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Posts Tagged ‘longuement’

TERCETS (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


George Clair Tooker   1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (2) [1280x768]
TERCETS

Parfois des femmes jamais encore aimées
Viennent en rêve vers nous comme des petites filles
Et les regarder nous touche indiciblement

Comme si jadis elles avaient avec nous
Un soir longuement cheminé sur des routes lointaines
Tandis que respirent et bougent les cimes.

La brume la nuit l’angoisse se répandent
Et le long du chemin le long de notre chemin obscur
Les étangs silencieux brillent des reflets du soir.

Les âmes sont fraternelles et frémissantes
Et tristes bien que remplies de fastes et de triomphes
Dans le pressentiment de la vie immense
De sa grandeur et de sa gravité.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: George Clair Tooker

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Le pavillon des bambous (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022



Illustration: He Zhihong  
    
Le pavillon des bambous

Seul, assis dans le jardin de bambous,
Jouant de la cithare, je siffle longuement.
Dans la forêt profonde, ignoré de tous,
La clarté de la lune est venue m’éclairer.

(Wang Wei)

Recueil: Poèmes de Chine de l’époque dynastique des Tang
Traduction: Guillaume Olive & He Zhihong
Editions: Seuil

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LES PLUS BEAUX VERS (Edmond Haraucourt)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Raymond Peynet
    
LES PLUS BEAUX VERS

Les plus beaux vers sont ceux qu’on n’écrira jamais
Fleurs de rêve dont l’âme a respiré l’arôme,
Lueurs d’un infini, sourires d’un fantôme,
Voix de plaines que l’on entend sur les sommets.

L’intraduisible espace est hanté de poèmes,
Mystérieux exil, Eden, jardin sacré
Où le péché de l’art n’a jamais pénétré,
Mais que tu pourras voir quelque jour, si tu m’aimes.

Quelque soir où l’amour fondra nos deux esprits,
En silence, dans un silence qui se pâme,
Viens pencher longuement ton âme sur mon âme
Pour y lire les vers que je n’ai pas écrits…

(Edmond Haraucourt)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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FERME PROPOS (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022



    
FERME PROPOS

Ni s’abriter du jour sous l’arbre des ténèbres,
Ni mordre dans les fruits le doux corps de l’été,
Ni baiser longuement sur leurs lèvres funèbres
Les morts évanouis et las d’avoir été.

Ni pénétrer, transis, au coeur froid des algèbres,
Ni clouer sur le vide un masque illimité,
Ni sous l’oubli massif coucher des os célèbres
Et verser son néant dans un cercueil vanté.

Ni caresser, Amour, ta gorge consentante,
Ni brûler son désir au feu noir de l’attente,
Ni tendre à la douleur un garrot résigné.

Ni lever vers le ciel des mains inexaucées,
Mais porter avec soi dans la nuit sans pensées
L’immense creux d’un coeur où la vie a saigné.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un papillon entra en collision avec une bulle de savon (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    

Un papillon entra en collision avec une bulle de savon.
Et voilà, c’est le papillon qui survécut.
Il fut alors tout joyeux de son privilège
de robuste rescapé et s’envola vers une fleur,
près d’une pierre brûlante de soleil,
où il demeura la moitié du jour,
savourant longuement, longuement,
l’éternité de cette demi-journée.
Et, le soir venu, il mourut heureux.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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À quoi réfléchis-tu si longuement (Issa)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2021



    
à quoi
réfléchis-tu si longuement
ô escargot?

***

何事の一分別ぞ鍋牛

(Issa)

 

Recueil: Ah! Le printemps
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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UN PETIT VER (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2020



Illustration: Joan Miró   
    
UN PETIT VER

Un petit ver glissait soyeux
Sur la peau douce de l’herbette ;
Le soleil le suivait des yeux
Et lui miroitait des perlettes.

Il se lovait au coeur des fleurs,
Respirait longuement leur âme
Et puis sans causer de malheur,
S’en allait boire à d’autres flammes.

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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je ne veux pas chanter… (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
je ne veux pas chanter…

Je ne veux pas chanter le peuple
Car, je ne connais ni son étroite peine
Ni son lent amour, ni ses guerres
Légitimes, illégitimes.
Je ne veux pas chanter les femmes
Car je ne les connais pas
Hors des créatures splendides
Qui ne m’ont pas aimé
Que je n’aurais su aimer.
Je veux être un homme
Ni trop droit ni trop amer
Doucement, longuement mourir
Vivre parfois
Parce que rien d’autre n’est possible.

(Yves Martin)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE) (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Raymond Peynet  
    
RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE)

C’était notre premier rendez-vous.
J’ai longuement caressé Fabienne, tendrement, pendant dix secondes, puis j’ai déposé une goutelette spermatique sur le sol.
Je l’ai aspirée dans mon bras copulateur, et la semence s’est mise à circuler lentement dans ma gouttière fécondatrice.
Alors, j’ai introduit mon bras copulateur jusqu’au plus profond de la bourse copulatrice de Fabienne, qui gémissait, et j’ai commencé mon lent mouvement de va-et-vient.
Fabienne a voulu se dégager, mais je l’ai menacé de mon funicule raidi, et j’ai continué à la besogner.
Au bout de deux heures, lorsque les spermatozoïdes sont arrivés à destination, je me suis retiré.
Après cette expérience, Fabienne et moi, d’un commun accord, avons décidé de ne plus nous revoir.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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En rêve je te sens mienne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



En rêve je te sens mienne

Muet, notre bonheur vibrait tout doucement,
Nous nous taisions dans le silence et les mystères,
Et le feu jouait dans notre poêle, or dansant,
Et l’amour avait desséché nos lèvres chères.
Et blancs et fiers, les murs étonnés se dressaient,
Et les murmures s’effaçaient
De la grave pendule ancienne.

Quand je rêve, vois-tu, je te sens toujours mienne,
Et je crois,
Dans la nuit avancée,
Quand je veille, parfois,
T’avoir longuement embrassée.

(Attila Jozsef)

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