aux aguets

Se glisser dans la texture
Des pierres
Pénétrer la trame
Des murailles
S’imprégner des noces
Du fleuve et des pavés

Débusquer ses lueurs
Puiser sources sous son gravier
Faire émerger la Ville
De ses suaires

S’infiltrer dans sa moelle

Lui faire jour
Se faire jour !

(Andrée Chedid)


Illustration: Gottfried Salzmann

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RUE VERTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




RUE VERTE

Rue verte beaucoup qui te longeaient
se payaient de mots et d’espoirs :
jeunes ménages entrant dans la vie
la dame en chapeau à plumes
et l’homme en chapeau de soie
et moustaches de campagne
rentraient dans tes boyaux, rue verte
aux pissenlits touffus
aux chats massifs ;
d’immenses tartines d’enfants
sur qui le beurre fraîchissait
sur qui la confiture glaçait
étaient parfois pendant le jeu
posées sur une borne grise
jusqu’à l’oubli.

(Jean Follain)

Illustration

 

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LE VOYAGE INTÉRIEUR (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration
    
LE VOYAGE INTÉRIEUR

Franchis la peau
la chair
longe le sang.

Ecarte le buisson de nerfs
les branches d’os
les assassins.

Force la nuit
ses pièges ses
tambours.

Garde-toi
si tu trébuches.
Si tu t’égares
interroge.

Un fil rêvé te guide dans l’obscur.

Rejoins, perdu, le centre du vertige,
le feu caché
l’irréductible point.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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J’aime longer la rive (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
j’aime longer la rive
accompagner les eaux lentes
du fleuve qui descendent
vers le sud et la lumière

désentravée la pensée
n’est plus ce tourment
qui lancine t’oblige
à la combattre
lui imposer silence

elle s’échappe erre
explore des gouffres
se perd en des lointains
jamais entrevus
te coupe de ce qui t’ancre
en ce lieu et ce temps
qui donnent ses repères
à ta vie

quand tu te retournes
le chemin a disparu
qui te relie
à toi-même

(Charles Juliet)

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Maudire (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018


Arthure-Vers-le-centre-386080

 

Cherchant mon chemin
Vers le bord du temps
Ou pour le longer
Ou pour le quitter,
Quelquefois j’ai cru
L’avoir traversé
Et plus rien, personne,
Je ne maudissais.
Maintenant je vais
Plutôt vers le centre.

J’ai trop à savoir
Et maudire est loin

(Guillevic)

Illustration

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La passion est un abîme (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Henri Matisse
    
La passion est un abîme
qu’il vaudrait mieux éviter de longer
car l’éblouissement, à chaque pas,
nous guette.

…mais une vie sans passion
n’est-ce pas un puits sans eau?

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il y en a qui doivent parler (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Illustration : Pierre Faure
    
Il y en a qui doivent
Parler, parler encore à l’ombre dans les coins

Des plaies qui cicatrisent avec beaucoup de mal
Dans la nuit la plus claire

Et des étangs qui bâillent
On dirait contre un mur
Qui les tiendrait couchés.

Il y en a qui doivent
Longer ce mur, le même,
Et tâcher de l’ouvrir

Avec des mots, des noms qu’il s’agit de trouver
Pour tout ce qui n’a pas de forme et pas de nom.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu n’as rien appris (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien:
c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée.

Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger:
qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés.

Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot:
tu n’as jamais fait qu’errer dans une grande ville,
que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.

L’indifférence est inutile.

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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