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Poésie

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Devenir soi-même petit (Jean-Marie-Gustave Le Clézio)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



devenir soi-même petit,
si petit qu’on est à l’ombre d’une herbe et d’une fleur,
et vivre au soleil, dans la poussière, sous le vent
dans une seule journée longue comme une saison

(Jean-Marie-Gustave Le Clézio)

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La moindre fêlure (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



La moindre fêlure
d’une vitre ou d’un bol
peut ramener la félicité d’un grand souvenir
les objets nus
montrent leur fine arête
étincellent d’un coup
au soleil
mais perdus dans la nuit
se gorgent aussi bien d’heures
longues
ou brèves.

(Jean Follain)

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La voiture (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2020


Une voiture haute à cocher
passe dans des quartiers de misère
et l’on entend sonner
les sabots des chevaux
la liste des commissions est cette fois longue
la nuit va tomber sur un pan du monde
s’éveille l’autre.

(Jean Follain)

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La ruelle sous la pluie (Dai Wangshu)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



 

Catherine Rebeyre 7 [1280x768]

La ruelle sous la pluie

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

Elle aura
la couleur du lilas
Elle soupirera sa plainte dans la pluie,
triste et mélancolique.

Elle déambulera dans cette ruelle solitaire
avec comme moi
un parapluie en papier huilé
et comme moi
elle marchera en silence
froide, seule et triste.

Elle s’approchera sans bruit
et à cet instant me jettera
un regard qui soupire
puis elle passera comme un rêve
un rêve vague et triste.

Comme un lilas
qui passe, fugitif dans un rêve
cette jeune fille me croisera
et s’éloignera, s’éloignera en silence
dépassant la haie délabrée
pour disparaître au bout de la ruelle, sous la pluie.

Dans l’air mélancolique de la pluie
se trouveront effacée sa couleur
éclipsé son parfum
disparus même son regard
qui soupire
et sa tristesse de lilas.

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

(Dai Wangshu)

Illustration: Catherine Rebeyre

 

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L’éternité (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



 

Fidel Garcia  (33) [1280x768] [1280x768]

L’éternité n’est guère plus longue
que la vie.

(René Char)

Illustration: Fidel Garcia

 

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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

Illustration

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La maison du temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La maison du temps

Du matin au soir
La fenêtre suit le soleil
Avec un regard malicieux
La maison se hausse sur ses fondations
Dans une lumière à peine esquissée
Au pied d’un arbre ventripotent

Le lierre encadre les pommettes de la façade
Qui m’offre le sourire de sa porte
Le soleil ne cicatrise pas
Les blessures du toit

La maison se lézarde
D’avoir trop ri et d’avoir trop pleuré
Et d’avoir trop prié

Le temps consume sa bougie
Chaque goutte de cire
Est une heure qui coule

La flamme diminue
Avant de s’éteindre

La mèche n’est jamais assez longue.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Mes yeux sont beaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Abdalieva Akzhan -   16

Mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
je cloue les rêves sur les fronts

mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
j’en fais des traînes
longues comme une agonie

j’ai longues provisions de joie
celle qui veut de ma marchandise
je l’accrocherai à un morceau de vent

mes yeux sont encore plus beaux
de n’avoir pas franchi le seuil
je vous clouerai tous aux portes des vents

chut… ma valise est vide
mais où sont les anges
qui déballeront pour moi leurs joies

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Souvenir (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


Lui
Penses-tu encor à ces heures
Où chacun s’élançait vers l’autre?

Elle
Quand je ne t’avais pas trouvé
La journée me semblait si longue.

Lui
Puis, splendeur! ces moments à deux
Qui me mettent encore en joie.

Elle
Nous faisions erreur l’un sur l’autre;
Quelle belle époque c’était.

(Goethe)


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Les montres molles (Jacqueline Astégiano)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Les montres molles

Ondulant
Comme la mer
A quoi sert une montre
Puisqu’une heure
Peut être
Ou si courte
ou si longue.

(Jacqueline Astégiano)


Illustration: Salvador Dali

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