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Poésie

Posts Tagged ‘longtemps’

Dans la cheminée des hommes… (Serge Wellens)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Dans la cheminée des hommes…
À la mémoire de Catinou tué par la guerre

Dans la cheminée des hommes
il a brûlé comme un cierge
sa complainte n’a pas fait
danser longtemps les grandes flammes

Arbre à l’écorce tendre où
le vent mord à pleines dents
Arbre pliant sous le poids d’un oiseau

ses racines n’allaient pas loin
dans le sommeil de la terre

Toute sa vie il l’a vécue
dans l’attente du bûcheron

jamais il n’eut d’autres fruits
que ses fleurs.

(Serge Wellens)

Recueil: Guerre à la guerre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le visage de la mort (Shanhui Dashi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Le visage de la mort

L’esprit a pris congé du chemin de la vie,
Ame errante qui entre dans la passe des morts.
Je n’entends par milliers que ceux qui y pénètrent,
Et jamais je ne vois un seul en revenir.
Le cheval nous attend, et déjà il hennit;
Les fleurs dans le jardin sont vouées à se faner.
Depuis longtemps je cherche la vérité suprême,
Pour éviter la tombe perdue dans les montagnes.

(Shanhui Dashi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Des filles chantent (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Des filles chantent:

L’époque dont les mères ont parlé
n’a pas trouvé l’accès de nos alcôves,
et tout y est resté lisse et clair. Elles
nous disent qu’elles se brisèrent lors
d’une année fouaillée de tempête.

Nous ne savons pas : qu’est-ce que c’est la tempête ?

Nous habitons toujours dans les profondeurs de la tour,
et parfois, de loin seulement, nous entendons
dehors les forêts bruire dans le vent ;
une fois, une étoile étrangère
s’est arrêtée chez nous.

Et puis si nous sommes au jardin, nous
tremblons que cela ne commence, et
nous attendons jour après jour —
Mais il n’est nulle part un vent
qui voudrait nous plier.

***

Longtemps nous avons ri dans la
lumière, et chacune apportait à l’autre
des brassées d’oeillets et de résédas,
solennellement, comme à une promise
et c’était devinette et réponse.

Puis avec le nom de la nuit,
lentement, le silence s’est étoilé.
Nous fûmes alors comme réveillées de tout, et
très éloignées l’une de l’autre :
nous avons appris le désir, qui rend triste,
comme une chanson…

***

Les filles, sur la pente du jardin,
ont ri longtemps,
et en chantant,
comme si elles avaient fait une longue marche,
se sont fatiguées.

Les filles à côté des cyprès
tremblent : l’heure
commence où elles ignorent
de qui seront toutes choses.

(Rainer-Maria Rilke)

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Villa Pauline (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
Villa Pauline

Voilà! avant qu’il ne vienne
Vous n’étiez qu’un nom:
Quatre petites chambres et un placard
Sans un os,
Et j’étais seule!
Maintenant avec vos fenêtres ouvertes
Tout ce qui peut entrer
De soleil et de fleurs et de beauté
Entre pour se cacher,
Pour jouer, pour rire dans les escaliers,
Pour attraper partout
Notre bonheur enfantin
Et pour glisser
À travers les quatre petites chambres sur la pointe des pieds
Avec le doigt levé
Comme si nous ne pouvions savoir
Quand les volets sont clos
Qu’ils s’attardent encore
Longtemps, longtemps après.
Allongé, l’un près de l’autre, dans l’obscurité
Il me dit: « Écoute,
N’est-ce pas un rire? »

***

Villa Pauline

But, ah! before he came
You were only a name:
Four little rooms and a cupboard
Without a bone,
And I was alone!
Now with your windows wide
Everything from outside
Of sun and flower and loveliness
Comes in to hide,
To play, to laugh on the stairs,
To catch unawares
Our childish happiness,
And to glide
Through the four little rooms on tip-toe
With lifted finger,
Pretending we shall not know
When the shutters are shut
That they still linger
Long, long after.
Lying close in the dark
He says to me : « Hark,
Isn’t that laughter? »

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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L’ANGE (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2022




    
L’ANGE

Un ange, à minuit, volait dans les cieux,
Chantant un chant délicieux.
Les astres, la lune, ensemble, écoutaient
Ce chant rayonnant de beauté.

Il chantait la joie où les esprits purs
Vivent dans le céleste azur.
Il parlait de Dieu, sa louange était
Toute extase et sincérité.

Il portait une âme exquise en ses bras.
Sur terre elle s’enténébra.
Et l’écho du chant dans le jeune esprit
Demeura sans mots, mais compris.

Et longtemps sur terre il s’étiola,
Soupirant après l’Au-Delà.
Et ne purent jamais nos sons durs et tranchants
Remplacer le céleste chant.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

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Ah! depuis longtemps (Tsoura-Youki)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022



Illustration: Ito Shinsui
    
Ah! depuis longtemps,
Si je n’avais pas de larmes,
Les désirs constants
De mon amour plein d’alarmes,
Brûleraient mon coeur sans armes!

(Tsoura-Youki)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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CHUTE (Samar Abdel Jaber)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2022




    
CHUTE

Mais les consignes de sécurité,
celles que vous répétez à chaque voyage
ne me concernent pas.

Celles que vous répétez avec beaucoup de soin
comme si c’était le premier voyage,
comme si c’était le dernier voyage.

Je m’en fiche.
Car mon âme est déjà tombée
depuis longtemps.

Elle est tombée dans ce voyage
quand je suis partie de Beyrouth
pour la première fois.

Elle est tombée
sans trouver de gilet de sauvetage
ni de masque à oxygène :

mon âme qui est en chute libre
jusqu’à maintenant.

(Samar Abdel Jaber)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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N’OUBLIE JAMAIS (Kim Chi-ha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Yung Liu
    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Painting Yung Liu, Taiwan

Poem of the Week Ithaca 712 “NEVER FORGET”,
KIM Chi-ha, South Korea (1941)

From “Het Gevleugelde woord” deel 1
’s Werelds mooiste buitenlandse poëzie
POINT – Boekenplan

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

N’OUBLIE JAMAIS

N’oublie jamais
la montagne pelée qui renaquit le printemps dernier
avec des flots d’azalées rouges
jaillissant de bandes de neige
et derrière la montagne ressuscitée
le ciel

N’oublie jamais
la cascade rugissante
et s’élevant du milieu de la cascade
le jeune bambou vigoureux

Après avoir été déportés enchaînés
après la fin de la longue, longue épreuve
longtemps après être tombée dans l’oubli de tous les autres
je la retrouve soudain à mon côté
la présence d’amis.

(Kim Chi-ha)

, Corée (1941)
Version française de Germain Droogenbroodt & Elisabeth Gerlache

***

NEVER FORGET

Never forget
the barren mountain which revived last spring
with waves of red azaleas
bursting from rows of snow
behind the rising hills of
the sky.

Never forget
the roaring waterfall
and the strong young bamboo
emerging from its center.

After having been taken away in chains,
after the long, long ordeal has ended—
long after everyone has forgotten all about it—
I suddenly feel again at my side
the presence of friends.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
English version by Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan

***

NUNCA OLVIDES

Nunca olvides
la montaña yerma que revivió en primavera
con olas de azaleas rojas
estallando de tiras de nieve
y, tras de la montaña naciente,
el cielo.

Nunca olvides
la cascada rugiente
y, emergiendo desde el centro de ella,
el joven y fuerte bambú.

Después de quedar encadenado,
después de que acabe el largo, larguísimo calvario,
mucho después de que todos lo hayan olvidado,
de repente, está de nuevo a mi lado
como están presentes los amigos.

KIM Chi-ha, Corea del Sur (1941)
Traducción del inglés de Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

VERGEET NOOIT

Vergeet nooit
de kale berg die vorige lente herleefde
met golven van rode azalea’s
opbarstend uit stroken sneeuw
en achter de verrijzende berg
de hemel

Vergeet nooit
de bulderende waterval
en oprijzend uit het midden van de waterval
de sterke jonge bamboe

Na in ketens weggevoerd te zijn geweest
nadat de lange, lange beproeving voorbij was
lang nadat alle anderen het vergeten zijn
is ze plots weer aan mijn zij
de aanwezigheid van vrienden.

KIM Chi-ha, Zuid-Korea (1941)
Vertaling uit het Engels: Germain Droogenbroodt

***

لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى

أَبَدًا
لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى
ذَلِك الجَبَلُ الأَجْرَدُ الذِي أُنْعَشَهُ الربِيعُ المَاضِي
بِتَدَفُقَاتٍ مِن زُهُورِ الأَزَالِيَة الحَمْراء
وهي تَتَدَفَّقُ مِن طَبَقَاتِ الثَّلْجِ خَلْفَ تِلَالِ السَّمَاءِ المُرْتَفِعَة
.
أَبَدًا
لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى
ذَلِكَ الشَّلَالُ الهَادِرُ وَخَيزُرَانِ البَامْبُو الفَتِيِّ الذِي يَخْرُجُ مِن وَسَطِهِ.

بَعْدَ أَنْ تَمَّ نَقْلِي بِالسَّلَاسِلِ…
وَبَعْدَ انْتِهَاءِ المِحْنَةَ الطَّوِيلَة وَالطويلةِ جِدًا
– بَعْدَ فَتْرَةٍ طَوِيلَةٍ مِن نِسْيَانِ الجَمِيع كُل شَيءٍ عَنْهَا
– أَشْعُر فَجْأَة مَرَّةً أُخْرَى بِوُجُودِ الأَصْدِقاَءِ مِن حَوْلِي.

كيم تشي- ها، كوريا الجنوبية (1941)
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

কখনো ভুলনা

কখনো ভুলনা
নিষ্ফল পর্বতমালা পুনর্জাগরিত হয়েছিল শেষ বসন্তে
সাথে নিয়ে রক্তিম আজলিয়াস ফুলের ঢেউ
বিদীর্ণ হয়েছিল তুষার এর সারি থেকে
পিছনে ছিল ক্রমবর্ধমান আকাশছোঁয়া
পাহাড় মালা ।

কখনো ভুলনা
গর্জনশীল জলপ্রপাত
আর শক্তিশালী তরুণ বাঁশ
যা উত্থানশীল এর কেন্দ্র থেকে ।

শিকল দিয়ে বেঁধে দূরে কোথাও নেওয়ার পর,
দীর্ঘ, দীর্ঘ কালের অগ্নিপরীক্ষা হয়েছে শেষ –
দীর্ঘকাল পর ভুলে গেছে সবাই এর
ব্যাপারে –

আমি হঠাৎ করে অনুভব করছি আবার আমার পাশে
আমার বন্ধুদের সান্নিধ্যে

কিম চি-হা, দক্ষিণ কোরিয়া (১৯৪১)
জার্মেইন ড্রুজেনব্রুডট এবং স্ট্যানলি বারকানের ইংরেজি সংস্করণ
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

MAI OBLIDIS

Mai oblidis
la muntanya estèril que va reviure la primavera passada
amb onades d’azalees vermelles
esclatant en tires neu
darrere de la muntanya naixent
el cel

Mai oblidis
la cascada rugent
i pujant des del centre de la cascada
el jove i fort bambú

Després de ser portat encadenat
després que el llarg, llarg calvari hagi acabat
molt després que tots els altres ho hagin oblidat
de sobte està de nou al meu costat
la presència d’amics.

KIM Chi-ha, Corea del Sud (1941)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

永不忘记

永不忘记
去年春天随着映山红的波浪
从雪带喷发出来而
恢复生机的荒山
和上升的山脉后面
的天空
永不忘记
那咆哮的瀑布
和从瀑布中心冒出的
那强劲的幼竹
在被锁链带走之后
在漫长的磨难结束之后
每个人忘记所有这一切很久之后
我突然又觉得自己身边
朋友的在场。

原作:韩国 金志霞(1941年)
汉译:中国 周道模 2021-12-24
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

هرگز فراموش نکن

هرگز فراموش نکن
کوه‌های برهوتی را که بهار گذشته دوباره احیا شدند
با موجی از آزالیاهای قرمز
و شکفته با ردیف‌هایی از برف
پشت تپه‌های
برآمده از آسمان.
هرگز فراموش نکن
غرش آبشار را
و آن بمبوی قوی
که از میانش روییده بود.
بعد از اینکه با زنجیر برده شد
و پس از اینکه سختی‌های بسیار طولانی تمام شد
مدتها پس از اینکه همگان فراموشش کردند
من ناگهان دوباره در کنارم حس می‌کنم
حضور دوستانم را.

کیم چی-ها، کره‌ جنوبی، ۱۹۴۱
ترجمه: سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

VERGISS NIE

Vergiss nie
den kahlen Berg, der im letzten Frühjahr wieder erwachte
mit Wellen von roten Azaleen
die aus Schneeflecken auftauchten
und hinter dem aufragenden Berg
der Himmel

Vergiss nie
den tosenden Wasserfall
und aus seiner Mitte emporragend
der starke junge Bambus

Nach dem Wegführen in Ketten
nachdem die lange, lange Prüfung vorbei war
lange nachdem alle anderen es vergessen hatten
ist er plötzlich wieder an meiner Seite
der Kreis der Freunde.

KIM Chi-ha, Korea (1941)
aus dem Englischen übersetzt von Germain Droogenbroodt und Wolfgang Klinck

***

ΜΗΝ ΞΕΧΝΑΣ

Ποτέ να μην ξεχάσεις
το γυμνό βουνό που ανάστησε την περυσινή άνοιξη
κύματα κόκκινες αζελέες
που φυτρώναν μες απ’ το χιόνι
πίσω απ’ τους λόφους τ’ ουρανού
ποτέ να μην ξεχάσεις

το μουγκρητό του καταρράκτη
και το ευλύγιστο νέο καλάμι
που καταμεσίς του πεταγόταν.

Μετά απ’ τον καιρό που μ’ αλυσίδες μ’ απαγάγαν
πολύ καιρό μετά, απ’ τ’ ανυπόφορα δεινοπαθήματα
αφού όλοι πια το `χουν ξεχάσει
ξάφνου αισθάνομαι ξανά
τους φίλους δίπλα μου

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

לעולם אל תשכח / קים צ’יהָא
KIM Chi-ha, South Korea (born 1941)

לְעוֹלָם אַל תִּשְׁכַּח
אֶת הָהָר הַשּׁוֹמֵם שֶׁהִתְעוֹרֵר בָּאָבִיב הָאַחֲרוֹן
בְּגַלִּים שֶׁל אֲזָלֵיאוֹת אֲדֻמּוֹת
פּוֹרְצוֹת מִשּׁוּרוֹת שֶׁל שֶׁלֶג
מֵאַחֲרֵי הַגְּבָעוֹת הָעוֹלוֹת שֶׁל
הַשָּׁמַיִם.

לְעוֹלָם אַל תִּשְׁכַּח
אֶת מַפַּל הַמַּיִם הַשּׁוֹאֵג
וְאֶת הַבַּמְבּוּק הַצָּעִיר הֶחָזָק
עוֹלֶה מִמֶּרְכָּזוֹ.

אַחֲרֵי שֶׁנִּלְקַחְנוּ מִכָּאן בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת,
אַחֲרֵי שֶׁתָּם הַנִּסָּיוֹן הַקָּשֶׁה הָאָרֹךְ אָרֹךְ –
הַרְבֵּה אַחֲרֵי שֶׁכֻּלָּם שָׁכְחוּ הַכֹּל –
פִּתְאוֹם אֲנִי מַרְגִּישׁ שׁוּב לְצִדִּי
אֶת הַנּוֹכְחוּת שֶׁל חֲבֵרִים.

תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
הציור של Yung Liu, Taiwan
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

कभी नहीं भूलें

कभी नहीं भूलें
बंजर पहाड़ जो पिछले वसंत में पुनर्जीवित हुआ
लाल अजीनल की लहरों के साथ
बर्फ की पंक्तियों से फटना
की बढ़ती पहाड़ियों के पीछे
आकाश।

कभी नहीं भूलें
गरजता हुआ झरना
और मजबूत युवा बांस
अपने केंद्र से निकल रहा है।

जंजीरों में जकड़ कर ले जाने के बाद,
लंबी, लंबी परीक्षा समाप्त होने के बाद-
लंबे समय के बाद हर कोई इसके बारे में सब भूल गया है-
मुझे अचानक फिर से अपनी तरफ महसूस होता है
दोस्तों की उपस्थिति।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

GLEYMUM ALDREI

Gleymum aldrei
hrjóstrugu fjöllunum sem lifnuðu í vor
með bylgju rauðra glóðarrósa
að springa út úr snjósköflunum
handan rísandi hæða
himinsins.

Gleymum aldrei
glymjandi fossinum
og sterka bambusteinungnum
að spretta upp úr honum miðjum.

Eftir að vera borinn burt í járnum
eftir að óralangri eldraun er lokið —
löngu eftir að allir hafa gleymt henni —
verð ég skyndilega aftur var
við vini mér við hlið.

KIM Chi-ha, Suður-Kóreu (1941)
Þór Stefánsson þýddi eftir enskri þýðingu
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

JANGAN PERNAH LUPA

Jangan pernah lupa
gunung gersang pada musim semi yang lalu kembali semarak
dengan gelombang bunga merah azalea
dari deretan salju yang meledak
menyembul tinggi dibalik bukit
ke langit.

Jangan pernah lupa
air terjun yang menggema
dan bambu muda yang kuat
Muncul dari pusat.

Setelah terlepas dari ikatan
setelah berakhir cobaan yang sangat panjang—
lama setelah segalanya oleh setiap orang dilupakan—
Tiba-tiba ada di sisiku kurasakan
kehadiran teman.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

NÁ LIGTEAR I NDEARMAD

Ná ligtear i ndearmad
an sliabh lom a bhláthaigh san earrach
faoi bhrat dearg na hasáilia
na bláthanna á gcur amach ón sneachta
na cnoic ar fhíor na spéire
ag coimhlint leis na néalta.

Ná ligtear i ndearmad
búiríl an easa
an bambú láidir úr
Ag fás óna lár.

Tar éis ár gcuibhrithe
tar éis dúinn teacht slán as an ngábh—
am éigin i bhfad romhainn—
Cuimhneoimid aríst
ar na nithe áille seo.

KIM Chi-ha, an Chóiré Theas (1941)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

non dimenticare mai

Non dimenticare mai
l’aridità della montagna che ha preso nuova vita
a primavera con onde di rosse azalee
che esplodono da lingue di neve
mentre dietro crescono le colline
del cielo.
Non dimenticare mai
il rombo delle cascate
e i forti e giovani bambù
che crescono dal suo centro.

Dopo essere stato portato via in catene,
dopo che il lungo lungo tempo della prova è finito—
molto dopo che ognuno di noi ha dimenticato tutto questo—
improvvisamente ho sentito di nuovo al mio fianco
la presenza dei compagni.

KIM Chi-ha, Sud Corea (1941)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

忘れないで

忘れないで
去年の春に
多くの赤いアザレアを咲かせ
よみがえった不毛の山を
空に登る高い丘の後ろで
たくさんの雪から現れたアザレアを

忘れないで
うなり声をあげる滝を
そしてその中心から
伸びるつよい若竹を

監獄を出て
長い長い試練が終わった
皆がそれらのことすべてを忘れてしまったが、
ずっと後になってまた
ふと友がそばにいると感じるのだ

金芝河(韓国, 1941-)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

Usisahau kamwe

Usisahau kamwe
mlima tasa uliofufua msimu uliopita, baada ya baridi,
na mawimbi ya maua ya azalea nyekundu kupasuka kutoka kwa safu za theluji
nyuma ya vilima vya angani vinavyoinuka.

Usisahau kamwe maporomoka ya maji yenye kunguruma
na mianzi michanga yenye nguvu
Ikitokea katikati yake.

Baada ya kuchukuliwa kwa minyororo,
baada ya mateso ya muda mrefu kumalizika —
muda mrefu baada ya kila mtu kusahau yote juu yake —
kwa ghafla nahisi tena upande wangu kuweko kwa marafiki.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Watafsiri Kingereza Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan
Mtafsiri Kiswahili Bob Mwangi Kihara.
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

TUCARAN JIBÎRMEKE

Tucaran jibîrmeke
çiyayê rût ê bihara borî ji nû ve bi pêlên
gulên Azaleen sor hatibû vejandin
ewê ji nav berfê derdiketibûn
û li paş çiyayê berz
berv esmên radibûn

Tucaran jibîrmeke
sulava hêzdar
û ji navenda wê levenekî
ciwane xurt berjor berzdibe

Piştî ku bi zincîran hat bestin
piştî ku ezmûna dirêjedirêj kuta bû
weha bidirêjî piştî ku hemiyên din jibîrkirin
ji nişkava min ew li aliyê xwe dîtin
amadebûna dostan.

KIM Chi-ha, 1941, Koriya Başûrî
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

НИКОГАШ НЕ ЗАБОРАВАЈ

Никогаш не ја заборавај
јаловата планина која оживеа минатата пролет
со бранови од црвени азалеи
што пламнуваат во снегот
зад високите ридови на
небото.

Никогаш не го заборавај
гласниот водопад
и силниот млад бамбус
што ѕирка од неговиот центар.

Откако ме одведоа во синџири,
по долгото, долгото искушение—
откако сите целосно заборавија на него—
одеднаш до мене повторно го чувствувам
присуството на пријателите.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
КИМ Чи-ха, Јужна Кореја (1941)
English version by Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan/ Превод на англиски: Жермен Дрогенброт
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska/ Превод на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска

***

JANGAN SESEKALI DILUPAI

Jangan sesekali dilupai
gunung gersang yang pulih pada musim bunga yang lepas
dengan gelombang-gelombanag bunga azalea merah
yang meletus dari bebarisan salji
di sebalik bebukit meninggi
sang awan.

Jangan sesekali dilupai
air terjun yang mengaum
dan buluh muda yang gagah
yang muncul di tengahnya.

Setelah ditarik keluar dalam rantaian,
selepas getir yang sangat panjang telah berakhir —
lama selepas setiap orang telah melupai segala tentangnya—

Tetiba kurasai semula di sisiku
kehadiran kawan-kawan.

KIM Chi-ha, Korea Selatan (1941)
Versi Inggeris oleh Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan
Versi Bahasa Melayu oleh Irwan Abu Bakar
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

NIGDY NIE ZAPOMINAM

Nigdy nie zapominam
jałowej góry, która odżyła ubiegłej wiosny
falami czerwonych azalii
wyrywajacych się ze zwałów śniegu
za rosnącymi wzgórzami
niebios.

Nigdy nie zapominam
ryczącego wodospadu
i mocnego młodego bambusa
wyłaniającego się z jego środka.

Po zabraniu mnie stąd w kajdanach,
po zakończeniu długiej, długiej męki —
kiedy już dawno każdy całkiem o tym zapomniał —
nagle czuję u mojego boku
obecność przyjaciół.

KIM Czi-ha, Korea Południowa (1941)
Wersja angielska: Germain Droogenbroodt − Stanley Barkan
Wersja polska: Mirosław Grudzień − Anna Maria Stępień
Translated into Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

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NUNCA TE ESQUEÇAS

Nunca te esqueças
da montanha árida que reviveu na última Primavera
com ondas de azáleas vermelhas
explodindo com faixas de neve
e por trás da montanha nascente
o céu

Nunca te esqueças
da queda de agua bramindo
e no centro da cascata
o jovem e forte bambu elevando-se

Depois de ser levada em torrentes
terminada a longa e dura provação
muito depois que todos os outros se tenham esquecido
de repente tenho de novo a meu lado
a presença de amigos.

KIM Chi-ha, Coreia do Sul (1941)
Tradução portuguesa de Maria do Sameiro Barroso

***

SĂ NU UIȚI NICIODATĂ

Să nu uiți niciodată
muntele sterp în primăvară
cel invadat de roșii talazuri de bujori
ce se aștern prin valuri de zăpadă,
iar mai presus de toate, pe coamele semețe,
văzduhul

Să nu uiți niciodată
răsunetul cascadei
și cruda unduire prin firele de apă
a trestiei de bambus viguros

Purtată în lanțuri, dusă cu de-a sila,
supusă îndelungatelor încercări,
mult timp dată pierdută pe vecie,
o simți din nou aproape, venită din senin,
prezența celor dragi.

KIM Chi-ha, Coreea (1941)

Traducere: Germain Droogenbroodt și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

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НИКОГДА НЕ ЗАБЫВАЙ

Никогда не забывай
голую гору, пережившую весну,
волны красных азалий,
вырвавшихся из гнета снега,
а за восставшей горой –
небо.
Никогда не забывай
бушующий водопад
и из его нутра всходящий
юный и сильный росток.
Оковы спадут
после долгих, долгих невзгод,
прошлое останется в прошлом,
и снова будут со мной
мои друзья.

КИМ Чи-Ха, Южная Корея (1941)
Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

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NIKAD NE ZABORAVI

Nikad ne zaboravi
neplodnu planinu probuđenu prolećem
talasima crvenih azaleja
koje su buktale u snegu
iza uzdižućih brda
neba.

Nikad ne zaboravi
bučni vodopad
i jak mlad bambu
koji raste u njegovom centru.

Posle odvođenja u lancima,
kada se duga, duga patnja završila-
kada su svi odavno zaboravili sve to-
iznenada osećam pored sebe
prisustvo prijatelja.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

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NON TI SCURDARI MAI

Non ti scurdari mai
Li muntagni sicchi ca si risbigghiaru la primavera scorsa
Cu unnati di azalei russi
Ca scuppiavanu di li fileri di nivi
Darreri li pinnini
Di lu celu.

Non ti scurdari mai
Li cascati rumurusi
E la vigurusu jettitu di canna
Ca nesci di lu centru.

Doppu ca ha statu purtatu via n catini,
Doppu ca finisci la furtura longa assai—
Doppu ca tutti si scurdaru di sta cosa,
Sentu la prisenza di amici
A lu me latu.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

எப்பொழுதும் மறக்க வேண்டாம்

எப்பொழுதும் மறக்க வ்வேண்டாம்
வளமற்ற வரண்ட மலை கடந்த
இளவேனிற்காலத்திற்குப் பிறகு
சிகப்பு அசேலியாக்கள் அலைகளோடு
வளரும் மலைகளின் பின்
பனியின் வெடிப்போடு

விண்- ஆகாயம்!
எப்பொழுதும் மறக்கவேண்டாம்
உரத்த ஒலியோடுகூடிய நீர் அருவி
அருவியின் நடுவே எழும் வலிமை மிக்க மூங்கில்
சங்கிலித்தொடரால் தூக்கிச் செல்லப்பட்டபின்

மிக நீண்ட இன்னல்கள் முடிந்தபின்
அனைவரும் அதை மறந்த
பல காலத்திற்குப் பிறகு
நான் திடும்என
எனது நண்பர்கள் அருகில் இருப்பதை
உணர்கிறேன்!
ஆக்கம்

கிம் சி ஹா, தென் கொரியா ( 1941)
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

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Recueil: ITHACA 712
Editions: POINT
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