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Posts Tagged ‘longuement’

RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE) (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Raymond Peynet  
    
RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE)

C’était notre premier rendez-vous.
J’ai longuement caressé Fabienne, tendrement, pendant dix secondes, puis j’ai déposé une goutelette spermatique sur le sol.
Je l’ai aspirée dans mon bras copulateur, et la semence s’est mise à circuler lentement dans ma gouttière fécondatrice.
Alors, j’ai introduit mon bras copulateur jusqu’au plus profond de la bourse copulatrice de Fabienne, qui gémissait, et j’ai commencé mon lent mouvement de va-et-vient.
Fabienne a voulu se dégager, mais je l’ai menacé de mon funicule raidi, et j’ai continué à la besogner.
Au bout de deux heures, lorsque les spermatozoïdes sont arrivés à destination, je me suis retiré.
Après cette expérience, Fabienne et moi, d’un commun accord, avons décidé de ne plus nous revoir.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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En rêve je te sens mienne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



En rêve je te sens mienne

Muet, notre bonheur vibrait tout doucement,
Nous nous taisions dans le silence et les mystères,
Et le feu jouait dans notre poêle, or dansant,
Et l’amour avait desséché nos lèvres chères.
Et blancs et fiers, les murs étonnés se dressaient,
Et les murmures s’effaçaient
De la grave pendule ancienne.

Quand je rêve, vois-tu, je te sens toujours mienne,
Et je crois,
Dans la nuit avancée,
Quand je veille, parfois,
T’avoir longuement embrassée.

(Attila Jozsef)

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Bois l’eau vivante (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
« Bois l’eau vivante, disait-elle,
anime le tambour.

Rassemble tes choses aussi, qu’on entende leur voix :
la coquille et la lance, les lettres de lumière.

Écoute encore ce qui soigne,
le feu et son venin, la perle qui dort dans l’écho.

Et seulement alors, regarde-moi,
marche enfin sur l’éclat.

Fixe-moi longuement, tu verras,
je m’embraserai. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Pierre (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



 


    
Pierre, pierre sous ma main
Dans ta vigueur coutumière,
Pleine de mille lumières
Sous un opaque maintien,
Bouge enfin, je te regarde,
Et même si longuement
Que j’en suis sans mouvement,
Montre ce que tu sais faire,
Montre que tu peux me voir,
Tu me caches ton pouvoir,
Faux petit os de la terre,
Ne te souviens-tu de rien,
Au fond de toi cherche bien :
Tu pleurais dans les ténèbres.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE POTIER (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bella Gingell
    
LE POTIER

Le soleil nous aura creusés longuement
Comme une lampe sur le tour.
Les doigts du temps agile
Ont façonné nos cœurs aux pentes lisses.

Sous l’eau des nuits et le regard patient,
Quand sonne l’heure des volets,
Dans les pièces tardives, l’ombre s’endort,
Autour de la solitude des lampes.

L’huile a gardé le jour qui baisse,
Une clarté sur les dernières branches.
La précaution de la main nocturne,
Autour du tremblement d’un jour
Secret, plus secret que le jour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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PERSAN (Jean-Luc Caizergues)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
PERSAN

La porte s’ou
vre et le tueur
se plante dans
l’entrée.

Énorme et hale
tant il scrute
longuement la
petite

pièce. Un tapis
est roulé dans
un coin, moi
dedans.

(Jean-Luc Caizergues)

 

Recueil: La plus grande civilisation de tous les temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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Il compose au téléphone (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Il compose au téléphone
son propre numéro
et longuement écoute le signal
« Pas libre ».

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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ANTINOÜS (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2017



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ANTINOÜS

Sous le poids de nuit de tes cheveux
Ou sous le croissant de jour de ton épaule
J’ai cherché l’ordre intact du monde
La parole jamais écoutée

Longuement sous le feu ou sous le verre
J’ai cherché dans ton visage
La révélation des dieux que je ne sais

Pourtant tu es passé à travers moi
Comme nous passons à travers l’ombre

***

ANTINOOS

Sob o peso nocturno dos cabelos
Ou sob a lua diurna do teu ombro
Procurei a ordem intacta do mundo
A palavra não ouvida

Longamente sob o fogo ou sob o vidro
Procurei no teu rosto
A revelaçâo dos deuses que não sei

Porém passaste através de mim
Como passamos através da sombra

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Dans une ruelle de Venise un soir de Juin (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



Dans une ruelle de Venise
Un soir de Juin
Des branches fleuries
Par-dessus un mur
Dressaient de leur parfum
Une barricade mystérieuse
Cette nuit là
Nous avons longuement marché
Pour la traverser

(Heather Dohollau)

Illustration

 

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Un jour, ce sera si fort (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



Un jour, ce sera si fort que je pousserai cette porte cochère
(au milieu d’un jardin, cette porte qui ne sépare rien que des fleurs de la mer…)

Je pousserai avec l’épaule et la vague, avec la robe et la bouche, avec la respiration.
Et l’angle s’ouvrira, le biais où je vous ramènerai mon corps, l’intrusion de pétales.

J’aurai veillé longuement, attendant de votre solitude cette tristesse,
l’abandon parfait où nous laisse le bord des forêts.

Je vous prêterai des choses par amour
si nous vient la chape bleue du soir.

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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