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Poésie

Posts Tagged ‘longer’

Dans le train (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Dans le train.
Le premier plan tourne à toute allure
tandis que l’arrière-plan est proche de la fixité centrale.
Foncer, aller droit,
c’est longer des cercles.

(Laurent Albarracin)

 Illustration

 

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Froide et noire petite ville (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



froide et noire petite ville
tes murailles depuis mil ans
rêvent à des assauts sanglants
mais ce n’est qu’une automobile

qui longe tes flancs en ronflant
dans l’estaminet le sourire
de la serveuse aux seins de cire
se fait triste au fond du soir lent

au beffroi bleuté de brouillard
l’horloge aigre sonne le quart
d’une heure à jamais inconnue

le dernier buveur dit salut
à la fille qui se prépare
à dormir là-haut seule et nue

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Maudire (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016


Cherchant mon chemin
Vers le bord du temps

Ou pour le longer
Ou pour le quitter,

Quelquefois j’ai cru
L’avoir traversé

Et plus rien, personne,
Je ne maudissais.

Maintenant je vais
Plutôt vers le centre.

J’ai trop à savoir
Et maudire est loin.

(Guillevic)

Illustration

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Pour penser, deviens un arbre (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2016



Pour penser, deviens un arbre.
Bifurque à gauche, à droite, en éventail,
ne cesse jamais de dédoubler tes branchages dans l’espace grand.

Ramifie, multiplie tes ramilles, envahis le volume,
par la cime et dans le large, capte la lumière.
La généalogie n’invente que si elle bifurque — ainsi parle-t-on d’un arbre généalogique.

Perpétue donc l’arborescence dans le bas comme au haut,
longe lentement le cheminement noir de tes racines souterraines qui savent proliférer au loin,
lance hardiment le jaillissement vertical du tronc, étale vers le ciel, de ton houppier, les musculeuses branches planes,
détaille un feuillage si large qu’il pourrait recouvrir la place du village,

émets la chimie exquise de parfums subtils, piège des abeilles, et de poisons tueurs de chenilles parasites,
chante avec le vent dont les turbulences font vibrer ta ramure dont l’immobilité,
alors, se tord, hante les nids accueillants des pics et des mésanges d’où émanent dix chansons.

Monte des mottes vers les notes.

(Michel Serres)

Illustration

 

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L’investiture (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2015



L’investiture

Nous longerons la grille du parc,
A l’heure où la Grande Ourse décline ;
Et tu porteras – car je le veux –
Parmi les bandeaux de tes cheveux
La fleur nommée asphodèle.

Tes yeux regarderont mes yeux ;
A l’heure où la grande Ourse décline. –
Et mes yeux auront la couleur
De la fleur nommée asphodèle.

Tes yeux regarderont mes yeux,
Et vacillera tout ton être,
Comme le mythique rocher
Vacillait, dit-on, au toucher
De la fleur nommée asphodèle.

(Jean Moréas)

 

 

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Depuis cent ans (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2015



 

Erik Johansson  4_orig [1280x768]

Depuis cent ans, je parcours les impasses,
je cogne les portes, j’implore les lucarnes.
Qu’il fait noir dans ce monde
où l’on finit par se heurter à son propre corps.
Que faire pour éviter ces hordes de soi-même,
ces rues pleines de sosies qui longent les murs,
silhouettes lancinantes, démarches tordues, figures échevelées
qui sortent en coup de vent sous un coup de lumière moqueuse.

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Erik Johansson

 

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Le temps d’avoir longé un pré (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Une part invisible de nous-mêmes
se serait ouverte en ces fleurs.
Ou c’est un vol de mésanges qui nous enlève ailleurs,
on ne sait comment.
Trouble, désir et crainte sont effacées, un instant;
mort est effacée, le temps d’avoir longé un pré.

(Philippe Jaccottet)

 

 

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RUE VERTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2015




RUE VERTE

Rue verte beaucoup qui te longeaient
se payaient de mots et d’espoirs :
jeunes ménages entrant dans la vie
la dame en chapeau à plumes
et l’homme en chapeau de soie
et moustaches de campagne
rentraient dans tes boyaux, rue verte
aux pissenlits touffus
aux chats massifs ;
d’immenses tartines d’enfants
sur qui le beurre fraîchissait
sur qui la confiture glaçait
étaient parfois pendant le jeu
posées sur une borne grise
jusqu’à l’oubli.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Tu n’as rien appris (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2015



 

Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien:
c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée.

Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger:
qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés.

Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot:
tu n’as jamais fait qu’errer dans une grande ville,
que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.

L’indifférence est inutile.

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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La moelle des villes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2015



La moelle des villes

S’enfoncer dans l’étau d’une ville
Longer les parois de sa nuit
Marcher sur sa membrane d’asphalte
Avancer sous la dalle de son ciel
Arpenter ses méandres
Tressaillir de son cri

Forer l’os des solitudes
Se heurter au mutisme des seuils
Frôler l’arbre aux aguets

Se glisser dans la texture
Des pierres
Pénétrer la trame
Des murailles
S’imprégner des noces
Du fleuve et des pavés

Débusquer ses lueurs
Puiser sources sous son gravier
Faire émerger la Ville
De ses suaires

S’infiltrer dans sa moelle

Lui faire jour
Se faire jour !

(Andrée Chedid)


Illustration: Gottfried Salzmann

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