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Poésie

Posts Tagged ‘longueur’

UNE LONGUEUR D’AVANCE (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021



Illustration
    
UNE LONGUEUR D’AVANCE
à Gérard Chaliand

La poésie se joue du temps.
Elle parle et sait de très loin.
Dans l’univers d’avant-naître.
Dans l’instant d’outre-venue.
Dans le réel plus vaste.

Elle est lueur de mise en abîme.
Feu souverain hors des flammes.
Trace qui préfigure.
Elle est nuit très pure.
Aube fraîche.
Grand midi.

Rythme et visée
de toute vie qui se risque.
La poésie est sursaut d’adolescence à jamais.
Désir sans frein.

Vitesse.
Vertige.
Frénésie de départ.

Comme un galop dans le sang.
Comme un soleil à la bouche.
Et l’infini qui se donne en partage…

[…]

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le procès (Etsujin)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020




    

Le procès qui empêche
de moissonner le riz mûr
traîne en longueur

(Etsujin)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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A quoi pense-t-il ? (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2019



    

Illustration: Shunteï Miyagawa

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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SONNET DE LASSITUDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019




    
SONNET DE LASSITUDE

Je suis las d’être au gîte et suis las d’être errant,
Je suis las de mon masque et de mon vrai visage,
Je suis las d’être fou, je suis las d’être sage,
Je suis las d’être instruit, et las d’être ignorant.

Je suis las de déplaire et las d’être attirant,
Et las d’être fidèle et las d’être volage,
Je suis las d’être jeune et je suis las de l’âge,
Et je suis las de vivre et las d’être mourant.

Je suis las d’être moi, seul dans ma solitude,
Et las de mes pareils, las de leur lassitude;
Je suis las du hourrah, je suis las de l’hélas,

Las du temps qui recule et de l’heure indolente,
Las de la longueur longue et de la lenteur lente,
Las du lent, las du long, las du loin, las du las.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Oui au … (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Oui au désir mais avec respect.
Oui à la force mais avec douceur.
Oui au corps, mais avec l’esprit.
Oui à la prise, mais avec l’offrande, avec le partage.
Oui à l’altérité, mais il faut un accord.
Oui à la différence, mais il faut l’harmonie.

Autrement c’est raté.

Il faut avoir de la patience,
accepter la longueur du travail
que suppose l’approche de l’autre,
qui est toujours très différent ou très différente.

Être honnête, avoir de la probité, ne pas tricher, ne pas mentir.
Être très attentif à l’autre.
Se livrer au dialogue sans mensonge.

Autrement c’est raté.

Ne pas compter.
S’ouvrir à l’autre.
Souhaiter faire équipe avec l’autre.

Autrement c’est raté.

(Michel Serres)

 

Recueil: L’amour, chronique du 14 février 2010 / Petites chroniques du dimanche soir 4 – Janvier 2009-Juin 2010
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Le même chemisier de soie (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Le même chemisier de soie
Noir

Je le porte aux mêmes occasions
Heureuses
Et malheureuses

De lui-même, il change d’odeur.

Le même chemisier de soie
Noir
Chemisier des mêmes occasions
Heureuses
Et malheureuses
Je l’ai esquinté, en changeant ses boutons
En ajustant sa longueur
En coupant ses manches
Et en l’aspergeant de parfum et d’encens.

Il me semble que ce chemisier de soie noir
A cessé
De palpiter.
D’oxygène.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Dialogue divague (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




    
Dialogue divague

— Votre langue divague
Dès que vous écrivez

—C’est que toujours je cherche
Le point parlant de votre corps.

— Vous vivez dans un mythe
Moi je suis sans limite

— Pourquoi dans l’invisible
Glissez-vous votre tête ?

—C’est que je cherche un mur
Qu’aucun mot ne franchit.

—À vous aimer je joue
Aux dés noirs du néant.

— Aimer n’est pas tenter
D’être ma vie seconde.

—Seule votre semblance
Me reconduit au monde.

— Mais je reste au-delà
De votre longueur d’onde.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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LES VIEUX AIMENT BIEN (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration: Carl Kronberger

    

LES VIEUX AIMENT BIEN

Les vieux aiment bien
les petits faits certains.
Le courrier arrivera
à quatre heures pile, pas environ,
les mots croisés seront
en haut à gauche de la
page vingt-trois.

Le poids d’un enfant,
les longueur et largeur d’une chaussure,
le montant exact d’une facture
et sa date de paiement,

l’endroit de tel événement,
pas sa raison, mais quand précisément.

Les vieux
n’aiment vraiment pas
aller au-delà

de ce qu’ils connaissent le mieux.

Ils ne veulent pas errer dans la purée, encore moins
passer l’avenir au peigne fin
trop loin de chez eux.

Non, les vieux n’aiment pas du tout
s’éloigner beaucoup
de petits faits certains comme ceux susdits,
le nom, la date, le lieu
et le nombre et l’amour et l’appétit…

Mais qu’y a-t-il avec les vieux ?
Tout le monde vieillit un jour ou deux.

***

OLD MEN ARE FOND

Old men are fond
of little certainties.
The mail will arrive
at exactly three-forty-five,
the crossword puzzle will be
in the upper lefthand corner of
page twenty-three.

The weight of a baby,
the length and breadth of a shoe,
the exact amount of a bill
and when it is due,

the place where it happened,
not why, but precisely when.

Old men
are not at all fond
of going beyond

familiar attachments…

They don’t want to roam in the gloam or to comb
the future with a fine-tooth comb
too far from home.

No, old men are not at all fond
of going much distance beyond
such little certainties as those mentioned above,
the name and the date and the place
and the number and hunger and love…

But what about old men?
Everybody gets to be old now and then.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Je cherche (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

Illustration
    
Je cherche

Une fois un poème
Trouvé
Je cherche
Le mot interligne
Dans la danse des lettres
Consonnes voyelles
Je palpe la longueur la largeur
Des mots
Cherche et invente
Le mot
Animé du souffle

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Il y a des courbes (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2017



    
Il y a des courbes qui tendent les bras en passant
Il a des bras tendus que personne ne voit
C’était deux désirs qui s’étaient donné rendez-vous
Mais qui leur avait dit qu’il était l’heure de partir
Qu’importe si le temps était habillé comme un gueux
Puisqu’un désir a toujours du soleil au moins pour deux
Et puis je ne me rappelle plus rien

Quelque chose est resté assis au soleil et n’y pense plus
Ceux qui se croisent ne se rencontrent pas
Et d’ailleurs il y avait entre eux toute la longueur d’une ombre
Cela s’est fait en plein soleil et nul ne s’en souviendra
Mais on ne sait pas si l’ombre sépare ou réunit
Croyez-vous que la couleur de la robe y soit pour quelque chose

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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